Chantal Laplante et Martin Sanders sont prêts à tourner la page. Le motel les Pins est à vendre.

Le motel les Pins à vendre

Chantal Laplante a mis tout son coeur au cours des 25 dernières années pour faire du motel les Pins, à Granby, un endroit propre et accueillant. Mais l’heure est venue de tourner la page. L’établissement hôtelier à l’enseigne vintage est à vendre.

«J’ai le coeur gros, mais je suis prête», affirme Mme Laplante.

Celle-ci raconte avoir eu un «coup de coeur» pour l’endroit il y a un quart de siècle lorsqu’elle l’a visité avec son défunt conjoint, Rémi Leduc. Elle habitait à l’époque à Valleyfield. Après avoir vendu le commerce de détail qu’il possédait, le couple était à la recherche d’une résidence pour personnes âgées ou d’un motel, soit une entreprise qu’il pourrait gérer tout en y habitant.

«C’est la première annonce qu’on a regardée. C’est le premier motel qu’on est venu visiter et c’est le seul pour lequel on a fait une offre d’achat. J’ai tout de suite aimé la place. Il y avait de grands espaces verts. À l’époque, il y avait même plus d’arbres. C’est un beau coin de nature», raconte Chantal Laplante.

Lorsqu’elle a fait l’acquisition du motel, celui-ci comptait 17 unités, dont trois aménagées à l’arrière de la maison où les propriétaires ont leurs quartiers. Au fil du temps, Mme Laplante a cependant retiré ces trois unités pour agrandir sa résidence.

Travail

Chantal Laplante affirme avoir travaillé sans relâche depuis qu’elle est propriétaire du motel les Pins. Les 10 premières années, elle accueillait même les clients 24 heures sur 24. La réception ferme désormais à 23h.

La majorité des 14 unités ont été rénovées au fil des ans. Des sentiers de randonnée pédestre ont été aménagés dans le boisé à l’arrière de la vaste propriété de près de cinq acres. La proprio accorde aussi une grande importance à la propreté des lieux et à son classement sur les moteurs de recherche, dont Booking.com.

Depuis six ans, Martin Sanders partage sa vie, en plus de la seconder dans la gestion et l’entretien du petit établissement. «Je n’ai fait que travailler. Mais mon conjoint m’a fait découvrir autre chose, comme la pêche», dit-elle dans un sourire.

C’est donc cette volonté de jouir d’une plus grande liberté pour poursuivre ses découvertes qui incite celle qui est aussi mère et grand-mère à vouloir tourner la page. Le prix demandé pour le motel de la rue Principale: 1,2 million $.

Prisé

Les automobilistes qui circulent régulièrement sur la route 112 connaissent bien l’endroit pour son enseigne de néon, qui témoigne d’une autre époque. Chantal Laplante dit s’être fait un point d’honneur de la conserver, même si un grand coup de vent l’a déjà déstabilisée. L’enseigne a depuis été solidifiée et elle est désormais éclairée avec des lumières DEL.

«J’aurais pu la changer et la moderniser. Mais il aurait fallu que je modernise toute la place. Je vais laisser ça au prochain...», glisse Mme Laplante.

Le motel les Pins semble par ailleurs avoir la cote dans le milieu culturel. Des scènes de la télésérie Yamaska ont notamment été tournées dans la chambre numéro cinq. Le duo formé par Marie-Ève Janvier et Jean-François Brault y a aussi déjà tenu une séance photo pour un de ses albums, dit-elle.

En 25 ans à la réception du motel, Chantal Laplante a aussi fait le plein de rencontres et d’anecdotes, certaines rigolotes, d’autres moins. Mais elle ne regrette pas l’aventure. À un point tel qu’elle souhaite déménager dans un secteur de la ville qui ne l’obligera pas à passer trop souvent devant le motel. «Ça va me faire trop mal au coeur», dit-elle.