Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est d’avis que la situation qui prévaut en neurologie à Granby était prévisible.

Le ministre Barrette ouvert à l’ajout d’un neurologue

Les deux neurologues de Granby ne pourront pas compter sur l’aide d’un collègue supplémentaire cette année, a indiqué à La Voix de l’Est le ministre de la Santé. Se disant conscient du SOS lancé par les spécialistes, Gaétan Barrette ne ferme toutefois pas la porte à corriger le tir pour 2019.

Le cri d’alarme des neurologues avait rapidement trouvé un écho auprès du député de Granby, François Bonnardel. Ce dernier a récemment discuté du dossier avec Gaétan Barrette. « On ne prévoyait pas d’ajout d’effectifs en neurologie à Granby avant 2020. Le ministre de la Santé s’engage à revoir [la situation] en 2019, a-t-il indiqué. On gagnerait une année. »

La Voix de l’Est rapportait le 18 octobre que les deux neurologues de Granby, Jean-Pierre Claude et Guillaume Lafortune, sont débordés. Alors que la liste d’attente pour une consultation s’allonge, passant de 494 personnes à 917 en un an, les deux spécialistes qui portent à bout de bras ce service dans la région réclament de l’aide. Ils souhaitent notamment qu’un collègue puis une infirmière clinicienne leur prêtent main-forte. Idem pour une secrétaire qui les délesterait de tâches administratives. 

Or, selon le Plan d’effectifs médicaux (PEM), Québec ne prévoit pas ajouter de neurologue sur le territoire au cours des deux prochaines années.

Bémol

Appelé à commenter le dossier, le ministre de la Santé a tenu à « remettre les pendules à l’heure » au sujet de l’ajout ou non d’un neurologue à Granby. « Je n’ai pas annoncé que l’on allait faire une révision spécifique à la région », a-t-il tranché, faisant le parallèle avec sa discussion avec le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec. 

En fait, le PEM est un programme triennal. Une révision est toutefois faite chaque année. Or, le ministre de la Santé a indiqué qu’il est impossible d’attribuer de nouveaux spécialistes à travers le Québec pour l’année en cours.

 « Je ne peux pas revoir quelque chose qui a déjà été publié », a-t-il soutenu, précisant que la prochaine évaluation du PEM aura lieu à l’automne 2018. On connaîtra alors le nombre de finissants en médecine qui seront en poste à partir du 1er juillet 2019. 

Le ministre de la Santé a toutefois concédé que la liste d’attente en neurologie qui s’accroît à Granby « n’est pas une bonne nouvelle ». « Mais on fait la démonstration qu’il y a une clientèle suffisante, peut-être, pour ajouter un neurologue », a-t-il renchéri. En ce sens, il est d’avis que le contexte particulier à Granby fait en sorte que les délais pour avoir une consultation en neurologie s’allongent. « C’est tout à fait normal [ce qui arrive en ce moment à l’hôpital de Granby]. Il n’y avait pas de neurologie, et maintenant oui. [...] Quand deux spécialistes arrivent dans une région où il y a une demande qui n’était pas parfaitement évaluable, on n’a pas de données sur la demande spécifique. »

Le cri d’alarme des neurologues avait rapidement trouvé un écho auprès du député de Granby, François Bonnardel.

En suspens

En ce qui concerne l’ajout d’une infirmière clinicienne et d’une secrétaire pour épauler les deux neurologues granbyens, M. Barrette a indiqué ne pas vouloir s’immiscer dans cette partie du dossier qui, dit-il, découle du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie. « C’est une décision locale. Je n’ai pas à intervenir là-dedans. »

De son côté, François Bonnardel affirme avoir discuté de l’affaire avec le Dr Stéphane Tremblay, responsable des programmes de santé physique généraux et spécialisés au CIUSSS de l’Estrie. Aucun engagement n’a découlé de cet entretien, déplore le député de Granby. « C’est ridicule de voir deux neurologues qui ont des charges de travail trop importantes pour faire leur travail. Je ne pense pas qu’on est à une secrétaire près pour réduire une liste d’attente qui approche 1000 personnes, a-t-il clamé. C’est inconcevable. »

Questionné par La Voix de l’Est au sujet de la demande d’aide des spécialistes, le CIUSSS de l’Estrie est demeuré évasif. « On reconnaît le bien-fondé des demandes des neurologues, a fait valoir Annie-Andrée Émond, responsable des communications de l’organisation. [...] Il y a une rareté de main-d’œuvre. Comme les neurologues ne sont pas les seuls dans cette situation, on ne peut pas traiter [le dossier] de façon isolée. Il faut vraiment regarder l’ensemble des problèmes de soutien et répartir les ressources au bon endroit. »