Ce n’est pas sans fierté que Jo-Annie Côté, propriétaire du traiteur Le Marmiton, est devenue la toute première à obtenir le sceau carboneutre décerné par LCL Environnement.

Le Marmiton, première entreprise granbyenne «carboneutre»

Le traiteur Le Marmiton vient tout juste d’obtenir la certification « Carboneutre », devenant du même coup la toute première entreprise de Granby à compenser ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en vertu du protocole développé par la firme granbyenne LCL Environnement.

C’est cependant la Chambre de commerce Haute-Yamaska qui a lancé le bal en 2018, en dotant son gala annuel de l’étiquette carboneutre. Ce faisant, il s’agissait du premier événement du genre à obtenir cette certification. Vingt-six arbres avaient été ainsi plantés dans le nord de la province.

C’est lors de cette soirée que Jo-Annie Côté, propriétaire du Marmiton, a pris connaissance du soutien de LCL Environnement, qu’elle a ensuite sollicité pour sa propre entreprise.

« On roule déjà avec une voiture électrique comme véhicule principal, mais parfois, on n’a pas le choix d’utiliser la [fourgonnette], explique l’entrepreneure. On faisait déjà des efforts, mais je voulais pousser ça encore plus loin ».

L’analyse a permis de déterminer que Le Marmiton a émis 7383 kilogrammes de dioxyde de carbone au cours de l’année 2017-2018. Un total de 53 arbres ont donc été plantés pour compenser l’émission de gaz carbonique créé par les activités du traiteur.

« On m’a dit que ce n’était pas tant que ça ! » lance Mme Côté.

Ce n’est pas sans fierté que la femme d’affaires est devenue la toute première à obtenir le sceau carboneutre. « C’était quand même dispendieux pour faire faire l’étude, et j’ai payé mes arbres, mais je suis fière d’avoir investi pour le bien de la planète », confie-t-elle.

À peine avait-elle partagé la bonne nouvelle sur les réseaux sociaux que ceux-ci se sont enflammés de commentaires positifs à l’endroit de son entreprise, en plus de voir sa publication relayée à de nombreuses reprises. « En fait, il s’agit de mes publications les plus populaires ! indique Jo-Annie Côté. Les gens sont contents ; ça vient les chercher quand on pose des gestes concrets pour l’environnement. »

Mme Côté ne s’arrêtera pas là. Déjà, elle regarde d’autres options pour diminuer l’impact de ses activités sur l’environnement.

Sensibilisation

La carboneutralité consiste à compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) produit par l’activité humaine par des initiatives vertes qui en annuleront l’empreinte écologique. « Nous, on a identifié les gaz à effet de serre comme angle d’attaque. Pour nous, c’est là-dessus qu’on se concentre pour lutter contre les changements climatiques », explique Samuel Trépanier, président de LCL Environnement.

Actuellement, les entreprises de grande envergure, qui émettent plus de 25 000 tonnes de gaz à effet de serre par année, sont obligées d’appliquer des mesures compensatoires. C’est donc aux entreprises plus petites, mais désireuses d’améliorer leur empreinte écologique, que s’adresse LCL environnement. Les événements, comme le gala de la chambre de commerce, sont aussi dans la mire de l’entreprise de Granby.

Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, la firme a commencé par revoir ses propres pratiques, notamment en utilisant des véhicules électriques. « Les véhicules sont des gros émetteurs de GES. Si tout le monde passait à un véhicule électrique en même temps, on atteindrait la cible de diminuer de 37 % le volume de gaz émis en 1990 », illustre M. Trépanier. L’entreprise exécute également, depuis 2015, un bilan carbone annuel et s’est dotée d’une politique de développement durable interne.

L’objectif avoué de cette démarche est de sensibiliser les entrepreneurs à améliorer leurs pratiques. « On ne veut pas être moralisateurs, précise le président, également hydrogéologue. On ne juge pas les entreprises, on souhaite que le désir de s’améliorer vienne d’elles-mêmes. »

L'objectif avoué de la certification carboneutre de LCL Environnement est de sensibiliser les entrepreneurs à améliorer leurs pratiques, indiquent Luc Baillargeon Nadeau et Samuel Trépanier, chargé de projet et président de l'entreprise.

Reboiser le Nord

Le programme de certification développé par LCL Environnement s’étale sur plusieurs jours ou quelques semaines, selon la taille et la nature de l’entreprise. La firme identifie d’abord, en compagnie de l’entreprise, les activités responsables de l’émission de GES, après quoi elle détermine quelle quantité de ces gaz est rejetée dans l’atmosphère. « On parle d’utilisation d’un véhicule, mais aussi du type de chauffage, de climatisation, d’électricité, du choix de certains matériaux », énumère M. Trépanier.

La compensation usuelle des GES consiste à planter un nombre d’arbres qui capteront, par photosynthèse, une quantité de gaz équivalant à celle émise par l’entreprise.

Les plantations actuelles s’effectuent dans le nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean via Carbone Boréal, un programme doublé d’un projet de recherche géré par l’UQAC.

Jusqu’à présent, environ 200 arbres ont été plantés, dans le cadre de cinq à dix mandats. On vise à planter 1000 arbres d’ici la fin de cette année.

De plus, LCL Environnement aimerait, éventuellement, pouvoir planter ses arbres dans un pays en développement afin d’ajouter un volet social à sa mission.

Il existe d’autres méthodes pour compenser l’émission de gaz carbonique, explique-t-on. Cela peut se faire par le remplacement de combustibles fossiles par de l’énergie renouvelable. LCL Environnement a toutefois opté pour la plantation d’arbres pour son coût moins élevé et pour ses nombreux avantages, tels que l’augmentation de la biodiversité et la rétention de carbone par photosynthèse.

« C’est pas mal juste la plantation d’arbres qui permet de capter le carbone », explique Luc Baillargeon Nadeau, géologue chargé de projet et responsable du développement durable chez LCL Environnement. Celui-ci précise qu’un seul arbre séquestre environ l’équivalent de 120 kilogrammes de CO2.

À long terme

Un rapport comprenant diverses recommandations est également remis à l’entreprise afin que celle-ci puisse apporter des changements dans ses pratiques ou remplacer certains équipements pour produire moins de GES. Un suivi annuel peut ensuite être effectué pour s’assurer que l’empreinte écologique de la compagnie diminue constamment.

« Parfois, ça représente des investissements importants, mais à long terme, les entreprises vont réduire leurs dépenses et leur dépendance aux hydrocarbures », rappelle M. Baillargeon Nadeau.

Il sera possible d’en apprendre davantage sur la certification carboneutre lors du lancement formel du service d’accompagnement prodigué par LCL Environnement, à la mi-mars.