Le maire de Sherbrooke Steve Lussier a essayé une navette autonome, sans conducteur, pour une courte promenade au Marché de la gare mercredi. Ce type de véhicule fait l’objet d’un projet-pilote à Montréal depuis un mois. Il n’a pas encore été testé dans des conditions hivernales.

Virage électrique pour la Société de transport de Sherbrooke

Alors que la tenue du colloque de l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ) constituait une excellente occasion pour essayer une navette électrique autonome, au Marché de la gare, le président de la Société de transport de Sherbrooke (STS), Marc Denault, a affirmé qu’un virage vers des véhicules électriques s’amorcera en 2020 pour le transport en commun sherbrookois.

Tant les représentants des sociétés de transport du Québec que les élus et les citoyens avaient la possibilité, mercredi après-midi, d’essayer une navette autonome, sans conducteur, pouvant transporter 12 passages à la fois. Simon Gloguen, chargé d’étude et de développement commercial pour Transdev Canada, mentionne que les bolides ont une autonomie pouvant atteindre 16 heures, sans chauffage ni climatisation, et qu’ils peuvent rouler jusqu’à 15 km/h.

« La première étape est de cartographier un site pour définir la ligne et les arrêts, et ensuite, le véhicule circule librement sur le parcours. Ces bolides sont arrivés à Montréal le mois dernier. Nous avons fait un projet-pilote de deux mois pour relier le métro Pie-IX et le métro Viau, en arrêtant par la Tour de Montréal. »

Il faut environ deux heures pour cartographier le trajet à l’aide de caméras sous le véhicule, qui n’a toutefois pas été testé dans des conditions hivernales. Il peut pour le moment monter des côtes jusqu’à une dénivellation de 6 %.

Le maire Steve Lussier y voit un intérêt pour la Ville de Sherbrooke. « Actuellement, nous vivons des problèmes de stationnement. De voyager peut-être du Sud au Nord sur la rue Wellington par exemple pourrait être une bonne option. Il faudrait étudier l’idée. Je ne ferme pas la porte, mais c’est la première fois que je vois la navette. »

En 2020

D’autres autobus électriques étaient aussi présentés au Marché de la gare pour l’occasion. « Nous avons notre propre réseau d’hydroélectricité. Souvent, on nous demande quand nous aurons nos propres véhicules électriques. L’occasion était bonne d’attirer les manufacturiers à nous présenter les produits d’aujourd’hui et de l’avenir. À court terme, le conseil d’administration de la STS s’est déjà engagé à faire l’acquisition de véhicules de transport adapté électriques dès 2020. Pour les autobus de 40 pieds, on parle plus de 2022 ou 2023. À partir de 2025, le gouvernement du Québec ne subventionnera que les véhicules 100 % électriques », résume Marc Denault.

Déjà, près du tiers des 80 autobus de la STS sont des véhicules hybrides. « Les autobus électriques coûteront un peu plus cher à l’achat, mais il y aura une diminution de la consommation du carburant et de l’émission des gaz à effet de serre. »

Enfin, le congrès de l’ATUQ permettra probablement aux sociétés de transport de convenir des priorités à faire valoir auprès du nouveau gouvernement provincial. « Il faudra voir si le plan de mobilité durable sera honoré par le nouveau gouvernement. À Sherbrooke, parmi les enjeux amenés par le candidat de la CAQ, il y avait un investissement de 3,7 M$ à la société de transport. Quand un candidat prend un engagement, il doit sûrement en parler à son chef... »

M. Denault compte par ailleurs sensibiliser les députés André Bachand, Christine Labrie et Geneviève Hébert, nouvellement élus sur le territoire sherbrookois.