Éric Salvail
Éric Salvail

Le procès criminel d’Éric Salvail pour agression sexuelle reprend lundi

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Au procès criminel du producteur et animateur Éric Salvail, la Couronne fera entendre en contre-preuve, à partir de lundi, des témoins supplémentaires dans le but d’attaquer sa crédibilité.

Il s’agit de la suite du procès qui a débuté en février à Montréal et duré quatre jours.

L’homme de 51 ans est accusé d’agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration sur la personne de Donald Duguay. Les faits reprochés se seraient déroulés en 1993, lorsque les deux hommes étaient de jeunes adultes. Ils travaillaient tous deux à Radio-Canada à cette époque, a soutenu M. Duguay, qui a lui-même requis d’être identifié publiquement.

La procureure de la Couronne, Amélie Rivard, a demandé au juge une permission spéciale afin de faire entendre d’autres témoins, après avoir déclaré sa preuve close.

Elle a plaidé que l’accusé a fait valoir sa «bonne réputation» lors du procès: il a notamment déclaré, lors de son témoignage, qu’il n’était pas le genre de personne à commettre les infractions reprochées. Ces propos ouvrent maintenant la porte à une preuve qui permet d’attaquer cette vision favorable offerte par l’accusé, a argumenté Me Rivard.

Le juge Alexandre Dalmau de la Cour du Québec a accédé à sa demande et permis cette contre-preuve.

La procureure de la Couronne appellera à la barre trois ou quatre ex-collègues de l’accusé, qui disent avoir subi, eux aussi, des attouchements sexuels, de l’exhibitionnisme ou des propos à caractère sexuel de manière répétitive de la part d’Éric Salvail.

La démarche de la Couronne ne vise toutefois pas à établir une preuve de faits similaires, qui consisterait à démontrer qu’il s’agit d’un comportement constant de l’accusé, ce que les règles de droit ne permettent pas. Son objectif est plutôt de contrer les propos d’Éric Salvail et de tenter de miner sa crédibilité.

Ces trois témoins ne peuvent être identifiés en raison d’une ordonnance du tribunal. Aucun d’entre eux n’entend porter plainte à la police, a-t-il été indiqué.

Les procédures criminelles

Éric Salvail a été arrêté par la police en janvier 2019.

Donald Duguay allègue avoir été séquestré et agressé sexuellement en octobre 1993, soit il y a près de 27 ans, dans une salle de bains de Radio-Canada, après plusieurs mois d’avances, de harcèlement, de commentaires sexuels et d’attouchements inappropriés sur les lieux de travail. À une autre occasion, l’accusé lui a exhibé son sexe, a témoigné M. Duguay. Il a porté plainte contre l’ex-animateur en 2017.

Éric Salvail a choisi de témoigner à son procès. Il a nié en bloc toutes les allégations dont il a fait l’objet.

Devant le juge Dalmau, il a même qualifié de «farfelu» l’épisode d’agression sexuelle et de séquestration raconté par Donald Duguay.

Il a de plus fait valoir à plusieurs reprises qu’il ne travaillait plus à Radio-Canada au moment où les gestes qu’on lui reproche auraient été commis dans une toilette de la société d’État.