L"écoulement naturel du ruisseau et la récurrence des inondations dans ce secteur engendreraient l’érosion des terres riveraines avoisinantes et seraient la cause de l’instabilité et de la dislocation des blocs de bétons du muret de soutènement du rang, qui est à risque de s’effondrer.
L"écoulement naturel du ruisseau et la récurrence des inondations dans ce secteur engendreraient l’érosion des terres riveraines avoisinantes et seraient la cause de l’instabilité et de la dislocation des blocs de bétons du muret de soutènement du rang, qui est à risque de s’effondrer.

Le lit d’un ruisseau sera dévié à Saint-Césaire

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) vient de donner son feu vert à la municipalité de Saint-Césaire pour dévier le cours du ruisseau du Village afin d’endiguer une problématique récurrente d’inondations qui met en péril la sécurité publique et qui endommage constamment le rang Rosalie.

Ce faisant, la municipalité deviendra propriétaire d’une partie représentant 1 215 mètres carrés d’un lot sur lequel est pratiquée la culture de foin, de maïs et de soya. Sur la recommandation de la firme Tetra Tech QI, qu’elle avait mandaté pour réaliser un rapport hydraulique à propos du ruisseau, la Ville de Saint-Césaire compte aménager un nouveau lit d’écoulement pour le cours d’eau et d’y installer des ponceaux de plus grande capacité

«Plusieurs événements d’inondations causés par les débordements récurrents du ruisseau ont été documentés, dont certains ont forcé la fermeture du rang Rosalie», indique-t-on dans une résolution adoptée par le conseil municipal, lors d’une séance extraordinaire en avril dernier, afin de déposer une demande devant le tribunal administratif.

Le rapport de Tetra Tech mentionnait que l’écoulement naturel du ruisseau ainsi que la récurrence des inondations dans ce secteur engendraient l’érosion des terres riveraines avoisinantes et étaient la cause de l’instabilité et de la dislocation des blocs de béton du muret de soutènement du rang, qui est à risque de s’effondrer.

Le mouvement et l’accumulation de l’eau dans ce secteur sont aussi à l’origine du décrochement de talus du ruisseau, ce qui a nécessité la réfection partielle de la chaussée du rang Rosalie. La firme d’ingénierie avertit d’ailleurs la municipalité que sans travaux pour corriger la trajectoire du ruisseau du Village, la durée de vie du rang Rosalie comme voie carrossable n’excéderait pas deux ans, ce qui compromettait la sécurité des usagers de cette route.

Quatre scénarios

Les derniers travaux d’entretien ou d’aménagement dans cette section du ruisseau du Village remontent à 25 ans, a-t-on indiqué.

«C’est un réel problème, souligne la directrice générale de la municipalité, Isabelle François. On a regardé la situation de tous les angles possibles et nous avons déterminé quelle intervention nous permettait d’endiguer l’érosion et les dommages récurrents à la route», qui nécessitaient des réparations sur une base régulière.

Devant la CPTAQ, quatre scénarios de réaménagement ont été présentés, dont trois répondent aux exigences de la MRC de Rouville et du ministère des Transports. De ses expertises Tetra Tech concluait que la solution optimale pour endiguer le problème serait de déplacer le cours d’eau du côté nord du rang Rosalie.

Plus précisément, les travaux consisteront à installer un ponceau en béton armé de 3,25 m par 2 m et d’aménager une nouvelle section d’écoulement du cours d’eau, ce qui permettra d’assurer la pérennité de la route.

La date des travaux n’est toutefois pas arrêtée, a fait savoir Mme François, entre autres parce que Saint-Césaire devra faire des représentations auprès du ministère de l’Environnement pour obtenir son autorisation. Cela devrait avoir lieu dans la première moitié de 2021.

«Il y a encore quelques étapes à franchir, mais le fait d’avoir obtenu l’assentiment de la CPTAQ nous rend optimistes pour la suite des choses», explique-t-elle.

L’estimation des coûts de l’opération est par ailleurs en voie d’être réalisée, a indiqué la fonctionnaire.

Une douzaine de conditions

«Après analyse des plans de réaménagement du cours d’eau et le plan de réhabilitation du sol de la bande riveraine et de la zone temporaire de travail, la Commission en vient à la conclusion qu’une autorisation n’entraînera pas d’impact additionnel sur l’agriculture, outre la perte de sol qui est minime et dont les possibilités d’utilisation à des fins agricoles pouvaient déjà être affectées occasionnellement dans l’actuelle situation», peut-on lire dans la décision rendue il y a quelques jours.

Mais l’autorisation de la CPTAQ, qui vient à échéance le 30 juin 2021, s’accompagne d’une longue liste de conditions à respecter, à savoir d’abord que tous les travaux, incluant la remise en état des superficies cultivables impactées par les travaux, devront être effectués en moins de six mois et sous la supervision d’un agronome mandaté par la municipalité.

Celui-ci devra par la suite faire rapport à la commission et fournir la preuve que les différentes conditions imposées ont été respectées. L’agronome devra par ailleurs réaliser une caractérisation des sols et des activités agricoles sur les lieux, avant et après les travaux.

La couche de 30 cm de sol arable qui sera enlevée pour permettre les travaux devra pour sa part être conservée à proximité de la zone des travaux et tenue à l’écart des autres matériaux pour éviter sa contamination jusqu’à sa remise en place. Tous les débris de construction devront être ramassés avant que ne soit nivelée la surface du sol dont le drainage devra par ailleurs être maintenu en tout temps.

La bande riveraine et les talus du cours d’eau devront aussi être ensemencés d’un mélange de plantes herbacées indigènes et des arbustes y seront plantés selon la prescription des plans d’ingénierie. Les autres superficies se situant en dehors de la bande riveraine devront être remises en état d’agriculture. Enfin, toutes traces du passage de machinerie lourde devront être effacées, notamment par des travaux de décompactage du sol. L’agronome en charge de superviser le chantier sera responsable de déterminer les superficies qui devront faire l’objet de ces travaux.