Le maire Pascal Bonin dit avoir fait amende honorable auprès de ses collègues à la table du conseil sur certains propos qu’il a tenus lors d’un passage éclair à une séance du conseil le mois dernier.

Le maire Pascal Bonin fait son mea-culpa

Les membres du conseil municipal de Granby sont prêts à tourner la page, à la suite des critiques acerbes formulées par le maire Pascal Bonin lors de sa présence éclair à une séance du conseil le mois dernier.

De retour au travail après avoir surmonté une dépression majeure qui l’a tenu à l’écart de l’hôtel de ville durant quatre mois, le maire a rencontré l’ensemble des élus lundi soir à l’occasion de la séance préparatoire qui s’est déroulée à huis clos. Et il reconnaît avoir fait amende honorable.

« Il y a eu un coup de gueule de ma part qui a été effectué le 3 février. C’était une mise au point musclée. Je suis désolé d’avoir heurté M. [Robert] Riel [NDLR : maire suppléant] et sa famille. M. [Robert] Vincent est aussi impliqué là-dedans », a déclaré M. Bonin au lendemain de la rencontre.

« Profondément blessés », Robert Riel et sept autres élus avaient fait une sortie publique dans la foulée des déclarations de Pascal Bonin en février dernier pour dénoncer ses propos.

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« Depuis 2017, il y a beaucoup trop de maires à la table du conseil, pas assez de conseillers. Dès mon retour, il n’y aura plus qu’un maire », avait notamment laissé tomber M. Bonin.

Ce dernier avait aussi invité les élus, de même que les salariés de la municipalité, à se rappeler qu’ils sont « au service du citoyen, et non celui de la Ville ou le vôtre ou celui de l’administration ».

Ces derniers propos en particulier ont pu heurter des élus, reconnaît maintenant le maire. « Je m’excuse si ça les a blessés. Ce n’est pas ma personnalité de blesser les gens. Ceci dit, il y a des choses que j’ai dites et que je maintiens », dit-il sans vouloir élaborer davantage.

Torts

Pascal Bonin précise aussi avoir fait ces déclarations avec la « photo » qu’il avait des événements à l’époque. Il reconnaît qu’il n’aurait pas tenu les mêmes propos s’il avait eu l’ensemble des informations.

« C’est le propre de cette maladie-là; on s’isole. Mais j’ai l’intention de tourner la page. C’est ce que j’ai demandé au conseil hier. Toutes les personnes qui avaient quelque chose à me dire l’ont fait. C’est tout à leur honneur. J’ai bien accueilli ça et, honnêtement, j’ai trouvé ça très positif. J’ai accepté mes torts et je vais le dire en public à la prochaine séance du conseil », dit le maire.

Selon lui, le maire suppléant a été « mis dans une situation très difficile à brûle-pourpoint ».

«Profondément blessés», Robert Riel et sept autres élus avaient fait une sortie publique dans la foulée des déclarations de Pascal Bonin en février dernier pour dénoncer ses propos.

Pascal Bonin estime par ailleurs qu’avec cette rencontre à « coeur ouvert », les élus se sont donné un « deuxième souffle ». « Ça nous a forcés à se resserrer, à être vrais », dit-il.

Le maire tient aussi à se faire rassurant sur ses capacités à reprendre le travail. Il affirme ne pas avoir « perdu le fil des dossiers ». Son esprit fonctionne aussi à « 100 miles à l’heure ».

Dossier clos 

Joints mardi, les conseillers Robert Riel et Robert Vincent ont confirmé avoir tourné la page. « Le dossier est clos. On passe à autre chose. Ça ne sert à rien de revenir là-dessus », a laissé tomber M. Riel. « Il [NDLR : Pascal Bonin] s’est expliqué de façon honorable », a renchéri M. Vincent.

« On lui souhaite bon retour. C’est important de démystifier la maladie mentale. Mais comme avant, on va continuer à travailler pour les citoyens, dans une bonne ambiance », a dit Julie Bourdon. Selon elle, une meilleure communication aurait néanmoins permis d’éviter les événements du mois dernier qui avaient jeté un froid sur les élus.

« Il fallait se parler. Et j’en suis heureux, affirme Jean-Luc Nappert. Je lui [NDLR : à Pascal Bonin] souhaite bonne chance. On ne guérit pas d’une dépression comme d’un rhume. J’ai hâte de voir la suite des choses. Je vais continuer à travailler pour les citoyens et la Ville, avec mes convictions et mes opinions. »

« Je suis contente qu’il revienne en poste. Je l’ai trouvé très courageux de mettre carte sur table. Ce n’est quand même pas facile à dire. Mais je l’ai trouvé très ouvert et avec une belle volonté de continuer le travail amorcé. Une grande planification stratégique a été faite. Et on est là pour travailler et faire avancer le bateau dans la bonne direction », dit pour sa part Catherine Baudin.

« C’est du passé. On va penser à l’avenir. Mais c’est bon qu’il soit revenu. C’est un leader », ajoute Alain Lacasse.

Jocelyn Dupuis salue l’ouverture de Pascal Bonin sur la dépression qu’il a surmontée. Il croit en outre que la rencontre à laquelle ont assisté les élus lundi soir a été « bénéfique » pour tous. Elle devrait permettre d’assurer une « belle fin de mandat ». Les citoyens devraient aussi profiter de cette harmonie retrouvée.

« Je pense que Pascal a fait les choses dans le bon ordre. Et c’est toujours mieux d’avoir une équipe complète qui pousse dans la même direction. Tout le monde est de bonne foi », dit Stéphane Giard.

« Je n’ai rien à rajouter. Je suis très heureuse qu’il soit de retour », commente Denyse Tremblay.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires d’Éric Duchesneau.