Selon le ministère, l’analyse de la demande révèle que l’endroit a été le théâtre de nombreux accrochages et accidents, dont certains ont eu des conséquences funestes au fil des ans. Ce nombre élevé d’incidents justifie la mise en place de feux de circulation, répond le ministère.

Le MTQ installera des feux de circulation à l'angle de la route 112 et du chemin du Vide

Après des années de demandes, le ministère des Transports a enfin accepté d’installer des feux de circulation à l’angle de la route 112 et du chemin du Vide, à Marieville. Il se pourrait toutefois que les travaux mettent des années avant d’être réalisés.

Dans une lettre envoyée en mars à la municipalité de Sainte-Angèle-de-Monnoir, la direction régionale du ministère des Transports donne suite à une résolution adoptée en août dernier par son conseil municipal, qui réclamait à nouveau l’installation de feux de circulation à cette intersection accidentogène.

Selon le ministère, l’analyse de la demande révèle que l’endroit a été le théâtre de nombreux accrochages et accidents, dont certains ont eu des conséquences funestes. Ce nombre élevé d’incidents justifie la mise en place de feux, répond le ministère.

Des statistiques fournies par la direction montérégienne du ministère indiquent qu’entre 2004 et 2008, environ 9500 voitures passaient à cet endroit chaque jour. Pendant cette période, 23 accidents routiers sont survenus dans un rayon de 100 mètres de l’intersection de la route 112 avec le chemin du Vide, dont la moitié sont des collisions à angle droit.

Pendant cette période, deux accidents mortels ont aussi eu lieu en quelques mois à cet endroit. En août 2007, une jeune motocycliste de Montréal, Émilie Parenteau n’aurait pas aperçu le véhicule immobilisé devant elle qui s’apprêtait à effectuer un virage à gauche sur le chemin du Vide.

Puis, en décembre de la même année, un autobus scolaire et un tracteur routier ont été impliqués dans une violente collision, toujours au même endroit. Le chauffeur de l’autobus a été éjecté du véhicule et son décès a été constaté à l’hôpital.

Ce triste bilan s’ajoute à des décès survenus avant la période d’observation. En mai 2002, une quadragénaire a perdu la vie lorsque sa motocyclette a percuté de plein fouet une automobile qui n’aurait pas effectué son arrêt obligatoire au bout du chemin du Vide avant de s’engager sur la route provinciale.

Cinq ans auparavant, la petite voiture dans laquelle prenaient place Linda et Caroline Benoit, âgées de 21 et 16 ans, avait été emboutie par un camion qui arrivait de l’ouest alors qu’elle s’engageait dans le croisement. Les deux jeunes femmes n’avaient eu aucune chance.

Réaménagement insuffisant

À l’été 2009, soit quelques semaines après qu’un jeune automobiliste ait frôlé la mort après avoir été percuté par une voiture qui tentait un dépassement, le ministère a réaménagé l’endroit par l’ajout de deux voies sur la route 112, une dans chaque direction, et d’un terre-plein central.

Cette nouvelle configuration, qui a coûté un peu moins d’un million de dollars au ministère, visait à permettre des virages à gauche plus sécuritaires de la route 112 vers les chemins du Vide et de la Branche-du-Rapide.

À l’époque, on jugeait toutefois que « les normes ne [justifiaient] pas » l’installation de feux de circulation et que les correctifs apportés seraient suffisants.

Or, dix ans plus tard, le nombre d’accidents a presque doublé alors que le ministère en a recensé 42 dans la période allant de janvier 2014 à août 2018.

Pendant ces quatre années et demie, ce sont surtout des collisions par la gauche et à angle droit qui se sont produites, conséquence directe de l’aménagement de l’intersection, où les véhicules à l’arrêt [sur le chemin du Vide] ont de la difficulté à voir les véhicules arrivant de la route 112.

L’achalandage a légèrement cru dans le secteur de l’intersection, alors qu’environ 10 700 véhicules la traversaient quotidiennement.

Il y a quelques années, la limite de vitesse avait aussi été abaissée de 90 km/h à 70 km/h sur un tronçon de la route 112 aux abords du croisement avec le chemin du Vide.

Pas d’échéancier

S’il reconnaît que l’installation de feux de circulation dans les quatre voies de l’intersection constitue la meilleure manière de diminuer le nombre d’accidents dans le secteur, la direction régionale du ministère n’a pas pu se prononcer sur un échéancier.

« Bien que cette intervention soit inscrite dans notre banque de besoins, l’autorisation d’aller de l’avant avec un tel projet n’est confirmée qu’au moment où le Ministère approuve la programmation des travaux routiers à effectuer. Cette programmation est approuvée chaque année pour une période de deux ans en fonction des priorités ministérielles en matière d’intervention sur le réseau routier. Conséquemment, il nous est impossible pour l’instant de vous fournir une date pour la réalisation des travaux », peut-on lire dans le document envoyé à la municipalité.

Le maire Denis Paquin s’attend à devoir attendre longtemps, voire même cinq ans, avant que le feu ne soit installé. « On sait que ça ne sera pas fait à court terme, dit-il. Ce sera encore plusieurs années d’attente. »

Néanmoins, l’élu se réjouit que le ministère des Transports ait enfin reconnu le besoin exprimé par la communauté depuis nombre d’années. « C’est une bonne nouvelle, affirme le maire. La preuve est faite que ça prend un feu de circulation. On ne prêche plus dans le désert. »

La Voix de l’Est a tenté à quelques reprises de communiquer avec Denis Benoit, le père des deux jeunes filles ayant tragiquement perdu la vie à l’intersection du chemin du Vide et de la route 112 en novembre 1999. Le père endeuillé avait lancé une pétition en décembre 2007 pour réclamer la mise en place d’un feu de circulation.

Ni M. Benoit ni son épouse n’ont donné suite à nos demandes d’entrevue. Denis Paquin a toutefois indiqué lui avoir personnellement appris la décision du ministère, lundi. « Quand je lui ai annoncé lundi, je l’ai senti ému », confie-t-il.