«Donnons-nous une chance de passer au travers», dit le maire de Sainte-Cécile-de-Milton et préfet de la MRC de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin.
«Donnons-nous une chance de passer au travers», dit le maire de Sainte-Cécile-de-Milton et préfet de la MRC de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin.

Le préfet de la Haute-Yamaska appelle à un «effort collectif sans précédent»

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le préfet de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, se rallie au maire de Granby et dénonce la décision du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui n’ouvrira pas de centre de dépistage de la COVID-19 sur le territoire granbyen avant la fin octobre. Mais cela ne l’empêche pas d’implorer les citoyens à adhérer au Défi 28 jours pour contrer la pandémie.

La municipalité dont il est maire, Sainte-Cécile-de-Milton, s’est d’ailleurs jointe au vaste mouvement de prévention lancé mercredi par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Près d’une trentaine de partenaires des milieux politiques, municipaux et de l’enseignement de la région ont accepté de passer le message.

La MRC de la Haute-Yamaska n’apparaît toutefois pas sur la liste des partenaires.

«Je ne comprends pas encore pourquoi on demande à 70 000 personnes de se déplacer (pour aller au centre de dépistage de Bromont). Si on avait fait l’inverse, ce sont 10 000 personnes qui auraient dû se déplacer. Je me dois de réagir et d’être solidaire avec le maire de Granby», a fait valoir jeudi Paul Sarrazin.


« Donnons-nous une chance de pouvoir passer au travers. Qu’on soit d’accord ou pas, qu’on questionne les mesures ou pas, aidons-nous à ne pas tomber dans le rouge. »
Le préfet de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin

Le maire Pascal Bonin n’a pas caché sa déception, voire sa colère, cette semaine, alors que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a annoncé l’ouverture d’un point de service de dépistage à Granby à la fin octobre, plutôt qu’au début du mois, tel qu’il le croyait.

«Si le nerf de la guerre contre la COVID, c’est le dépistage, on est en train de la perdre chez nous», a laissé tomber le maire de Granby avec dépit, alors que le nombre de cas testés positif a augmenté de façon marquée en Haute-Yamaska au cours de la dernière semaine.

Cri du coeur

«Mais indépendamment des enjeux que la MRC peut avoir avec le CIUSSS, on ne dira pas aux gens d’être délinquants. Je pense que le message doit être fort et bien entendu. Il faut que les citoyens nous aident dans cette situation difficile. Il y a un manque d’effectifs dans le réseau (de la santé) et il n’y a pas de centre de dépistage à Granby», dit Paul Sarrazin.

Celui-ci incite la population à s’abstenir de tenir des rassemblements privés et rappelle les mesures sanitaires en vigueur, dont le maintien d’une distance de 2 mètres en tout temps et l’importance de limiter les déplacements.

Le message doit particulièrement être saisi par les jeunes, alors que le nombre de cas grimpe également dans les écoles, estime M. Sarrazin.

«Donnons-nous une chance de pouvoir passer au travers. Qu’on soit d’accord ou pas, qu’on questionne les mesures ou pas, aidons-nous à ne pas tomber dans le rouge. Ça a fait les manchettes dans la région, notre système de santé est fragilisé. On ne voudrait pas que la Haute-Yamaska soit la première zone rouge dans une zone orange (l’Estrie) parce qu’on a perdu le contrôle», dit le maire de Sainte-Cécile-de-Milton.

Dans les circonstances, un «effort collectif sans précédent» doit être réalisé, croit-il.

Dans la région, outre la municipalité de Sainte-Cécile-de-Milton, le Cégep de Granby et le centre de services scolaire du Val-des-Cerfs ont aussi décidé de se rallier au Défi 28 jours pour contrer la COVID-19.

Ils ont ainsi joint la commission scolaire Eastern Townships, la députée caquiste de Brome-Missisquoi et ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, le député de Granby et ministre des Transports et ministre responsable de l’Estrie à la CAQ, François Bonnardel, ainsi que la MRC de Brome-Missisquoi et le Collège Mont-Sacré-Cœur de Granby.