Les cofondateurs du magazine Dînette, Hélène Mallette et Mathieu Lachapelle, ont tenté de séduire le panel de dragons en présentant leur projet d’expansion.

Le magazine Dînette sous l'oeil des dragons

Établi depuis quelques années au Québec, le magazine Dînette est en voie de s’enraciner davantage outre-mer, notamment dans le marché francophone européen. Les cofondateurs du périodique, les Bromontois Mathieu Lachapelle et Hélène Mallette, ont donc troqué l’arrière de la lentille pour atterrir devant celles des caméramans afin de présenter leur projet au panel de dragons de l’émission vedette de Radio-Canada, diffusée ce mercredi.

Mathieu Lachapelle est habitué de mener plusieurs projets de front, d’avoir un agenda qui se remplit à vitesse grand V. Il ne s’attendait toutefois pas à une réponse si rapide lorsqu’il a soumis à la fin décembre, à la date butoir, la candidature de son entreprise pour la 8e saison de Dans l’œil du dragon. « À peine deux heures après avoir envoyé les documents, j’ai reçu un appel de la coordonnatrice de l’émission qui me proposait une entrevue. C’était surréel. On dirait qu’ils attendaient Dînette », a confié le dynamique homme d’affaires.

Lancé en 2015, le magazine papier, publié trois fois par an, connaît déjà un franc succès au Québec grâce à sa vaste diffusion, mais surtout en raison de sa formule qui sort du cadre, a fait valoir son créateur. « On essaie de déconstruire le modèle du magazine traditionnel en proposant la cuisine à l’extérieur. La nourriture est l’élément central du projet, mais ça demeure une excuse pour découvrir des artisans, des producteurs, des designers. On va en profondeur dans chaque rencontre. On a décidé de faire une œuvre plutôt qu’une édition jetable comme on est habitués d’en voir dans les présentoirs. »

Le grand saut

Plonger dans l’aventure de l’émission hebdomadaire du diffuseur national a donné le vertige à plusieurs candidats. Ce ne fut pas le cas du duo d’entrepreneurs de Bromont, qui s’est laissé porter par l’énergie du moment lors des auditions. « On aime se ridiculiser, alors on a tourné ça à la blague, s’est remémoré le jeune chef d’entreprise. On a joué le tout pour le tout en s’amusant, sans pression. Je venais de laisser mon travail dans l’entreprise familiale quelques jours auparavant pour me consacrer à temps plein au magazine. On n’avait simplement pas d’attentes. »

Les choses se sont toutefois corsées une fois dans le studio. « Il y a une équipe pour t’amener jusque devant les caméras. La pression vient avec. Sans compter les gens du “behind the scene”qui te suivent tout le long. Avec le maquillage et tout le reste sur le plateau, le stress était au max. Tu fais ton pitch comme si tu allais à la banque », a imagé l’éditeur et photographe.

Tremplin

Dînette est bien implanté au Québec. Le temps est venu pour ses créateurs de monter la barre d’un cran.

« Un projet de magazine est difficilement viable uniquement au Québec, a concédé Mathieu. Mais on a commencé à exporter Dînette en France il y a un an et demi et dans d’autres pays francophones. C’est un véritable “game changer” pour nous. Il y a un potentiel énorme même si notre projet est très niché. On est le magazine québécois le plus massivement diffusé (10 000 copies par édition) en Europe. C’est un exploit en soi. »

Le duo d’entrepreneurs envisage également une percée dans l’immense marché anglophone. « On regarde une traduction pour l’international. On a des boutiques à travers le monde qui vendent le magazine en français. Mais en anglais, ce serait incroyable. [...] Une chose est certaine, la source demeurera toujours québécoise. »

Les cofondateurs du magazine, offrant du contenu visuel et rédactionnel s’articulant autour de la « culture culinaire » et de « l’art de vivre », misent sur la visibilité de l’émission vedette de Radio-Canada comme tremplin. Mais c’est principalement l’expertise des dragons qu’ils souhaitaient aller chercher en leur proposant 10% de l’entreprise pour 75 000 $. « On maîtrise le projet d’exportation pas mal bien. On veut surtout quelqu’un d’aguerri pour nous aider à peaufiner tout ça. »

Notoriété

Comme Mathieu et sa complice, rédactrice en chef et directrice artistique, s’y attendaient, les dragons ont réagi bien différemment durant leur présentation. « J’avais l’impression que Nicolas Duvernois connaissait bien le projet et qu’il ne voulait pas trop intervenir ». Selon le directeur général de Dînette, Dominique Brown a été le plus incisif dans ses questions. « C’est le plus expérimenté à l’émission. J’ai senti qu’il avait une belle rigueur. »

Mathieu croit néanmoins avoir fait bonne impression devant la cohorte de chefs d’entreprises. « Ils ont trouvé qu’on forme un bon “team”. Ils connaissaient pas mal tous le magazine. C’est flatteur de voir que notre projet est crédible aux yeux d’entrepreneurs avec une bonne notoriété. » « Peu importe le résultat, l’aventure a été vraiment le fun. On a bien hâte de voir les répercussions. »