«On est rendus tellement désespérés d’avoir un centre que s’ils veulent le chalet des patineurs, on va s’organiser avec les patineurs. Ce qui est le plus important, c’est la santé des gens», lance Pascal Bonin.
«On est rendus tellement désespérés d’avoir un centre que s’ils veulent le chalet des patineurs, on va s’organiser avec les patineurs. Ce qui est le plus important, c’est la santé des gens», lance Pascal Bonin.

Le maire Bonin encore insatisfait du CIUSSS de l'Estrie

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a annoncé vendredi une bonification des plages horaires des services de dépistage de la COVID-19 à Granby. Mais cela demeure bien insuffisant aux yeux du maire de Granby, Pascal Bonin. Il continue à réclamer un centre de dépistage «permanent» et ne cache pas son inquiétude face à l’augmentation du nombre de cas.

Le point de service situé au pavillon Roger-Bédard, au parc Daniel-Johnson, accueillera désormais les « personnes répondant aux critères de dépistage » les mardis, mercredis, jeudis et vendredis, de 9h30 à 14h. Mais il est encore nécessaire d’avoir un rendez-vous pour s’y présenter. Il est demandé d’appeler la veille pour obtenir un rendez-vous pour le lendemain.

« Pourquoi on est tout seuls comme ça? C’est décevant », a laissé tomber Pascal Bonin avec dépit, lorsqu’informé du nouvel horaire du point de service de dépistage.

« Ce n’est pas compliqué ce qu’on demande, dit-il. Une clinique permanente, c’est ce que tout le monde a au Québec dans une MRC de 100 000 habitants. Tout le monde, sauf nous. »

Après avoir évoqué le début du mois d’octobre pour l’ouverture d’un point de service à Granby, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a dit, il y a deux semaines, viser plutôt la fin du mois.

Un service de dépistage sur rendez-vous a depuis été mis sur pied, avec, selon le maire, « un horaire variable difficile à suivre pour la population ».

En dehors des périodes d’ouverture, les citoyens doivent aller à Bromont, où un centre de dépistage y est ouvert tous les jours, de 11h à 19h, sans rendez-vous.

« Quand on est dans une guerre et que l’ennemi est une pandémie et la COVID, est-ce que c’est vraiment nécessaire d’aller au bout du délai pour avoir une clinique permanente ?» s’interroge-t-il.

Le point de service situé au pavillon Roger-Bédard, au parc Daniel-Johnson, accueillera désormais les citoyens les mardis, mercredis, jeudis et vendredis, de 9h30 à 14h. Mais il est encore nécessaire d’avoir un rendez-vous pour s’y présenter.

Pas le seul

Pascal Bonin n’est pas le seul à réclamer ce service au CIUSSS de l’Estrie. Le comité des usagers de la Haute-Yamaska a aussi fait plusieurs représentations en ce sens, selon sa présidente, Juliette Dupuis. « Pour nous, c’est incompréhensible et inacceptable que Granby n’ait pas son centre de dépistage. On s’attend à avoir un service continuel », affirme-t-elle.

« Comme les usagers sont plus nombreux à Granby, il serait approprié d’offrir un service complet de dépistage accessible en tout temps pour les usagers de notre région », fait valoir le comité des usagers dans une lettre acheminée au président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Stéphane Tremblay. Une copie a aussi été envoyée au ministre de la Santé, au député de Granby François Bonnardel, au maire Bonin, ainsi qu’au préfet de la MRC de la Haute-Yamaska.

Désespéré

Pascal Bonin affirme par ailleurs que la Ville est prête à laisser le pavillon Roger-Bédard au CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour qu’il y établisse de façon permanente un centre de dépistage.

Il avait récemment souligné qu’un autre local devrait être trouvé durant la saison hivernale afin que les Granbyens puissent utiliser l’endroit pour enfiler leurs patins.

Mais Pascal Bonin s’est ravisé. « On est rendus tellement désespérés d’avoir un centre que s’ils veulent le chalet des patineurs, on va s’organiser avec les patineurs. Ce qui est le plus important, c’est la santé des gens », dit-il.

Pourquoi pas en rouge?

Le maire ne cache d’ailleurs pas son inquiétude. Les cas ont continué à s’accumuler à Granby au cours de la dernière semaine, dont à la Résidence du Mont, où se trouve sa belle-mère. Vendredi, 16 cas y étaient dénombrés, dont 11 résidents et cinq employés.

Alors que plusieurs municipalités voisines de la région qui ont des liens économiques avec la ville-centre qu’est Granby ont basculé en zone rouge, Pascal Bonin dit s’interroger dans les circonstances sur la pertinence de demeurer en zone orange.

« Quel est l’avantage de nous garder en zone orange quand on sait fort bien qu’on va passer en zone rouge? Quel est l’avantage quand on n’a pas les moyens de défense ni dans l’hôpital, ni dans la clinique de dépistage d’attendre le moment catastrophe?», laisse-t-il tomber.

Pascal Bonin affirme sentir la « colère et la frustration » des Granbyens à l’endroit du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. « Il y a eu jeudi une annonce de 328 millions $ (à Sherbrooke) pour le centre mère-enfants. Money is no object à l’autre bout du territoire. Tant mieux pour eux autres. Mais les citoyens de Granby sont peut-être tannés de regarder la parade », lance le maire.

Celui-ci n’en est pas à sa première sortie contre le CIUSSS de l’Estrie-CHUS. À la fin septembre, il avait affirmé que les Granbyens ne sont pas « protégés » par la Santé publique de l’Estrie.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’a pas souhaité commenter vendredi.