Des groupes autochtones bloquent depuis plusieurs jours les voies ferrées de Canadien National en réaction au projet de gazoduc Costal GazLink.

Voies ferrées bloquées: autres craintes de pénurie de gaz propane au Québec

GRANBY — La baisse de la température qui frappe vendredi la plupart des régions du Québec augmente les préoccupations de l’Association québécoise du propane (AQP) face au blocage de voies ferrées dans l’est du Canada.

Jeudi, la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) a annoncé l’interruption graduelle de la circulation des trains de marchandises dans l’est du Canada en raison des protestations autochtones à proximité des voies, qui durent depuis plusieurs jours. Cette mesure pourrait entraîner une nouvelle pénurie de gaz selon l’Association québécoise du propane.

L’organisme reconnaît que l’hiver québécois a jusqu’ici été clément en matière de températures observées, mais il rappelle qu’une vague de froid pourrait changer le scénario rapidement. Vendredi matin, les températures sont inférieures à 15 degrés Celsius sous zéro dans plusieurs régions du Québec, selon Environnement Canada, et le temps froid devrait durer jusqu’à samedi.

L’Association québécoise du propane affirme que tout blocage des voies qui perdurerait ne ferait qu’exacerber les problèmes liés à une pression renouvelée de la demande. Elle ajoute que le transport ferroviaire est extrêmement important pour les nombreux Québécois qui utilisent quotidiennement du propane pour leurs maisons, entreprises, fermes et flottes de véhicules. La livraison ponctuelle est de la plus haute importance pour garantir la poursuite des activités essentielles nécessitant le propane, ajoute-t-elle.

En novembre dernier, plus de 3000 cheminots du Canadien National membres du syndicat des Teamsters ont fait la grève pendant une semaine. L’interruption de la circulation des trains avait causé une pénurie de propane et incité des agriculteurs en colère à organiser de grandes manifestations.

Raymond Gouron, directeur général de l’AQP, mentionnait déjà mardi dernier qu’une répétition de la crise qui a eu lieu en novembre pourrait survenir si le blocage du réseau ferroviaire devait perdurer.

L’Association québécoise du propane prétend regrouper la très grande majorité des propaniers du Québec, des producteurs et grossistes, ainsi qu’un grand nombre de fabricants et distributeurs d’équipements et d’appareils utilisant le propane comme source d’énergie.

Garneau continue de privilégier le «dialogue»

Par ailleurs, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, dit qu’Ottawa va continuer de privilégier le «dialogue» et la recherche d’un «consensus» afin de démanteler les barricades qui bloquent les voies ferrées du pays.

De passage à Toronto, jeudi matin, M. Garneau s’est dit encouragé par les récents développements près de New Hazelton, dans le nord de la Colombie-Britannique.

«Étant donné particulièrement le fait qu’il va y avoir un dialogue en Colombie-Britannique où est la source [..]) de ces barricades à travers le pays [...], je crois qu’on verra une réponse très bientôt des Autochtones de Tyendinaga, des Mohawks de cette région-là», a offert le ministre qui sortait d’une réunion avec ses homologues provinciaux.

Un chef autochtone héréditaire a levé le blocus des voies ferrées du Canadian National (CN) près de New Hazelton après la promesse d’une rencontre avec les gouvernements fédéral et britanno-colombien.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a, de son côté, invité les Mohawks de la nation de Tyendinaga dans la région de Belleville, en Ontario, à le rencontrer, à condition qu’ils lèvent leur blocus.

M. Garneau s’est défendu d’avoir attendu trop longtemps avant d’agir.

«Je crois qu’on s’est mis au travail tout de suite quand les blocages ont commencé, a-t-il dit. Il faut, bien sûr, prendre en considération la cause de ces blocages et essayer de s’adresser à ces causes-là pour qu’on ait une solution à long terme», a-t-il ajouté.

À Ottawa, le chef par intérim du Parti conservateur fait une tout autre lecture. «Toute cette situation est devenue ridicule», a lancé Andrew Scheer à un point de presse convoqué au foyer de la Chambre des communes, jeudi avant midi.

Il a, à nouveau, accusé les manifestants de planifier la destruction de tout le secteur énergétique de l’économie canadienne.

«Nous ne pouvons pas permettre à un petit groupe d’activistes de prendre notre économie en otage et de menacer des milliers d’emplois», a-t-il tonné, réclamant l’intervention de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Puis, en réponse aux questions des journalistes, il a admis que la barricade dans la région de Belleville, en Ontario, est sur un territoire où la GRC n’a pas compétence et où le service de police est assuré par des Peacekeepers.

Les actions des manifestants ont poussé le CN et VIA Rail à annoncer, jeudi, la fermeture de leur réseau dans l’est du Canada.

En décidant l’arrêt des trains transcontinentaux sur son réseau canadien, le CN a forcé la main à VIA Rail qui utilise les infrastructures ferroviaires de l’entreprise. Le CN a également indiqué que cet arrêt pourrait conduire à des licenciements temporaires.