Le lieutenant Richard C. Kerrigan a servi avec le Royal Canadian Dragoons avant de débuter une carrière dans les affaires.

Le lit d'un soldat canadien à l’origine de recherches historiques

Après avoir passé les 75 dernières années dans une maison de Hollande, un lit de camp appartenant à un soldat de la Deuxième Guerre mondiale pourrait bien revenir en sol canadien. Depuis juillet dernier, Martin et son fils Mick de Jong habitant la ville d’Emmen aux Pays-Bas se sont mis à la recherche de la famille du lieutenant Richard C. Kerrigan, un défunt habitant de Lac-Brome.

La quête de Martin de Jong a commencé en juillet dernier alors que sa mère a vendu sa maison et qu’est venu le moment de déménager les meubles, dont le vieux lit de camp possédé par la famille de Jong depuis 1945.

« C’est un lit que nous avons depuis toujours, mon grand-père m’a raconté que c’était un soldat canadien qui lui avait donné pour le remercier de l’avoir hébergé durant la libération de notre ville. Mick voulait savoir qui était ce soldat et à part son nom, on n’en savait rien. Ça nous a poussés à faire plus de recherches », explique en anglais Martin de Jong joint par La Voix de l’Est via Facebook.

Le lit était identifié au nom de son propriétaire, le lieutenant Richard C. Kerrigan.

Libération

Le grand-père de Martin de Jong était un membre actif de la résistance hollandaise durant l’occupation nazie. C’est probablement pour cette raison que le lieutenant Kerrigan ainsi qu’un autre soldat, dont l’histoire a oublié le nom, ont été autorisé à dormir deux nuits chez les de Jong au printemps 1945, dans la ville d’Emmen. À l’époque, les armées alliées avaient mis le pied en Europe depuis une dizaine de mois et la libération des Pays-Bas a été parmi les derniers combats en Europe de la Seconde Guerre mondiale.

Le poids des événements n’a pas empêché Martin de Jong de dormir confortablement sur le lit de camp dans sa jeunesse. « Je l’ai utilisé souvent ! C’était mon lit lorsque je suis parti de chez mes parents. Il faut dire qu’on l’a réparé à quelques reprises pour qu’il reste utilisable », précise-t-il.

Le lieutenant Kerrigan a servi avec le Royal Canadian Dragoons avant de débuter une carrière dans les affaires.

Recherches

Aidé de son fils Mick qui maitrise davantage la langue de Shakespeare, Martin de Jong a débuté ses démarches sur différents forums spécialisés dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

« En faisant quelques recherches, on a pu apprendre quelles divisions avaient été impliquées dans la libération de Winschosten (ville située non loin d’Emmen). En continuant nos recherches, on a pu apprendre grâce aux archives McGill Remembers que le lieutenant Kerrigan faisait partie du Royal Canadian Dragoons », poursuit Martin de Jong.

D’autres documents ont pu prouver aux de Jong que le lieutenant Kerrigan était bel et bien retourné au Canada après la guerre.

« Malheureusement, Richard Kerrigan est décédé en décembre 2017, mais la nécrologie nous a permis de trouver le village de Knowlton qui fut son dernier lieu de résidence et le nom des membres de sa famille », avoue-t-il.

En début de semaine, Martin de Jong s’est adressé aux membres du groupe Facebook Knowlton.com. Il a ainsi pu entrer en contact avec Rick Kerrigan et Kathy Baker, les enfants du lieutenant.

Retour

Après avoir passé 75 ans en Hollande, Martin de Jong aimerait que le lit hérité de son grand-père retourne dans la famille de Richard Kerrigan. Il répète vouloir entamer des démarches pour se rendre au Canada et y apporter le mobilier aux descendants du soldat.

D’autres objets ayant appartenu au lieutenant R.C. Kerrigan ont auparavant été légués à la Société historique du Comté de Brome. Le conservateur du musée Jeremy Reeves rappelle que l’institution possède notamment un uniforme du lieutenant Kerrigan qui montre son appartenance au Royal Canadian Dragoons.

Richard Kerrigan était aussi connu dans le milieu des affaires montréalais dans les années 60 et 70, pour son implication au club de golf de Knowlton et pour avoir épousé la journaliste de renom Angela Burke.