Un cortège d’une vingtaine d’automobiles avec à leur bord des représentants de l’APTS venus de partout au Québec ont défilé dans les rues de Granby, vendredi avant-midi.
Un cortège d’une vingtaine d’automobiles avec à leur bord des représentants de l’APTS venus de partout au Québec ont défilé dans les rues de Granby, vendredi avant-midi.

«Le ministre Carmant n’entend toujours pas notre cri du coeur» [VIDÉO]

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Un cortège d’une vingtaine d’automobiles avec à leur bord des représentants de l’APTS venus de partout au Québec a défilé dans les rues de Granby, vendredi avant-midi, pour «se faire entendre du gouvernement et réclamer de meilleures conditions de travail».

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, plusieurs membres de L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) se sont réunis lors d’une «manifestation différente, mais au message clair qu’on est avec eux, qu’on se bat pour eux», a scandé le représentant national pour l’Estrie, Marc Richard.

L’importance de tenir une manifestation à Granby, à la lumière du drame de la fillette qui a secoué tout le Québec en 2019, a d’ailleurs été soulignée par Isabelle Mantha, présidente de l’exécutif local du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. «[C’est un drame] qui a été très éprouvant pour les équipes ici, qui vivent encore les séquelles de cet événement.»

«C’est important que le ministre Carmant comprenne qu’on n’est pas sorti du bois, qu’il reste du travail à faire, au niveau du salaire, de l’organisation et des outils pour les intervenants, qui ne sont pas tous équipés adéquatement pour faire leur travail», a-t-elle indiqué.

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«Besoin de bras»

La vingtaine de membres de l’APTS présents à la manifestation scandait à l’unisson tantôt «Carmant, entend», «Travailler à se rendre malade, c’est terminé» ou «So, so, solidarité», pancartes à la main, parfois accompagnés des klaxons des passants. Les manifestants ont terminé leur parcours en voiture devant le centre jeunesse de la Montérégie, où trois membres ont pris la parole afin de marteler leur message.

Présentement en négociation avec le gouvernement caquiste, l’APTS demande une diminution de la surcharge de travail des employés en centre jeunesse et réclame des conditions de travail plus attrayantes pour aider les travailleurs à prendre soin de la population québécoise, a résumé Emmanuel Breton, 3e vice-président de l’APTS nationale, assis lui-même à la table des négociations, qui perdurent depuis un an.

Un cortège d'une vingtaine de voitures a défilé dans les rues de Granby, vendredi.

M. Breton et l’APTS reprochent au gouvernement Legault de ne pas faire preuve d’ouverture, et de proposer des «solutions floues et non concrètes, comme d’augmenter les équivalents de temps complet» qui sont insuffisantes, à leurs yeux. «Quand, combien? On a besoin de bras maintenant, que ça bouge maintenant», a lancé M. Breton.

«On est avec eux, on se bat pour eux», a scandé le représentant national de l’APTS pour l’Estrie, Marc Richard.

Certes, l’Alliance salue la mise sur pied de la commission Laurent par le ministre Carmant, mais déplore que «ça ait pris trois drames pour le faire», a noté Nancy Poulin, représentante nationale de l’APTS pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«J’ai la mission de la protection de la jeunesse tatouée sur le coeur. Ça fait 17 ans que je vois les conditions se dégrader. Je partage les deuils que vous vivez. Le premier drame s’est passé dans ma région, au Saguenay, en 2016. Ça a pris le 3e drame de la fillette de Granby pour qu’ils commencent à écouter. Mais le ministre Carmant n’entend toujours pas notre cri du coeur. Il faut poser des gestes concrets et reconnaître le travail particulier que vous faites pour aider les enfants du Québec. Vous êtes l’urgence des services sociaux», a ajouté Mme Poulin.

Le bien-être des enfants

En amont de la manifestation à Granby, une trentaine de membres de l’APTS ont manifesté vendredi matin devant le bureau de Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux et député de La Prairie. Ils ont dénoncé le refus de la députation caquiste de rencontrer leurs porte-parole.

«Le gouvernement Legault dit vouloir rendre les PDG du réseau de la santé et des services sociaux responsables de la gestion de la deuxième vague de la COVID-19. Par contre, ce message ne semble pas avoir été reçu par sa députation, car nous essuyons des refus lorsque nous demandons à rencontrer les élus caquistes de notre région pour leur faire part des problèmes vécus dans le réseau», a déclaré Émilie Charbonneau, représentante nationale de l’APTS pour l’est de la Montérégie.

Emmanuel Breton a conclu en assurant que l’Alliance ne se «laissera pas marcher sur le dos, et se battra pour obtenir des conditions de travail décentes pour les travailleurs qui ont à coeur le bien-être des enfants».