La construction de la structure de bois du marché public au centre-ville de Granby ira de l’avant quand les chantiers pourront reprendre.
La construction de la structure de bois du marché public au centre-ville de Granby ira de l’avant quand les chantiers pourront reprendre.

Le marché public ira de l’avant, le réaménagement du centre-ville à Granby attendra

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
La Ville de Granby a commencé à statuer sur les projets qui étaient à l’agenda de 2020. Si la construction du marché public ira de l’avant, la première phase du réaménagement du centre-ville de Granby est toutefois reportée d’un année, en raison de la COVID-19.

«Ça illustre où est notre organisation dans cette pandémie-là. On veut protéger l’entité de la municipalité et ne pas se lancer dans des projets qui pourraient engendrer des coûts importants. On se rappelle que le centre-ville [les travaux] allait engendrer un emprunt de cinq millions $. Mais le conseil n’est pas là du tout. Je pense que la population va nous appuyer là-dedans», a déclaré le maire de Granby, Pascal Bonin, aux médias lundi soir au terme de la dernière séance du conseil municipal, réalisée par visioconférence. 

Ce dernier fait valoir que la Ville souhaite conserver un «maximum de puissance financière pour régler des problèmes», si la crise devait se prolonger. 

Techniquement, «la fenêtre» pour réaliser les travaux était par ailleurs «très courte», souligne Pascal Bonin. 

En préparation depuis quelques années, le projet de réaménagement du centre-ville est appelé à se déployer en trois phases. Le calendrier des travaux avait été échelonné entre les mois d’août et de novembre, en 2020, 2021 et 2022. Dans les circonstances, ils devraient ainsi se dérouler en 2021, 2022 et 2023.

Le sommaire décisionnel, remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie, relève en outre que «plusieurs étapes importantes devaient être lancées à court terme, dont l’appel d’offres aux entrepreneurs pour le contrat de construction, ainsi que des activités avec les commerçants». «À ce stade, il s’avère difficile de planifier celles-ci», est-il relevé. 

Les impacts importants de la crise de la COVID-19 pour les commerçants, dont ceux du centre-ville, ont aussi incité les élus à opter pour un report des travaux. 

Ce chantier vise d’abord et avant tout à renouveler les infrastructures souterraines, mais l’occasion a été saisie pour revoir l’image du centre-ville. En plus de nouveaux aménagements, une piste cyclable doit être ajoutée rue Principale, entre l’église St-Georges et la rue Saint-Hubert. Les coûts totaux estimés du projet oscillent entre 20 et 25 millions $.

Feu vert au marché public

En contrepartie, la construction de la structure de bois du marché public, prévue place Johnson, pourra aller de l’avant. «Il ne faut pas tout annuler non plus, ça serait une erreur monumentale de tout annuler», estime le maire. 

Selon lui, le projet du marché public fait l’unanimité. «On parle du panier bleu, de l’achat local, d’agriculture. C’est exactement ça. Il faut préparer le futur absolument. C’est un outil qui rassemble tout ça (...) On sait que le marché public à Granby est un moteur important. C’est un marché public qui connaît beaucoup de succès», fait valoir Pascal Bonin. 

Le directeur général de la Ville, Michel Pinault, souligne que le contrat avait déjà été octroyé en février dernier à Drumco Construction de Drummondville, au coût de 1,3 million $. L’ajout de murs de toiles amovibles et d’un éclairage au sol ont fait grimper la facture, alors que le budget initial avait été fixé à 1 million $.

«Dès la reprise des chantiers, on sera en mesure de poursuivre le projet avec l’entrepreneur», souligne M. Pinault. 

Celui-ci précise par ailleurs que la Ville a obtenu la confirmation qu’elle a droit à une subvention de 200 000 $, accordée par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, dans le cadre du «Programme de vitrine technologique pour les bâtiments et les solutions innovantes en bois», pour la réalisation de ce projet.  

Ce dernier a aussi obtenu une aide financière de 50 000 $ du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR), ajoute le DG. 

«Avec ces subventions, on est pas mal proche de notre million $ [budget] du départ», calcule Pascal Bonin. 

Le projet a connu différentes moutures au fil du temps, mais la construction d’une nouvelle structure en bois, construite à l’instar d’un dôme, a été privilégiée. L’endroit devrait être utilisé tout au long de l’année. Un usage municipal y est envisagé, en dehors des périodes de marché public. 

Centre aquatique

Les travaux de construction du centre aquatique Desjardins sont par ailleurs interrompus afin de respecter le décret gouvernemental. Mais le projet reprendra dès que le feu vert sera donné, précise l’administration municipale. 

Le maire Bonin affirme que le comité des finances, ainsi que le conseil municipal, ont entrepris l’analyse des projets qui étaient inscrits au programme triennal d’immobilisations 2020.

«Il y a d’autres projets qu’on risque d’abandonner et d’autres qu’on va poursuivre. Mais au niveau des infrastructures, ça ne change rien. Les besoins sont là pareil. On peut rassurer les gens. Je serais surpris que le conseil enlève des [projets de travaux pour la réfection de] routes. Mais ça reste à analyser», conclut-il.