Anne Marie Comparot
Anne Marie Comparot
C’est plus de 180 marchés qui s’offrent à nous avec leurs particularités régionales.
C’est plus de 180 marchés qui s’offrent à nous avec leurs particularités régionales.

Le marché, c’est sacré !

CHRONIQUE / Tout le monde a ses endroits préférés : on s’y sent bien, apaisé ou stimulé… Moi, ce sont les marchés publics qui me font vibrer. Lieux d’échanges privilégiés où l’on trouve des produits locaux de qualité, les marchés publics sont en pleine expansion au Québec.

C’est plus de 180 marchés qui s’offrent à nous avec leurs particularités régionales. Le marché est avant tout un lieu de contacts humains et comme d’autres allaient à la messe, moi je vais au marché pour être avec ma communauté. C’est pour moi essentiel de connaître les producteurs qui sont derrière mon osso buco ou ma tarte aux pommes. Je me sens alors loin des allées impersonnelles des grandes épiceries.

Au petit matin, tous les samedis de juin à octobre, maraîchers, fromagers, éleveurs et artisans s’activent pour nous offrir les fruits de leur labeur. Le marché c’est beaucoup plus qu’un étal d’aliments à vendre. Aller au marché, c’est vivre une réelle expérience sensorielle dans une ambiance unique : partout des couleurs, des odeurs et puis on peut souvent goûter et découvrir de nouvelles saveurs. Avant la COVID, un peu comme Amélie Poulain, j’aimais toucher les différentes textures des fruits et légumes.

Au marché de mon village, samedi dernier, j’ai discuté avec une productrice de savons artisanaux. Elle me disait que les marchés lui font du bien, à elle aussi, et qu’ils lui redonnent la dose d’énergie dont elle a besoin pour continuer à vivre de sa passion. Son énergie, elle la prend de ses clients qui aiment et achètent ses produits, mais aussi du partage avec les autres commerçants du marché.

Choisir d’acheter des aliments au marché public est un acte citoyen environnemental et écoresponsable. C’est aussi payer le juste prix des aliments. D’ailleurs, le prix des aliments ne cesse d’augmenter au Québec. Mais prenez le prix des tomates, légumes convoités des consommateurs par excellence : il n’y a pas de grande différence entre les prix affichés par les grands distributeurs et ceux des producteurs locaux des marchés publics.

Aller au marché, c’est faire un pied de nez aux mégas industries agroalimentaires de ce monde et voter pour une agriculture saine et à échelle humaine. Plusieurs études démontrent d’ailleurs que l’implantation d’un Walmart dans une ville a pour conséquence directe la fermeture de petits commerces locaux.

Profitez des derniers marchés publics avant l’Action de grâce, alors que les producteurs prendront une pause bien méritée. Soyez à l’affût des marchés de Noël, synonymes de fêtes et de partages. D’ici là, je chercherai des moyens pour éviter les allées aseptisées et standardisées des grandes épiceries.

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Mes coups de cœur : les marchés de Racine et de Frelighsburg. À venir en 2021, le nouveau marché public de Bromont.

Conseils et trucs pour mettre plus d’aliments locaux dans votre assiette : le défi 100 % local au www.defijemangelocal.ca