Le Studio Zénith 360 de Granby demeure fermé.
Le Studio Zénith 360 de Granby demeure fermé.

Le pole fitness tombé entre les craques du déconfinement

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Les coiffeurs, dentistes et restaurateurs ont obtenu l’autorisation de reprendre leurs activités, mais le Studio Zénith 360, qui offre des cours de pole fitness, ne peut pas rouvrir, parce qu’il «tombe entre deux craques», déplore la propriétaire, Marianne Lasnier.

Cette dernière se demande pourquoi son entreprise doit rester fermée, alors que la discipline de la «gymnastique sur barre verticale», comme elle la décrit, peut observer toutes les consignes de sécurité et règles sanitaires en vigueur: lavage des mains, nombre maximal de personnes dans une pièce, distanciation sociale, non-contact entre élèves et désinfection des poles.

«Nous avions déjà pratiquement toutes ces mesures en place avant la pandémie. Les poles doivent déjà être placées à deux mètres l’une de l’autre. Chaque élève, en entrant, doit se laver les mains pour enlever le surplus de sébum qui fait glisser les mains et je désinfectais toujours les poles avec de l’alcool à friction avant chaque cours», commente Mme Lasnier, qui possède le Studio Zénith pole fitness - sa passion - depuis quatre ans.


« Le pole fitness, c’est un sport assez méconnu, mais qui travaille la flexibilité, la force et le cardio. En un cours, tous les muscles du corps sont sollicités. Et c’est très bon pour le système immunitaire. »
Marianne Lasnier, propriétaire du Studio Zénith 360
La propriétaire et enseignante de <em>pole fitness</em> au Studio Zénith 360 de Granby pourrait rouvrir... mais tombe entre deux catégories.

«Phase ultérieure»

Le Studio Zénith 360 est dans une catégorie à part. Plutôt associé aux gyms et aux centres de danse, ce dernier tarde donc à ouvrir. Alors que les dojos d’arts martiaux et la boxe fonctionnent au corps-à-corps, et que les studios de danse et de zumba comptent beaucoup d’élèves à la fois, le principe du Studio Zénith 360 ne contrevient à aucune règle gouvernementale.

«On nous dit que ce sera dans une “phase ultérieure” et “qu’il n’y a pas de date”. Sauf que moi, je serais prête et en mesure de le faire maintenant», affirme l’enseignante sportive qui s’ennuie de ses élèves et qui a tout de même partagé avec eux quelques vidéos d’entraînements pendant le confinement.

Deux loyers, deux factures

Celle-ci est prête à fournir des serviettes individuelles, à porter un masque, à prendre la température de ses élèves et à leur faire signer une déclaration de non-symptômes, ce qui assurerait un contexte sanitaire lors des cours.

Comme elle doit payer deux loyers et deux factures d’électricité, et qu’elle n’a droit à aucune aide en tant que petite entreprise, le maigre apport de la PCU ne permet pas de tout couvrir, laisse-t-elle entendre. Marianne Lasnier a donc décidé de se rendre utile et travaille aujourd’hui comme infirmière auxiliaire à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins. «En plus, en tant qu’infirmière auxiliaire, je peux pousser encore plus les règles sanitaires dans mon studio!»

Sa désolation devant la fermeture de son studio qui s’étire en longueur est d’autant plus forte en raison de l’évident bienfait qu’apporte le pole fitness.

«Le pole fitness, c’est un sport assez méconnu, mais qui travaille la flexibilité, la force et le cardio. C’est une combinaison de mouvements qui utilisent le corps comme poids. En un cours, tous les muscles du corps sont sollicités. Et c’est très bon pour le système immunitaire.»