C’est son désir de soutenir les jeunes et de contribuer à leur réussite qui a mené François Bonnardel à faire le saut une fois pour toutes en politique, en 2007.
C’est son désir de soutenir les jeunes et de contribuer à leur réussite qui a mené François Bonnardel à faire le saut une fois pour toutes en politique, en 2007.

Le ministre Bonnardel se raconte à des étudiants

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Même s’il est député de Granby depuis plus de 12 ans et ministre des Transports depuis plus d’un an, François Bonnardel n’a pas oublié son passé d’entrepreneur. Il a même partagé les leçons apprises de cette expérience de vie à près d’une soixantaine d’élèves du Collège Mont- Sacré-Coeur, jeudi matin.

L’élu rencontrait les deux groupes d’élèves de cinquième secondaire inscrits à l’option droit et entrepreneuriat de l’école privée pour les inciter à aller jusqu’au bout de leurs capacités. Car même s’il n’a pas réalisé son rêve de devenir pilote d’avion de chasse, François Bonnardel continue de croire que « the sky is the limit ».

Travaillant dans le milieu de l’automobile au début de la vingtaine, l’homme politique ayant grandi dans la région de Montréal avait choisi d’investir les 25 000 $ que lui avait offerts sa mère — la moitié de la prestation de décès de son frère, décédé en 1994 dans un accident de la route — dans l’achat de la franchise du commerce Vitro Plus de Granby.

« De 1995 à 2007, donc, j’ai été entrepreneur, raconte M. Bonnardel. C’était quelque chose de très valorisant et ces années ont été extrêmement importantes. Être entrepreneur teinte tout ce qu’on va faire pour le reste de notre vie. »

De la mécanique à la politique

Arrivé à la mi-trentaine, l’homme d’affaires est toutefois en quête d’un nouveau défi. « Je gagnais bien ma vie, mais je voulais quelque chose qui allait m’animer », indique-t-il.

M. Bonnardel admet avoir choisi l’avenue « la moins facile » en joignant les rangs de l’Action démocratique du Québec, aujourd’hui devenue la Coalition avenir Québec (CAQ). « Ça ne faisait pas la file à l’époque pour se présenter, reconnaît-il. Il fallait être un peu fou. » Les idées du chef d’alors, Mario Dumont, ont convaincu le Granbyen d’adoption de s’impliquer pour la cause.

À l’élection de 2007, l’ADQ devient l’opposition officielle du gouvernement minoritaire de l’Assemblée nationale, passant de 4 à 41 députés. « On était 41 chanceux, mais comme on était beaucoup de nouveaux, on a fait pas mal d’erreurs, raconte l’élu. Devenir l’opposition officielle a mis énormément de pression sur notre jeune formation. »

L’élection tenue l’année suivante a été difficile pour le parti. « Tout le monde savait qu’on allait à l’abattoir », ironise M. Bonnardel, qui a pour sa part survécu à l’hécatombe... par 70 voix.

« Je me suis juré que plus jamais ça n’arriverait, relate-t-il. J’ai décidé de travailler encore plus fort pour devenir le meilleur candidat pour représenter les gens de Shefford [ndlr : le nom de la circonscription de Granby jusqu’en 2011]. »

Une stratégie qui semble lui avoir souri, lui qui a toujours été réélu avec plus de la moitié des appuis depuis. Au fil des années, François Bonnardel a occupé les fonctions de leader parlementaire, de whip et de critique en matière de finances au sein de sa formation politique. L’élection de la CAQ au pouvoir, en octobre 2018, lui a ouvert les portes du ministère des Transports, le plus gros donneur d’ouvrage de la province, rappelle-t-il.

« Les projections sur gouvernement indiquent que sur dix ans, il y aura des dépenses d’environ 115 milliards $, calcule M. Bonnardel. Là-dessus, il y en a 43 qui iront dans les Transports. »

« Cet argent-là sort d’où ? », a demandé une des élèves.

« De ta poche ! De la poche de tes parents, des impôts de tout le monde », a répondu le député, qui a étonné bien des jeunes en leur faisant savoir que sur chaque dollar versé à l’État en impôt, environ 45 sous allaient au système de santé et 24 autres au système d’éducation.

« C’est beaucoup d’argent, a poursuivi l’élu. On ne peut pas gérer un gouvernement comme une entreprise ; les gens s’attendent à ce qu’on gère bien l’argent de leurs impôts. »

Pour les jeunes

Malgré la douzaine d’années passées depuis son arrivée à l’Assemblée politique, son désir de soutenir les jeunes et de contribuer à leur réussite, qui a mené François Bonnardel à faire le saut une fois pour toutes en politique, en 2007, est toujours bien présent.

« Il faut travailler fort et aller chercher un bon diplôme pour pouvoir tirer son épingle du jeu », a affirmé le père d’un jeune homme maintenant âgé de 25 ans.

Selon lui, il faut revoir le cursus académique pour y réintégrer des cours plus techniques susceptibles d’intéresser les garçons et les filles qui ne se reconnaissent pas dans l’offre actuelle de cours.

« L’école a le défi de mieux accompagner et de mieux comprendre [les jeunes], souligne le ministre. La plus grande richesse d’une société, ce sont eux. »

La rencontre de jeudi a également permis d’aborder le cheminement d’un projet de loi, de son élaboration dans un ministère jusqu’à son adoption par les parlementaires.