Philippe Couillard est venu à la rencontre des gens d’affaires dans Brome-Missisquoi, lundi.

Le PLQ mise sur l'immigration

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, était de passage à Dunham avec son équipe économique, lundi, afin de parler à quelques dizaines d’entrepreneurs. Il y a réitéré sa volonté de miser sur l’immigration pour pourvoir aux dizaines de milliers de postes à combler.

Le vignoble de l’Orpailleur a reçu la brochette d’invités, dont la femme d’affaires Danièle Henkel, qui a parlé d’entrepreneuriat et du bilan du gouvernement Couillard en matière d’économie.

L’objectif, « c’était vraiment d’établir un dialogue entre les ministres les plus importants du gouvernement Couillard en économie et les gens d’affaires, de pouvoir écouter ce qu’ils ont à dire, explique en entrevue Alexandre Taillefer, président de campagne du PLQ. On est aujourd’hui un parti qui écoute beaucoup, qui compte sur un dialogue avec le monde des affaires, le monde de l’entrepreneuriat pour développer les meilleures mesures possibles et c’est-ce qu’on s’affaire à faire en ce moment ».

Une heure avant l’arrivée de M. Couillard, les ministres Dominique Anglade (Économie), Carlos Leitao (Finances), Stéphane Billette (délégué aux PME), ainsi que Kathleen Weil (Réforme des institutions démocratiques et anciennement à l’Immigration) ont discuté avec les gens d’affaires présents.

« L’entrepreneuriat qui se développe ici est assez surprenant, ajoute M. Taillefer. L’Estrie est importante pour nous et le développement de l’entrepreneuriat va passer par les régions. Ça ne peut pas être le propre de Montréal. La densification des régions va passer par un entrepreneuriat fort et c’est le message qu’on veut envoyer. »

Développement économique
C’est à l’invitation de sa candidate dans Brome-Missisquoi, Ingrid Marini, que Philippe Couillard et son équipe de campagne ont pris la route vers les vignobles de la région.

« Ingrid avait constitué un groupe d’entrepreneurs qui étaient intéressés à nous rencontrer, indique le chef du PLQ en entrevue. C’est tellement un bel endroit que ce n’est pas un sacrifice de venir ici ! Quand on parle d’entrepreneuriat, tout ce qu’on a fait pour permettre aux vignobles d’avoir accès aux épiceries, demandez à n’importe quel vignoble, ils vont dire que ça a été un outil de développement majeur pour leur industrie. » Le premier ministre en profite pour ajoute qu’il ne souhaite pas privatiser la SAQ.

Et puisqu’il était question de développement économique, la pénurie de travailleurs au Québec a été au cœur des discussions.

La clé de l’immigration
Parmi les engagements de Philippe Couillard figure une aide financière aux MRC afin qu’elles lancent une étude pour déterminer leurs besoins spécifiques.

« Il y a un nouveau système d’immigration où les candidats remplissent une lettre d’intention. On va donner de l’argent aux MRC pour qu’elles fassent [une étude sur] leurs besoins prioritaires — pas les régions, les MRC, ça va être beaucoup plus spécifique — pour ensuite pairer les lettres d’intention avec les besoins qui sont exprimés. »

La MRC Brome-Missisquoi connait déjà ses besoins et a même lancé une stratégie pour attirer des travailleurs, souligne Mme Marini.

La formation, l’automatisation, la participation de tout le monde sont des éléments sur lesquels M. Couillard veut travailler pour combler les besoins en main-d’œuvre, mais l’immigration demeure une solution importante.

« Surtout, surtout, il ne faut pas diminuer l’immigration, ça serait une catastrophe économique », note-t-il en faisant allusion aux promesses du chef de la CAQ, François Legault, de baisser le seuil d’immigration au Québec de 52 000 à 40 000 nouveaux arrivants par année.

M. Couillard propose plutôt de garder le seuil actuel jusqu’à ce que les mécanismes d’intégration et de francisation soient à maturité, ce qui devrait arriver d’ici deux ou trois ans, estime-t-il. À ce moment-là, il considérerait l’augmentation du nombre d’immigrants accueillis au Québec.

Francisation en entreprise
La francisation serait également accentuée en entreprise sous un éventuel gouvernement Couillard. Il s’est engagé, lundi, à accorder des montants supplémentaires pour cela, soulignant par le fait même que d’apprendre le français dans une salle de classe n’est pas l’idéal pour un adulte.

« C’est beaucoup mieux avec des compagnons de travail, dans l’entreprise, avec des professeurs qui viennent d’ailleurs. On va le faire en entreprise pour que les personnes puissent intégrer plus rapidement le marché du travail. »

Deuxième visite
Philippe Couillard en était à sa deuxième visite dans la circonscription de Brome-Missisquoi depuis le début de la campagne électorale. Le 31 août, il était allé visiter l’Expo Brome, où il avait pris un bain de foule.

Sa présence n’a cependant rien à voir avec les risques de perdre cette circonscription baromètre, dit-il.

« J’ai très confiance que ça va rester libéral. Ça va bien au Québec, ça va bien dans la région, ça va bien dans la circonscription. Changer pour qui ? Quelqu’un qui veut diminuer l’immigration alors qu’on a tant besoin de main-d’œuvre ? Ça ne marche pas. [...] J’ai très confiance qu’Ingrid va être élue ici. »