Le maire de Saint-Armand, Réal Pelletier, est mort jeudi à l'âge de 52 ans.

Le maire Pelletier est décédé

La municipalité de Saint-Armand n'a plus de maire. Réal Pelletier, en poste depuis 2003, est mort subitement jeudi. Il avait 52 ans.
La nouvelle a fortement ébranlé toute la petite communauté. Daniel Boucher était encore sous le choc vendredi après-midi. « On a vraiment été renversé en l'apprenant », a indiqué le conseiller du siège numéro 1. « Il avait le bien-être des citoyens à coeur, était proche d'eux. Il a vraiment été un très bon maire. »Marielle Cartier parle « d'un homme de coeur », qui a toujours donné le meilleur de lui-même pour ses citoyens. « Il était fier de sa municipalité. Il l'avait tellement à coeur. Il partait des assemblées de la MRC à 23 h et puis s'en allait travailler à 3 h du matin », raconte la conseillère du siège numéro 3 en entrevue.
Élue au début de l'année 1997, Mme Cartier a côtoyé M. Pelletier durant toute sa carrière politique. Elle l'a vu prendre de l'expérience durant sept ans comme conseiller avant qu'il soit élu à la mairie. En plus de sa vaillance, la conseillère conservera le souvenir de quelqu'un qui aimait taquiner. « Il était très drôle et aimait rire. Il en lâchait des pas mal bonnes. »
M. Pelletier s'est démarqué sur plusieurs fronts, a souligné le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis. « Réal, c'était un précieux collaborateur. Il faisait le lien entre des groupes environnementaux des États-Unis et du Québec. On l'a vu avec le lac Champlain, pour lequel il a travaillé afin d'améliorer la qualité de l'eau. »
L'homme avait le sens de l'initiative, se rappelle M. Paradis. « En 2011, avant les inondations, il a fait venir plein de camions de pierres et de sable. Il a mis tout le monde au travail avec les pompiers pour dresser des murs dans le secteur Philipsburg. Le coin n'a pas été inondé. S'il avait attendu d'avoir le OK des autorités, tout le monde aurait été inondé. Il osait aller de l'avant », a dit le résidant de Saint-Armand.
M. Paradis se souvient de la rencontre entre M. Pelletier et le chef du Parti libéral de l'époque, Michael Ignatieff, à l'hôtel de ville de la municipalité. « Les deux parlaient de leurs bottes de cow-boy en les comparant. C'était très drôle. Je garde de bons souvenirs de lui. »
La région de Brome-Missisquoi perd un de ses grands promoteurs, selon Robert Desmarais, directeur général de la MRC. Le défunt dégageait un caractère jovial, dit-il. « Réal travaillait très fort pour sa municipalité, mais aussi pour toute la région. Il avait une vision dynamique et positive et savait la communiquer. C'était très agréable de travailler avec lui. »
Un homme authentique
Arthur Fauteux, maire de Cowansville et préfet de la MRC, parle également d'une grande perte. « Il était droit comme un chêne, authentique, avec un jugement précis sur les enjeux. Il savait ce qu'il avait à faire et il le faisait. Il travaillait tout le temps pour que sa municipalité soit belle, qu'elle soit culturelle. Il était vraiment dévoué. »
Il ne faut pas juger un individu sur la base de ses diplômes, soutient M. Fauteux en parlant de M. Pelletier. Le maire de Saint-Armand n'a pas fait de longues études, a-t-il dit, mais ses connaissances étaient étonnantes. « Il s'informait, fouillait, posait des questions, passait des coups de téléphone. Il était autodidacte. Quand il parlait d'un dossier, on voyait qu'il savait de quoi il en retournait. On l'a vu avec le dossier d'internet haute vitesse. »
Le style du maire était assuré, confie M. Fauteux. « Il avait une approche directe, mais pratique. Le nombre de fois qu'il nous a convaincu avec son gros bon sens, on ne peut les compter. Il va nous manquer, c'est certain. »
Les détails des funérailles seront communiqués dans les prochains jours.