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Si elle est les protège, la tenue des pompiers est aussi un véritable fardeau. L’équipement au complet avoisine les 104 lb.
Si elle est les protège, la tenue des pompiers est aussi un véritable fardeau. L’équipement au complet avoisine les 104 lb.

Le monde des pompiers à travers leurs mots

Olivier Pierson
Olivier Pierson
La Voix de l'Est
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S’il est de coutume de dire que l’habit ne fait pas le moine, on pourrait tout autant affirmer que le mot fait la profession. Par exemple chez les pompiers, qui ont leur propre vocabulaire. L’occasion pour La Voix de l’Est de vous en dire plus sur les combattants du feu, en compagnie de Robert Dubé, chef de division aux opérations au Service des incendies de Granby.

La caserne de la rue Léon-Harmel s’appuie sur un effectif de 70 sapeurs, dont une femme, auxquels il faut ajouter neuf cadres et deux adjoints. Cinq personnes y sont présentes 24 h sur 24 et 365 jours par an.

Le bunker

Ce mot désigne la tenue des pompiers. Été comme hiver, il s’agit de la même. Si elle protège les combattants du feu, elle ne leur rend pas la tâche facile. L’équipement au complet (en tenant compte de la hache et de l’appareil respiratoire notamment) peut monter jusqu’à 104 lb (environ 47 kilos). Il faut y ajouter le poids de l’eau lorsqu’ils interviennent sur des incendies. Et quand cette alliée précieuse se fige en hiver sur leur manteau et leur pantalon, c’est pire. « J’ai vécu des interventions où on était obligés de casser la glace pour pouvoir se déshabiller », raconte Robert Dubé.

Dans ces conditions éprouvantes, on ne sera pas surpris d’apprendre que les sapeurs ont besoin de temps de repos pour récupérer durant les grosses opérations. « L’été, quand il fait chaud, on doit à tout prix éviter les coups de chaleur », indique le cadre. D’où l’importance de prévoir du personnel en renfort pour organiser des roulements.

Il faut ajouter que les appareils respiratoires ont une durée d’autonomie de 45 minutes environ, lorsqu’une personne respire normalement, nuance Robert Dubé. Durant un effort soutenu, le recours à l’air comprimé présent dans les bouteilles est évidemment accru, ce qui réduit leur temps d’utilisation.

Défensive ou offensive?

Le mot dépend de la stratégie adoptée durant un incendie. « En stratégie offensive, on occupe le bâtiment, on attaque le feu à l’intérieur pour l’éteindre. » À l’inverse, en cas de risque d’effondrement, les pompiers se placeront en position défensive, en demeurant à l’extérieur pour venir à bout des flammes.

Quand la situation devient trop risquée pour eux, les pompiers adoptent une stratégie défensive en demeurant à l’extérieur du bâtiment ravagé par les flammes. Ce fut par exemple le cas lors de l’intervention rue De Verchères à Granby en février dernier.

USHY

Derrière ces quatre lettres se cache l’Unité de sauvetage Haute-Yamaska, une organisation bénévole qui apporte son soutien autant aux sinistrés qu’aux pompiers durant un incendie, en leur fournissant des boissons (chaudes ou froides selon la saison) ou encore de la nourriture. Des véhicules lui appartenant, dont un autobus, se trouvaient par exemple sur les lieux du brasier qui a ravagé une maison rue De Verchères le 18 février dernier à Granby. Les sapeurs avaient alors pu aller s’y réchauffer et prendre un café.

Poste de commandement

Cette petite table, qui fait penser à une valise ouverte, est une alliée de poids pour le chef des opérations, qui va notamment s’en servir pour savoir si des renforts s’imposent.

Son autre utilité n’est pas des moindres puisque le PC permet de savoir où se trouve chaque sapeur sur le théâtre des opérations. Ces derniers sont matérialisés par des pions disposés sur une des parois de la « valise ». Cette localisation des effectifs revêt une importance capitale si une situation venait à se détériorer pour les pompiers combattant un feu.

Camion-échelle

Celui du Service des incendies de Granby a pour particularité d’être aussi doté d’une pompe. Mieux vaut ne pas avoir le vertige, car une fois arrivé en haut, on culmine à 100 pieds (une trentaine de mètres). D’autres casernes dans le secteur en possèdent un, plus précisément Waterloo, Bromont, Cowansville et Saint-Hyacinthe. De bon augure si un besoin d’aide se fait sentir!

Le camion-échelle granbyen avait coûté la somme rondelette de 900 000$ lors de son achat en 2011. « Si nous achetions un véhicule similaire aujourd’hui, il en coûterait plus de 1 500 000$ », souligne M. Dubé. D’où l’importance d’en prendre soin!

Camion-citerne

S’il y en a bien un qui a soif, c’est lui. La caserne de Granby en détient deux, qui peuvent emporter chacun 3 000 gallons d’eau (environ 11 350 litres). Il faut ajouter à cette force de frappe trois camions-pompe dotés d’une réserve d'environ 500 gallons (près de 1 900 litres). « C’est le débit dont on a besoin pour une attaque initiale sur un feu », précise Robert Dubé.

L’autobus de l’Unité de sauvetage Haute-Yamaska fait office d’agréable remontant pour les pompiers. En hiver par exemple, ils peuvent aller s’y réchauffer et boire un café.

Des piscines-réservoir peuvent aussi être déployées sur les lieux d’intervention. Elles sont d’une grande utilité dans des secteurs dépourvus de bornes-fontaines ou d’un réseau d’aqueduc. Les camions-citernes se chargent de les remplir.