Des proches de la victime attendent pour entrer dans la salle B du palais de justice de Granby.
Des proches de la victime attendent pour entrer dans la salle B du palais de justice de Granby.

Le jury délibère au procès de Stéphane Blanchard

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Le sort du Granbyen Stéphane Blanchard, accusé du meurtre prémédité de l’entrepreneur en construction Jacques Choquette, est désormais entre les mains du jury.

Après avoir livré ses directives, le juge André Vincent, de la Cour supérieure, a laissé les 11 hommes et la femme qui forment le jury entamer leurs délibérations, lundi après-midi.

Ceux-ci devront, de façon unanime, déterminer si l’accusé de 38 ans est coupable de meurtre prémédité, de meurtre au 2e degré ou d’homicide involontaire. Ils devront également se prononcer sur la culpabilité de M. Blanchard à une deuxième accusation, soit de complot pour meurtre.

L’accusé a soutenu en cour qu’il n’y avait pas de plan de tuer la victime lors d’un rendez-vous donné dans un rang isolé d’Eastman, le 3 novembre 2016, et auquel un troisième homme a participé.

Il a dit avoir uniquement voulu faire peur à Jacques Choquette en tirant un coup de carabine à côté de lui. Selon son témoignage en cour, c’est par erreur qu’il a abattu l’homme de 51 ans d’une balle dans la tête. Une dette serait à l’origine du différend entre la victime et leur ami commun.

Or, cette version tranche avec celle qu’il avait donnée lors de son interrogatoire policier subi deux ans après le crime, en 2018. Dans cette vidéo diffusée intégralement au procès, Stéphane Blanchard affirme avoir accepté de tuer la victime, qu’il ne connaissait pas, en échange de 5000 $ de marijuana. 

La Couronne maintient que c’est cette version que le jury doit privilégier et trouver M. Blanchard coupable de meurtre prémédité. De son côté, la défense a plaidé l’homicide involontaire.

Stéphane Blanchard lors de son interrogatoire policier subi en 2018.

Versions contradictoires

Le juge Vincent a invité le jury a à faire preuve de «logique et de gros bon sens» dans leurs délibérations et à ne se baser que sur la preuve entendue au procès.

«Vous êtes le juge des faits, a-t-il rappelé. Vos fonctions consistent à déterminer si la Couronne a prouvé hors de tout doute raisonnable que l’accusé est coupable. L’accusé n’est pas tenu de prouver quoi que ce soit.»

«Comment a-t-il témoigné? Semblait-il honnête? Considérez l’ensemble de la preuve.» La particularité de ce dossier «est que les versions contradictoires proviennent du même témoin [NB: l’accusé]», a dit le juge.

Le procès de Stéphane Blanchard a démarré le 9 novembre. La semaine précédente, la défense, représentée par Me Jean-François Lambert et Me Rémi Cournoyer-Quintal, avait tenté sans succès que la vidéo de l’interrogatoire policier de l’accusé ne soit pas admise en preuve.

Treize témoins ont été appelés à la barre par Me Émilie Baril-Côté et Me Gabrielle Cloutier, de la Couronne, tandis que la défense n’a fait entendre que l’accusé. 

Deux autres hommes sont accusés dans cette affaire et doivent subir leurs procès séparés en 2021.