Giuseppe de Leto lors de sa première comparution en mai 2016.

Le procès de Leto s'amorce à Saint-Hyacinthe

Le procès devant jury d’un homme d’Acton Vale accusé d’avoir participé, en 2015, au meurtre d’un couple qui gérait un bar de danseuses nues s’est amorcé, mardi, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Contrairement à son acolyte allégué Francis Yergeau, Giuseppe de Leto, 37 ans, ne fait pas seulement face à deux accusations de meurtre prémédité, mais aussi à deux de complot pour meurtre.

On lui reproche d’avoir, le 6 janvier 2015, mis fin aux jours de Nancy Beaulieu et Martin Bélair. Les victimes s’occupaient alors du bar le Cabaret Flamingo, à Saint-Hyacinthe.

Leurs corps avaient été retrouvés, recouverts de neige, dans la boîte d’un camion abandonné dans un stationnement du parc industriel de Mascouche quelques jours après le crime, a rappelé le premier témoin appelé à la barre, la technicienne en scène de crime Sophie Fortin, de la Sûreté du Québec.

Une fouille plus poussée lui a aussi permis de trouver des traces d’une substance grisâtre.

Perquisitions

Quelques mois plus tard, les policiers ont investi les locaux d’une usine de fabrication de blocs de béton, à Acton Vale, où les deux présumés complices travaillaient. Des impacts de projectiles ont été trouvés à l’intérieur.

Peu après sa disparition, une perquisition avait aussi été menée au domicile de Mme Beaulieu, à Granby. La victime semblait être partie précipitamment, a souligné un autre technicien en scène de crime, Daniel Fortin.

Finalement, la sœur de Nancy Beaulieu, Véronique, a déclaré avoir rencontré l’accusé pour la première fois au bar Flamingo deux jours après les meurtres.

Celui qui se présentait comme « Jo l’Italien » lui aurait dit que la gérante disparue était « comme une sœur » pour lui. « Pourtant, Nancy ne m’avait jamais parlé de lui », a dit Mme Beaulieu.

En exposé d’ouverture, Me Marie-Claude Morin, de la Couronne, a mentionné aux 12 membres du jury que la preuve déposée « ne répondra pas à toutes vos questions, mais aux questions que vous devriez vous poser ».

« La preuve sera un ensemble de morceaux qui vont se connecter les uns aux autres », a-t-elle indiqué.

Témoins

Portant désormais la barbe et les cheveux longs, Giuseppe de Leto subira son procès durant les prochaines six semaines environ. Il est détenu depuis son arrestation.

Le ministère public compte présenter de nombreux témoins civils, policiers et experts, tandis que la défense n’a pas affiché ses couleurs. M. de Leto, qui a plaidé non-coupable, est représenté par Me Marc Labelle, assisté de Me Sarah Herbert.

Le juge André Vincent préside le procès.