Le lac Roxton a un important problème de phosphore dans les sédiments, ce qui le fait vieillir prématurément.

Le Phoslock pour le lac Roxton?

L’application de Phoslock dans le lac Roxton est envisagée pour enrayer les problèmes de phosphore, favorable à la prolifération des cyanobactéries. Après une dizaine d’années d’études et 40 d’existence, le Comité d’environnement du lac Roxton­ passe en mode recherche de solutions pour restaurer ce plan d’eau qui vieillit prématurément.

Des membres du comité et la biologiste Caroline Bisson ont rencontré le représentant de l’entreprise Phoslock, qui était dans la région il y a deux semaines pour l’application du produit du même nom dans le lac Bromont. Ils ont aussi assisté à la journée de démonstration.

Cette option est envisagée pour le lac Roxton, maintenant que les plus importantes sources externes de phosphore ont été éradiquées depuis la construction d’égouts pour les riverains. Elle devrait toutefois être combinée­ avec d’autres méthodes.

« On cible la même problématique qu’ils ont à Bromont : c’est le lac qui a une charge interne en phosphore assez importante, explique Mme Bisson, qui travaille pour le comité en plus d’être présidente de la Fondation SÉTHY. Ça veut dire que, depuis des dizaines d’années, il y a du phosphore qui s’est accumulé dans les sédiments. On voit que ce phosphore-là, qui se relargue dans le lac, est plus important que ce qui vient de l’extérieur. On veut essayer de le capter pour diminuer la quantité qu’on a dans la colonne d’eau. »

Lorsqu’il fait chaud, les couches les plus profondes du lac sont privées d’oxygène, ce qui provoque la libération du phosphore.

La biologiste Caroline Bisson et quelques représentants du Comité d’environnement du lac Roxton ont assisté à la démonstration d’épandage de Phoslock, au lac Bromont. Ils considèrent cette solution pour restaurer le lac Roxton.

Des coûts à évaluer

L’épandage du produit australien Phoslock dans le lac Bromont a été autorisé par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Il s’agissait d’une première au Québec et d’un projet-pilote pour permettre son utilisation ailleurs en province.

« On a fait une demande à T2  Environnement qui est en train de mettre à jour les études qu’on a depuis longtemps pour être capable d’aller chercher des autorisations, s’il y a lieu, auprès du ministère, renchérit Marcel Lamoureux, président du comité. Le Phoslock est une approche qu’on va étudier. Mais le lac Bromont fait 0,5 km2, tandis que le lac Roxton fait 1,9 km2. Si je fais un parallèle avec les coûts à Bromont, je n’ose pas imaginer », ajoute-t-il en riant.

À Bromont, il aura fallu un investissement de 615 000 $ seulement pour l’application du produit fait d’argile et de lanthane. Le prix dépend de plusieurs facteurs, dont la quantité de phosphore contenu dans les sédiments.

Pas qu’un seul problème

Le rapport de T2 Environnement est attendu d’ici Noël. « C’est une étude de préfaisabilité. C’est sûr que ça va nous donner une idée des coûts de la solution et, surtout, si ça répond à notre problématique, reprend Mme Bisson. C’est un peu tout ça qu’il faut savoir. On n’investira pas sur une solution qui ne répond pas à notre problématique et sûrement que ce sera de multiples solutions combinées pour une restauration du lac. »

Le phosphore contenu dans les sédiments n’est pas l’unique problème. Les analyses d’eau de 2016 démontrent qu’un tributaire, le ruisseau Robidoux, présente notamment une mauvaise qualité de l’eau. Du travail devra continuer à se faire en zone urbaine, mais aussi auprès des agriculteurs situés autour du ruisseau Robidoux.

Îles flottantes

Autre problème : les îles flottantes qui pourraient nuire à l’utilisation de Phoslock. « Avant qu’il y ait le barrage à Roxton Pond, c’était un étang entouré de milieux humides. Avec le barrage, ça a augmenté le niveau de l’eau et les [îles flottantes] sont ces résidus de marécage qui se détachent du fond. Ça fait comme un amas de branches, de terre et de toutes sortes de trucs qui reviennent à la surface et qui redescendent. »

Elles présentent aussi des risques pour la sécurité des plaisanciers qui peuvent se coincer, en bateau, dans ces îles souvent submergées. « Si on veut les enlever, ça va nous prendre les autorisations du ministère de l’Environnement parce que c’est comme un dragage, précise la biologiste. Il faut qu’on l’intègre dans notre plan de match. »

Les dommages causés par les oies, qui sont récemment arrivées sur le lac pour leur passage annuel, seront aussi évalués.

Le Comité d’environnement du lac Roxton fête cette année son quarantième anniversaire. Le conseil d’administration présentait, samedi, les efforts déployés dans la dernière année pour sensibiliser la population sur la santé du lac, dans le cadre de leur assemblée générale annuelle.