Deux Madelinots ont acheté le manoir Maplewood pour le transformer en auberge comptant dix chambres. La demeure, construite en 1864, a servi de couvent pendant de nombreuses années.
Deux Madelinots ont acheté le manoir Maplewood pour le transformer en auberge comptant dix chambres. La demeure, construite en 1864, a servi de couvent pendant de nombreuses années.

Le manoir Maplewood de Waterloo deviendra une auberge

Michel Laliberté
Michel Laliberté
La Voix de l'Est
L'avenir du manoir Maplewood semble assuré. La demeure patrimoniale de la rue Clark à Waterloo sera transformée en auberge touristique comptant dix chambres.
C'est le défi que se sont lancé les nouveaux propriétaires du manoir, Valérie Arseneau et Martin Bouchard. Les deux Madelinots ont eu un coup de foudre en visitant la vénérable propriété de 40 pièces construite en 1864. «On est tombés sous le charme de la maison», a dit Mme Arseneau. «Elle a une histoire, un poids sentimental.»
Le couple cherchait depuis quelque temps déjà une maison où aménager une auberge. Ils sont passés par la région de Québec, l'Estrie et sont aussi allés voir à Sutton. Les maisons visitées n'ont pas retenu leur attention. Puis ils ont entendu parler du manoir Maplewood. Ils ont suivi de près le débat sur l'avenir de la maison en écoutant, par le truchement d'internet, les assemblées du conseil municipal et en lisant les reportages en ligne des journaux.
Ils ont demandé à une amie courtière immobilière à Bromont d'aller en éclaireuse. Son rapport a été concluant. «On a acheté des billets d'avion et on est venus la voir (la maison). C'est vraiment ce qu'on cherchait», a dit Mme Arseneau, jointe hier après-midi à Havre-Aubert aux Îles-de-la-Madeleine.
Le tandem Arseneau-Martin oeuvre déjà dans le milieu touristique. Il exploite un magasin général et un restaurant.
Outre la location de chambres avec repas, le plan d'affaires du couple prévoit également une offre de week-ends thématiques. Des ateliers de cuisine et de sommellerie, a expliqué Mme Arseneau, seront organisés.
Mais avant d'accueillir les visiteurs, les deux nouveaux Waterlois ont beaucoup de pain sur la planche. Des travaux majeurs de restauration devront être exécutés, signale Mme Arseneau. Quelques centaines de milliers de dollars devront être investis, reconnaît-elle, pour redonner au manoir son lustre d'antan.
Le passe-temps de M. Bouchard, l'ébénisterie, risque de devenir son emploi à temps plein pour plusieurs mois. Mme Arseneau a par ailleurs l'intention d'approcher les écoles de métier pour inviter leurs étudiants à venir acquérir de l'expérience en participant à la restauration du manoir.
Les nouveaux propriétaires arriveront en septembre, après la saison touristique aux Îles. Ils se donnent deux ans pour retaper l'ancien couvent. Ils tenteront aussi de vendre leurs deux commerces aux Îles-de-la-Madeleine pour se concentrer sur leur nouveau projet.
«Jeunes gens dynamiques»
La vente du manoir enchante le maire Pascal Russell. «Je suis très heureux qu'ils aient accepté de relever un tel défi. Ce sont de jeunes gens dynamiques», a-t-il dit.
M. Russell est d'autant plus heureux que leur projet redonnera vie à un joyau. «C'est une maison importante pour la communauté. Elle est la pierre angulaire du réseau des maisons patrimoniales à Waterloo. Ils vont lui redonner ses lettres de noblesse.»
La Ville de Waterloo avait entrepris des démarches l'automne dernier pour acquérir le manoir. Un règlement d'emprunt prévoyant l'achat et la rénovation extérieure de la propriété - estimée à 1,8 million de dollars par une firme d'architecte - avait été adopté. Plusieurs citoyens avaient manifesté leur opposition au projet, l'estimant trop onéreux compte tenu des rénovations nécessaires. Ils comptaient signer le registre pour exiger la tenue d'un référendum sur la question.
Les citoyens n'ont pas pu se prononcer. Le conseil municipal a retiré son règlement d'emprunt en raison de l'échéancier exigé par le propriétaire, Charles Guévin, pour conclure une transaction. La Ville ne pouvait légalement respecter ce délai.
Lors des pourparlers entre la Ville et le propriétaire, le montant de la vente discuté était de 500 000 $.
C'est l'ancien maire de Waterloo, et accessoirement député, sénateur et homme d'affaires, Asa Belknap Foster qui a fait construire la maison. Une vingtaine d'années plus tard, elle a été transformée en couvent de jeunes filles par les Soeurs des Très-Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. L'endroit a gardé sa vocation de maison d'enseignement pendant 100 ans, jusqu'en 1982. Le manoir a alors connu plusieurs propriétaires.