Les propriétaires de la résidence Les 3 sphères, parmi lesquelles figurent Marie-Roseline Joseph, planchent sur un projet d’agrandissement depuis deux ans. Ils ont d’ailleurs dû répondre à plusieurs exigences, dans le cadre d’un appel d’offres du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
Les propriétaires de la résidence Les 3 sphères, parmi lesquelles figurent Marie-Roseline Joseph, planchent sur un projet d’agrandissement depuis deux ans. Ils ont d’ailleurs dû répondre à plusieurs exigences, dans le cadre d’un appel d’offres du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le gestionnaire de la résidence Les 3 Sphères se fait rassurant

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le gestionnaire de la résidence Les 3 Sphères à Granby dit comprendre les réticences du voisinage au sujet du projet d’agrandissement actuellement en préparation. Mais le besoin pour ce type de ressource d’hébergement, qui offre des services en santé mentale, est criant, affirme Pierre Hovington.

À cet effet, il estime d’ailleurs que le plaidoyer pour le projet réalisé par le maire de Granby, Pascal Bonin, lors de la dernière séance du conseil municipal, est juste.

«Il a dit les vraies affaires», a réagi M. Hovington en entrevue mardi.

L’étude de deux demandes de dérogations mineures pour permettre la construction d’une annexe au 89 rue Drummond, afin d’ajouter 22 places en ressources intermédiaires, s’est retrouvée au coeur d’un débat émotif lundi soir.

Alors que certains citoyens ont remis en question le bien-fondé de la réalisation de ce projet dans ce secteur de la ville, le maire a eu du mal à contenir ses émotions. L’ajout de services en santé mentale est une «nécessité», a insisté celui qui a lui-même surmonté une dépression majeure à la fin de l’année 2019.

Le débat ne peut d’ailleurs pas être plus d’actualité. Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé lundi un investissement de 100 millions $ en santé mentale dans la foulée de la tuerie du Vieux-Québec.

«On tient à ce projet-là. On y croit. On sait depuis le début que c’est un besoin», assure pour sa part M. Hovington.

Selon lui, les propriétaires de la résidence, parmi lesquels figure Marie-Roseline Joseph, planchent sur ce projet depuis deux ans. Ils ont d’ailleurs dû répondre à plusieurs exigences, dans le cadre d’un appel d’offres du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Soutien

La clientèle sera déterminée par le CIUSSS, affirme M. Hovington. Mais elle devrait inclure des personnes âgées en perte d’autonomie atteintes d’Alzheimer ou d’une déficience.

«Il y a un très grand besoin à Granby. Des gens tournent dans les tourniquets des hôpitaux, où ils occupent présentement des lits qui pourraient être très importants pour d’autres. Mais ils n’ont pas de places pour les loger», dit le gestionnaire.

La résidence pour personnes âgées de la rue Drummond accueille déjà 40 usagers, des gens démunis pour la plupart, qui ont besoin d’aide et de soutien. L’endroit oeuvre avec la collaboration de l’hôpital de Granby, du CLSC, de plusieurs travailleurs sociaux et autres personnels de la santé, précise Pierre Hovington.

Selon lui, la volonté des propriétaires de la résidence est de réaliser le projet rapidement. Les demandes pour obtenir les permis nécessaires ont été adressées à la Ville, dit-il.

«On a des dates à rencontrer. On veut aller de l’avant», ajoute-t-il.

Contact

M. Hovington précise par ailleurs ne pas tenir rigueur aux citoyens du voisinage qui ont émis des craintes face au projet lundi soir. «Je suis même d’accord avec des points qu’ils ont avancés. Je les comprends. Si j’habitais à côté, j’aurais des inquiétudes. Mais ça ne changera pas la dynamique tant que ça», estime-t-il.

Alors que certains ont déploré la présence des usagers de la résidence dans la rue Aberdeen, faute, croient-ils, d’un espace adéquat, le gestionnaire assure qu’il y a pourtant des endroits aménagés pour eux à l’extérieur de la propriété. «Les gens sont dans la rue parce qu’ils veulent avoir un contact avec le monde extérieur. (...) Ce sont des personnes qui n’ont pas de visites, qui sont seules», dit-il, la gorge nouée par l’émotion.

Comme le maire Bonin, M. Hovington estime que le projet n’est peut-être pas parfait. Mais «on essaie du mieux qu’on peut», assure-t-il.