Le chercheur Bertrand Jodoin a récemment remporté un prestigieux prix Mitacs pour la qualité de son enseignement.

Le goût du dépassement de Bertrand Jodoin

Bertrand Jodoin étudiait au Séminaire du Verbe Divin à Granby lorsqu'il s'est découvert un intérêt marqué pour les sciences. Trois décennies plus tard, le voilà professeur titulaire en génie mécanique et chercheur à l'Université d'Ottawa, deux rôles qu'il endosse avec passion et qui lui attirent les honneurs.
Sa plus récente récompense, le prestigieux « Prix Mitacs pour leadership exceptionnel - professeur », lui a été décernée pour saluer « ses efforts dans l'encadrement d'étudiants de cycles supérieurs et pour son rôle visant à combler l'écart entre le milieu de la recherche et le secteur privé ». 
Né à Granby, Bertrand Jodoin y a vécu son enfance et son adolescence. Après son passage au cégep local, il a obtenu son baccalauréat et son doctorat à l'Université de Sherbrooke. 
« J'aimais beaucoup les sciences. C'est dans un cours de physique au secondaire que j'ai compris le lien entre les sciences et la vie de tous les jours. J'aimais aussi aider les autres étudiants, raconte-t-il. Au secondaire, je me disais que j'aimerais enseigner au secondaire, au cégep, je rêvais d'enseigner au cégep, puis une fois à l'université, je me disais que ce serait bien d'enseigner­ à l'université ! »
C'est la voie qu'il a suivie, sans jamais regretter. « Enseigner et faire de la recherche, c'est ce qui me passionne dans la vie. Je suis là où je dois être. En fait, je suis resté à 18 ans dans ma tête ; je ne suis jamais sorti de l'université ! », lance l'homme de 47 ans en riant, heureux d'être en contact quotidien avec des jeunes allumés et pleins de promesse.
Lui et son équipe développent notamment une nouvelle application de pulvérisation à semi-conducteurs adoptée par l'industrie de l'aérospatiale. Leurs travaux ont une portée internationale. 
Dans les mots de M. Jodoin, les choses semblent toutefois beaucoup plus simples... « On développe une technologie pour protéger des intempéries les pièces d'avions et de voitures, sous la forme de couches minces comme un cheveu, résume le scientifique. On répare ce qui existe ou on développe de meilleures performances, en lien avec les entreprises du secteur­ privé. »
Ce dernier est également engagé dans la création d'une nouvelle génération d'échangeurs de chaleur à haut rendement pour les turbines à gaz, déjà testée par des écuries de Formule 1. 
Un rat de laboratoire, Bertrand Jodoin ? « Si vous voulez, mais pourvu que je sois avec plein d'autres rats ! Ce que j'aime le plus, c'est interagir avec les gens. »
Triathlète
Si l'attribution d'un Prix Mitacs - un organisme indépendant qui appuie l'innovation scientifique en oeuvrant avec les industries, les universités et le gouvernement - a été pour lui une belle surprise, il refuse d'en prendre tout le crédit. 
« J'ai reçu ce prix parce que mes étudiants ont très bien performé. Moi, je suis comme les câbles de transmission électrique ; ils sont la centrale. Et le laboratoire rayonne grâce à eux. Je suis content pour eux. Le prix repose d'ailleurs dans notre local à l'université, pas chez moi. »
De nature entêtée (c'est lui qui le dit), Bertrand Jodoin a le goût du dépassement dans le sang. Entre sa famille - il a deux enfants - et son travail, il participe à des triathlons pour lesquels il s'entraîne chaque jour. « Je suis un gars structuré... Et puis ça me nettoie l'esprit. »    
Et malgré son emploi du temps chargé, il revient de temps à autre à Granby où demeurent ses parents et des neveux et nièces. Sans compter quelques amis d'enfance. 
« Il me reste dix ans à travailler et je vais le faire à 100 %. Mais dès le lendemain de ma retraite, je reviens dans les Cantons-de-l'Est, c'est certain ! »