Le maire, Pascal Bonin, et le directeur général de la Ville de Granby, Michel Pinault, soulignent qu’un sondage en ligne sera réalisé à la mi-avril dans le cadre de la révision du Plan vert.

Le Plan vert de Granby révisé en 2019

La Ville de Granby révisera son Plan vert au cours des prochains mois. Un exercice essentiel, alors que la pression s’accentue sur le développement du territoire, estime le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

« Une des caractéristiques de Granby, c’est qu’on est en ville, mais aussi en campagne à la fois. Cette double personnalité-là, il faut la garder. Préserver nos milieux naturels est un enjeu », relève M. Pinault.

Plus que jamais, Granby souhaite miser sur ce facteur nature. En témoigne la vision stratégique de la Ville adoptée l’an dernier : « Granby, naturelle et audacieuse dans son expérience humaine », affirme le DG.

« On se positionne comme une municipalité naturelle et on veut placer nos milieux naturels au cœur du bien-être de la collectivité. Donc, le plan vert sera un outil qui nous permettra de rendre vivante notre vision et d’atteindre notre aspiration », dit Michel Pinault.

Celui-ci affirme que la place prépondérante de l’environnement n’est « pas une mode ou une tendance ». Cela dénote plutôt un changement social profond, croit-il. « Et Granby est capable de tirer son épingle du jeu là-dedans parce qu’elle a posé des gestes par le passé et elle veut continuer à le faire », déclare M. Pinault.

Consultation publique

Le directeur général de la Ville souligne que la population sera consultée sur différents thèmes, dans le cadre de la révision de ce plan. Un sondage en ligne sera réalisé à la mi-avril pour définir le « Granby vert de demain ». Les détails seront annoncés ultérieurement. Les partenaires issus des secteurs de l’environnement, de la santé publique et du milieu communautaire seront, pour leur part, conviés à un forum le 25 mai prochain.

« On se trouve dans une prémisse où on sait qu’on ne peut plus continuer comme on faisait avant. Il y a des problèmes de qualité d’air, de qualité de l’eau, de pollution. Les derniers rapports scientifiques sont assez alarmants, entre autres sur la biodiversité. Mais nous voulons savoir ce que l’ensemble des citoyens en pense, pas juste ceux qui sont impliqués en environnement », renchérit le maire, Pascal Bonin.

Faut-il interdire les bouteilles d’eau en plastique à usage unique ? Miser sur un projet de récupération du verre ? Quelles mesures les Granbyens seraient-ils prêts à soutenir ? « Le conseil municipal ne veut pas aller à contre-courant de ce que les citoyens désirent. On veut être en adéquation avec ce que la population veut. On souhaite avoir une approche collaborative plutôt que d’imposition », reprend Pascal Bonin.

Cela n’empêche pas que certains éléments de la nouvelle mouture du Plan vert s’imposeront d’eux-mêmes, dont la préservation et la mise en valeur des milieux naturels, incluant la foresterie urbaine et le lac Boivin. Même chose pour la chaîne de production d’eau potable et de traitement des eaux usées.

Le dossier de mobilité a aussi beaucoup à voir avec l’environnement. « L’automobile génère des gaz à effet de serre. Et on a une responsabilité de diminuer les gaz à effet de serre. Quand on parle de mobilité, c’est parfois moins populaire, mais il faut poser des gestes qui font en sorte qu’on installe des infrastructures qui servent à la mobilité et favorisent un changement de culture », souligne Michel Pinault.

La préservation des milieux naturels est un enjeu d’importance à Granby, alors qu’une nouvelle mouture du Plan vert est en élaboration, relève le DG de la Ville, Michel Pinault.

Audace souhaitée

Le Plan vert de la ville de Granby — sur lequel a œuvré Serge Robert, l’ex-directeur technique de la Ville aujourd’hui décédé — a été adopté en 2008. Un premier plan d’action a été élaboré pour les années 2009-2014 et un second pour la période s’étirant de 2015 à 2018.

Quelque 103 actions, regroupées dans 11 secteurs, tels la gestion de l’air, de l’eau, les matières résiduelles, les espaces boisés ainsi que les milieux agricoles, avaient été ciblées dans la dernière version du plan d’action. Environ 75 % des actions ont été réalisées ou sont en voie de l’être, affirme le DG de la Ville.

Par exemple, dit-il, neuf programmes de subvention (pour l’achat de toilettes à faible débit, d’arbres, de vélos, de barils de récupération d’eau de pluie, etc.) ont été adoptés. Un règlement sur l’utilisation des pesticides et des engrais a été mis en œuvre. Le plan d’action sur l’avenir du lac Boivin a été adopté et des activités de faucardage y ont été réalisées. Un fonds vert (125 000 $ par année) dédié à la conservation des milieux naturels a aussi été créé. L’implantation de quartiers blancs s’est poursuivie.

Plus d’une décennie plus tard, l’heure est toutefois venue, note Michel Pinault, de réviser l’ensemble du plan vert. En principe, la nouvelle mouture sera proposée au conseil municipal à l’automne pour approbation. Un nouveau plan d’action devrait suivre dans les premiers mois de 2020.

« Dans le fond, ce que j’espère, c’est que la population sera aussi audacieuse dans ce virage vert là que le conseil et l’administration municipale sont prêts à l’être. On n’est plus du tout à la même adresse qu’en 2009. L’administration n’est plus déstabilisée par des projets audacieux. Au contraire », lance Pascal Bonin.