Candidat du Parti nul dans Granby, Stéphane Deschamps souhaite incarner l’option qui n’est pas identifiée sur les bulletins de vote, celle du «je ne me reconnais dans aucun des partis».

Le Parti nul souhaite que chaque vote compte

Jamais deux sans trois, veut l’adage. Candidat du Parti nul dans Granby, Stéphane Deschamps souhaite incarner l’option qui n’est pas identifiée sur les bulletins de vote, celle du « je ne me reconnais dans aucun des partis ».

M. Deschamps est bien clair : le Parti nul n’encourage pas le cynisme et ne vise pas à décourager les électeurs de voter, bien au contraire. « On n’est pas là pour promouvoir l’annulation du vote, on veut plutôt que ces gens-là puissent s’exprimer, indique-t-il. On veut inciter ceux qui n’iraient pas voter de le faire pour exprimer leur insatisfaction à l’égard des partis en place. Parfois, ils ne savent pas pour qui voter. Si rien ne vous parle, on offre l’occasion de le dire. »

En 2014, M. Deschamps avait fini cinquième sur six candidats, avec 0,8 % des appuis. Une performance à peine plus élevée que sa première élection, en 2012, où il avait récolté 0,7 % des suffrages.

C’est dire qu’environ 270 électeurs l’ont choisi à chacun des deux précédents scrutins. « Au total, il y en a peut-être plus que ça », dit-il, faisant référence aux électeurs qui annulent leur vote ou qui ne se rendent pas du tout aux urnes.

Son parti existe pour rassembler la totalité des votes de contestation. « Quand tu annules ton vote [ndlr : en cochant le nom de plusieurs candidats, par exemple], ton bulletin est rejeté et non comptabilisé. Nous, on veut que le fait de rejeter les options actuelles soit reconnu, explique-t-il. Ça serait plus significatif et ça enverrait le message que les gens veulent un véritable changement. »

Promouvoir la démocratie

Le Directeur général des élections du Québec verse une allocation aux partis politiques au prorata des votes valides qu’ils ont obtenus. La somme représente environ 1,58 $ par électeur. L’an dernier, le Parti nul a récolté un peu moins de 17 000 $.

Comme elle n’aspire pas à gouverner, la formation politique reçoit sa part de critiques pour les sommes reçues, qui selon M. Deschamps sont placées dans une fiducie. Le tout sera utilisé à bon escient en temps et lieu, promet-il, bien qu’il ne peut détailler de quelle manière pour le moment. « Après l’élection, on va se pencher sérieusement sur la question. On souhaite trouver des moyens de faire profiter la population de cet argent-là en lien avec la démocratie », précise le candidat.

Le Parti nul ne présente que 16 candidats à la grandeur de la province cette année, huit de moins qu’en 2014. L’objectif à moyen terme du parti est de présenter un candidat par circonscription afin de donner de la crédibilité à sa mission, qui deviendrait caduque si le DGEQ ajoutait une case « Aucune de ces options » sur le bulletin de vote.