Alexandre Barrette rêve de fonder son propre parti provincial.

Le Parti du peuple d'Alexandre Barrette

Traitez-le de rêveur ou d’utopiste, Alexandre Barrette­ n’en démord pas : son Parti du peuple sera une option aux élections­ provinciales de 2018.

Le camionneur presque trentenaire, résidant de Granby depuis trois ans, espère seulement attirer la centaine de membres nécessaires pour que sa formation devienne officielle. Lancé en 2015, le mouvement a été mis sur la glace durant un moment, laisse-t-il entendre, en se disant convaincu d’aller chercher les adhérents qu’il lui faut.

Les 461 personnes qui suivent la page Facebook du Parti du peuple lui donnent confiance. « Ce sont des membres potentiels. Certains sont fidèles et commentent­ régulièrement. »

Son slogan : « Redonner au peuple la Terre promise ». Qu’est-ce que cela signifie ? « Je veux redorer le blason québécois. Avec les gouvernements antérieurs et actuels, nos droits et libertés ont été compromis. Empêcher les gens de s’exprimer, ce n’est pas correct », affirme-t-il en faisant notamment référence au Printemps érable. « Il faut encourager la jeunesse à s’instruire ! »

Souverainiste

Inspiré par les Lévesque, Marois et Péladeau de ce monde, Alexandre Barrette est un souverainiste convaincu. Il pourrait pourtant choisir la voie facile, en ralliant simplement les rangs d’un parti existant. « Non. L’idée est la même, mais la plupart des partis souverainistes sont idéalistes et ne parlent pas de l’après (séparation). Ils ne veulent pas s’engager pour vrai », prétend-il.

Quand on lui fait remarquer que les Québécois semblent avoir la fibre moins indépendantiste qu’à une certaine époque, il réfute. « Nos parents ont peut-être été déçus des référendums et je les comprends. Mais les jeunes sont informés de tout ce qui arrive ; ils voient ce qui se passe au fédéral et au provincial. Les gens sont écœurés. »

L’exemple de la Catalogne face à l’Espagne ne l’effraie pas. Selon lui, une telle situation ne se produirait pas au Canada. « Le pays aurait trop à perdre... »

Il rêve néanmoins de s’allier des électeurs de toutes allégeances. « Le but, c’est de pouvoir subvenir à nos propres besoins avec nos ressources et nos industries », lance-t-il, en se disant contre « le capitalisme de masse et les abus contre les pauvres ». 

Bref, il veut « aller jouer où ça va faire mal ». « Dans le milieu de la santé, par exemple, où il faut former le personnel adéquatement et réduire les heures de travail. »

Immigration et pot

Sur sa page Facebook, on ne manquait pas de remarquer cette semaine que d’autres pages y étaient associées, dont celles d’Anti Islam du Québec et de Cannabis Québec. Alexandre Barrette se défend pourtant de promouvoir l’un ou l’autre. « Je ne suis pas contre l’Islam ; mon discours est laïque. J’accepte les symboles religieux, mais à mon avis, les femmes doivent retirer leur voile pour s’identifier », affirme-t-il. 

Au sujet de l’immigration, par contre, il admet avoir « de la misère avec ça ». « Le Québec devrait pouvoir choisir qui il accueille. Il y a trop d’immigrants en même temps et c’est le contribuable qui paye pour ça. Pendant ce temps, des sans-abri crèvent de faim et n’ont pas de toit. Il faut mettre nos priorités à la bonne place », déclare-t-il.

Et la légalisation de la marijuana ? « Je ne sais pas où Justin Trudeau s’en va avec cette loi. Il n’y a pas d’études claires sur le sujet. Il ne fait que tenir une promesse électorale. »

Celui qui se décrit comme un autodidacte qui s’est instruit par lui-même est convaincu d’avoir ce qu’il faut pour être chef d’un parti politique. « Et j’ai l’avantage de faire partie de la classe ouvrière ! »

Si le Parti du peuple est un jour inscrit officiellement sur les bulletins de vote des Québécois, il promet de mener campagne pour obtenir le plus possible de voix. En égrenant son programme au compte-gouttes « pour ne pas se faire voler ses idées ». 

« Je n’ai pas une grosse équipe, mais je suis bien conseillé », assure-t-il. 

Pour fonder un parti provincial

- La création d’un parti politique provincial ne se fait pas en criant ciseau. Il faut d’abord remplir une demande d’autorisation en bonne et due forme, contenant notamment les coordonnées du chef, du vérificateur de la formation et du bureau permanent, si cela s’applique.

- Un dépôt de 500 $ est aussi exigé ; ce montant est toutefois remboursé lorsque le parti présente son rapport financier. 

- Pour être autorisé, un parti doit surtout fournir un minimum de 100 signatures d’électeurs qui soutiennent la démarche et deviennent membres, en fournissant leurs coordonnées. 

- Celles-ci sont par la suite vérifiées par le Directeur général des élections du Québec.

Source : Directeur général des élections du Québec