Les amateurs de plein air qui ont profité du beau temps de la fin de semaine dernière ont pu remarquer que le niveau d’eau du réservoir Choinière, au coeur du parc national de la Yamaska, était significativement plus bas qu’à l’habitude.
Les amateurs de plein air qui ont profité du beau temps de la fin de semaine dernière ont pu remarquer que le niveau d’eau du réservoir Choinière, au coeur du parc national de la Yamaska, était significativement plus bas qu’à l’habitude.

Le niveau d’eau du réservoir Choinière à son plus bas en quatre ans

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Les amateurs de plein air qui ont profité du beau temps de la fin de semaine dernière ont pu remarquer que le niveau d’eau du réservoir Choinière, au cœur du parc national de la Yamaska, était significativement plus bas qu’à l’habitude. Le manque de précipitations observé ces dernières semaines est à l’origine du phénomène qu’on n’avait pas vu depuis quelques années.

« De façon générale, à l’automne, le niveau d’eau du réservoir est à son plus bas chaque année [ndlr: un phénomène appelé étiage]. Mais la dernière fois que l’étiage était aussi bas, c’était en 2016 », confirme Zoë Ipiña, directrice de la conservation au parc national de la Yamaska.

Avant cela, il fallait remonter à 2012 et 2000 pour observer un niveau d’eau aussi peu élevé.

D'ailleurs, le niveau de l'eau consigné mardi (140,12m au-dessus du niveau de la mer selon les données du ministère de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques) est en-dessous du niveau moyen relevé le 29 septembre (141,59m) depuis la construction du barrage, au milieu des années 1970.

«Le niveau du réservoir Choinière est particulièrement bas cette année, et ce, malgré le débit minimum évacué en respect des contraintes d’exploitation du barrage. L’étiage soutenu qui perdure depuis la mi-avril dans le secteur du parc de la Yamaska en est responsable», confirme pour sa part Caroline Cloutier, relationniste au MELCC.

Parce que le niveau de l’eau s’est abaissé graduellement, les espèces aquatiques locales ont eu le temps de s’adapter, estime Zoë Ipiña, directrice de la conservation au parc national de la Yamaska.

C’est sans contredit la faible quantité de précipitations reçues cet été qui explique la situation.

« Mais on est loin de pouvoir affirmer que le réservoir est à sec », poursuit la biologiste, qui ne craint toutefois pas que cet assèchement ait d’incidence négative sur les espèces aquatiques dont le réservoir de 456 kilomètres carrés est l’habitat.

« Ce qui est rassurant, c’est que ce rabaissement du niveau d’eau s’est produit de manière graduelle, explique Mme Ipiña. C’est simplement dû au manque de précipitations, alors l’eau a baissé tranquillement. Ce n’est pas comme si on l’avait nous-mêmes abaissé rapidement pour réaliser des travaux sur le barrage, par exemple. »

Ce faisant, la faune a eu le temps de s’adapter à ces changements, estime-t-elle.

« On a pu constater que les poissons qui vivent dans le réservoir, ainsi que les moules d’eau douce, par exemple, se sont déplacés au courant de la saison, souligne la directrice. Et puis à ce temps-ci de l’année, la stratification thermique du plan d’eau a eu le temps de se faire. Comme la température est plus basse, il n’y a pas d’enjeu au niveau de la quantité d’oxygène dans l’eau. »

Toujours selon le MELCC, le niveau moyen du réservoir depuis le 30 mars 1977 est de 142,22 m et le volume maximum utilisé afin de régulariser la rivière Yamaska à l’aval est de 15 000 000 000 de litres.

« On n’a pas non plus observé de mortalité inhabituelle et rien ne laisse présager un enjeu majeur sur les écosystèmes, ajoute-t-elle. On garde tout de même un œil attentif sur la situation. »

Toujours selon le MELCC, le niveau moyen du réservoir depuis le 30 mars 1977 est de 142,22 m et le volume maximum utilisé afin de régulariser la rivière Yamaska à l’aval est de 15 000 000 000 de litres.