On voit ici le maire de Bromont, Louis Villeneuve, aux côtés du consul général des États-Unis à Montréal, Robert W. Thomas.

Le maire de Bromont rencontre le consul américain

À quelques jours de la date butoir fixée par l’administration Trump pour conclure avec le Canada une entente sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), les tensions entre les deux pays demeurent vives. Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a donc rencontré mercredi le consul général des États-Unis, Robert W. Thomas, afin d’avoir un portrait de la situation, notamment sur le plan économique.

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, fut l’initiateur de cette rencontre, à laquelle il a convié plusieurs de ses confrères. Une occasion en or que le maire de Bromont a saisie afin de discuter de dossiers chauds avec le consul américain. « Comme je suis le président de la SODEB (société de développement économique de Bromont), je suis très préoccupé par l’ALÉNA. On a beaucoup d’entreprises dans notre parc scientifique. Les affaires vont très bien. Mais parfois, on sent des réticences chez certaines compagnies à faire un pas en avant pour venir s’établir chez nous parce qu’on ne sait pas ce qui va arriver avec l’entente. »

Rappelons que l’administration Trump a conclu une entente avec le Mexique il y a près d’un mois. Le Canada a jusqu’au 1er octobre pour faire de même avec les deux alliés membres de l’ALÉNA. Louis Villeneuve a par ailleurs qualifié de « très rafraîchissante » sa discussion avec le représentant des États-Unis au sujet de cet épineux dossier. « M. Thomas a servi sous la présidence de Bush (fils), d’Obama et maintenant de Trump. Il s’est dit très confiant pour l’ALENA. Il a concédé que ça brasse en ce moment, mais que ce qui ressort au grand jour est loin de représenter l’ensemble du dossier. La relation entre le Canada et les États-Unis demeure très spéciale. Selon lui, on a trop de choses en commun pour couper les ponts », a relaté le maire de Bromont.

Selon ce dernier, le consul a évoqué lors de leur entretien qu’un des défis consiste à conscientiser les dirigeants de villes américaines, principalement éloignées des frontières avec le Canada, à propos de l’importance des relations d’affaires entre les deux pays.

Frontière et cannabis
Selon Louis Villeneuve, la légalisation prochaine du cannabis au Québec soulève certaines inquiétudes chez Robert W. Thomas, notamment en ce qui concerne la question de traverser la frontière avec de telles substances. « Les lois de nos deux pays sont ainsi faites que tu ne peux pas amener de pot aux États-Unis et vice-versa au Canada. Il va falloir faire beaucoup de sensibilisation pour éviter des arrestations liées à de la pure méconnaissance des deux côtés. »

Louis Villeneuve a également souligné au consul l’accueil plutôt froid de certains douaniers américains à l’égard de voyageurs de la région. « Personnellement, je suis allé quelques fois aux États-Unis depuis que Trump est au pouvoir et on ne se sent pas toujours le bienvenu, a-t-il mentionné en entrevue. Ça peut devenir un irritant. »

M. W. Thomas a fait preuve d’ouverture à ce sujet et compte entamer des démarches pour corriger le tir, a fait valoir le maire de Bromont. « M. Thomas m’a dit qu’il va retourner voir les équipes près des frontières pour leur parler de ce problème, qu’il a lui-même constaté. Pas question de tolérer des situations comme ça. »