Yan Gordon souhaite que Sutton et les autres municipalités se fassent plus conciliantes pour permettre aux agriculteurs de construire des garages faits de conteneurs de grade alimentaire, qui sont peu coûteux, polyvalents et qui ont peu d’impact sur l’assise. L’assemblement du garage s’est arrêté en attendant une décision de Sutton.
Yan Gordon souhaite que Sutton et les autres municipalités se fassent plus conciliantes pour permettre aux agriculteurs de construire des garages faits de conteneurs de grade alimentaire, qui sont peu coûteux, polyvalents et qui ont peu d’impact sur l’assise. L’assemblement du garage s’est arrêté en attendant une décision de Sutton.

Le processus suit son cours entre Sutton et les Potagers des nues mains

Le dossier entre les Potagers des nues mains et la Ville de Sutton concernant l’autorisation d’aménager un garage fait à partir de deux conteneurs de grade alimentaire suit son cours. Tandis que le conseil a pris acte d’une recommandation de résolution émise par le comité consultatif d’urbanisme et de développement durable, en séance lundi soir, le maraîcher Yan Gordon souligne les mérites de telles installations pour les petits producteurs comme lui.

Le CCUDD considère que Yan Gordon est un acteur économique important pour la communauté de Sutton et qu’il permet d’assurer un minimum de production alimentaire biologique essentielle pour la région. Dans sa proposition de résolution, le comité souligne que les enjeux liés à la production agricole demandent aujourd’hui de faire preuve d’agilité pour répondre à la demande et que, pour ce faire, il faut trouver des façons judicieuses d’investir en tenant compte d’une capacité financière limitée.

Il est donc recommandé d’inviter M. Gordon à déposer une demande de permis en bonne et due forme, d’inviter le service d’urbanisme à trouver une solution réglementaire et «de supporter les agriculteurs relativement aux outils de financement disponibles».

Les élus ont pris acte de la proposition du CCUDD, sans plus. Rien n’est donc encore réglé dans ce dossier datant du début de la pandémie.

Peu de frais

Le producteur maraîcher a déposé sa demande de permis depuis un moment déjà. «On m’a demandé d’autres documents comme des plans d’ingénieurs et d’architecte. Mais ma demande a le sceau de l’ingénieur, déjà, et il n’y a pas d’architecte ni d’entrepreneur pour ça. C’est tout moi qui m’en charge. Je demande quelque chose qui ne demande personne pour la construction.»

La structure, faite de deux conteneurs de grade alimentaire recyclés et d’un dôme métallique qui les relie, est conçue de sorte qu’un producteur agricole peut la monter lui-même avec sa famille.

Elle est non seulement abordable, mais elle permet aussi d’éviter les frais d’architectes, d’entrepreneurs et autres corps de métiers coûteux.

Faible impact

Autre avantage, le garage peut être démonté et déplacé si les besoins de la ferme exigent un agrandissement de la superficie cultivable.

«Ce sont des constructions qui ne sont pas des immeubles. Tu ne laisses pas de trace sur le territoire agricole. [...] Quand tu fais une fondation, tu as aliéné une superficie agricole qui va tout le temps rester de même. Ton prochain projet devra être fait dans les paramètres du bâtiment existant. C’est rare que ça fitte. Plus ton bâtiment est démontable, temporaire ou peu impactant sur l’assise, plus tu peux faire n’importe quoi d’autre par-dessus. [...] La Ville aimerait ça que j’aie une fondation pour pouvoir me charger des taxes, mais ils peuvent me taxer aussi pour ça, ça ne me dérange pas, confie celui qui est très impliqué dans le milieu au Québec. Et vu que ça ne coûte pas cher, ils n’auront pas beaucoup de taxes. Le salaire moyen de l’agriculteur au Québec, c’est 7 $ de l’heure.»

Il assure quand même que les élus montrent une ouverture à l’aider et sont de bonne foi.

Par ailleurs, les deux seuls producteurs laitiers à Sutton supportent M. Gordon dans le dossier, malgré que les deux types de productions, l’un sous gestion de l’offre et l’autre en mise en marché directe, ont souvent des divergences d’opinions. Au moins une centaine de maraîchers l’appuient également, ajoute-t-il.

Plus de temps aux champs

Le garage, dont l’allure dérange certaines personnes, n’est pas terminé pour l’instant. À la demande de la Ville, les travaux se sont arrêtés. Yan Gordon rappelle que les zones vertes sont des milieux industriels réservés à l’agriculture et qu’il est normal qu’il y ait des odeurs de purins et des constructions qui ne répondent pas toujours aux standards de beauté du voisinage.

Une fois complétée, si la Ville donne son aval, l’installation permettra au producteur de ranger sa machinerie pour éviter qu’elle ne s’abime prématurément — ce qui donnera plus de temps aux champs pour faire pousser des légumes —, de la réparer et même de construire des outils pour sa ferme ou pour une autre.

Dernièrement, il a aidé un collègue maraîcher en lui construisant un outil, mais il a dû s’abriter sous du carton pour pouvoir souder malgré la pluie.

Il indique que la CPTAQ n’a vu aucun problème à ce que ce genre d’installation soit faite sur la ferme, mais l’usage doit demeurer agricole.

De plus, les conteneurs, qui sont de grade alimentaire puisqu’ils transportaient auparavant de la nourriture, ne se dégraderont pas rapidement, assure-t-il, en réponse à ses détracteurs qui clament que les conteneurs sont faits de matières toxiques.