L'un des adolescents au moment de la comparution au printemps 2018.

Viols collectifs: garde fermée pour quatre ados

Quatre adolescents impliqués dans les viols collectifs commis à Sherbrooke en 2017 ont été condamnés à des peines de garde fermée variant de dix mois à un an.

Si l’un d’eux était déjà détenu, les trois autres sont arrivées avec leur sac de bagages, jeudi au palais de justice de Sherbrooke, en vue de leur détention en garde fermée sous la supervision du Centre jeunesse de l’Estrie.

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Tour à tour, les quatre adolescents ont reconnu leur implication dans une agression sexuelle en groupe commise à Sherbrooke entre le 1er mai et le 1er juin 2017. L’un d’eux a aussi reconnu une agression sexuelle en groupe commise en février 2017 sur une autre victime.

Les deux victimes étaient présentes en chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, jeudi, pour assister à l’imposition des peines des quatre accusés que l’on ne peut identifier étant donné qu’ils étaient mineurs au moment des faits.

Mai 2017

La plaignante de l’agression de mai 2017 s’est rendue à une fête en mars 2017. C’est là qu’elle a rencontré deux de ses futurs agresseurs.

L’adolescente a poursuivi les échanges avec l’un des adolescents de 15 ans qui lui plaisait bien.

Ils ont maintenu des contacts sur Snapchat et par téléphone. Ils avaient déjà parlé d’avoir des relations sexuelles ensemble.

Son ami l’a invitée à venir chez lui dans l’est de Sherbrooke en mai 2017.

Ils se trouvaient nus sous les draps après des rapports sexuels consentants lorsque quatre autres individus se sont présentés nus dans la chambre.

Elle s’est alors doutée de ce qui allait se passer. L’adolescent avec qui elle venait d’avoir une relation sexuelle lui a indiqué que « ça irait bien ».

Aucun des adolescents n’a pris de mesure pour obtenir son consentement.

À tour de rôle ils ont pénétré la victime et exigé qu’elle fasse des gestes sexuels sur les autres. L’un des accusés a filmé la scène avec un cellulaire qu’il a transmise par la suite.

Les peines

Me Mélissa Robert de l’aide juridique représentait l’accusé qui a aussi reconnu les gestes de production et distribution de pornographie juvénile. Une peine de mise sous garde d’environ onze mois, soit 330 jours, a été imposée, dont plus de 220 jours en garde fermée. 

Représenté par Me Karolanne Bonin pour Me Joël Bourassa, un autre adolescent impliqué dans cette affaire a reconnu de nombreux bris de conditions. Un total d’environ neuf mois, soit 282 jours, de mise sous garde, dont 188 jours de mise sous garde fermée, lui ont été imposés.

L’un des adolescents, âgé de 17 ans et défendu par Me Mélissa Gilbert, a aussi plaidé coupable à des agressions sexuelles sur la victime en raison de l’âge lors de relations sexuelles qui ont suivi ces gestes d’agression sexuelle en groupe.

La victime alléguée avait 13 ans au moment des gestes, alors que l’accusé avait 17 ans.

« Le consentement de la victime n’était pas valable, mais elle n’a pas été forcée d’avoir ces relations sexuelles », a précisé la procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Ève Lanthier.

Cet adolescent était détenu à la suite de nombreux bris de conditions de remise en liberté.

Une peine de dix mois lui a été imposée moins la détention provisoire. Il devra purger encore quatre mois de garde fermée et deux mois de surveillance.

Des probations ont été imposées à tous les accusés. Ils devront notamment participer à un programme d’aide pour adolescents aux prises avec des problèmes sexuels. Plusieurs interdits de contact ont été imposés entre eux et avec les victimes.

Février 2017

L’adolescent représenté par Me Kim Dingman a reconnu les accusations d’agression sexuelle en groupe commises en mai et en février 2017. 

Cet adolescent a été condamné à douze mois de mise sous garde, dont huit mois de garde fermée. 

Dans cette affaire, la plaignante avait 15 ans lorsqu’elle s’est rendue dans un logement de l’est de Sherbrooke où il y avait plusieurs hommes mineurs et majeurs. 

Ces derniers parlaient de tenir une orgie pendant que des images de telles pratiques sexuelles défilaient à la télévision. 

Pour la plaignante, il était clair qu’elle ne voulait pas y participer.

Plus tard en soirée, elle s’est retrouvée sur un lit embrassant un adolescent présent à la soirée.

D’autres gars sont ensuite arrivés dans la chambre et ont fermé la porte en disant « personne d’autre entre ou sort ».

Plusieurs individus, dont l’adolescent qui a reconnu sa culpabilité, ont commencé à la toucher aux parties intimes. 

La victime a mentionné qu’il y avait tellement de mains sur elle qu’il était difficile de toutes les repousser. Elle n’a jamais été consentante aux gestes sexuels.

Pendant qu’une amie se faisait pénétrer dans le lit à côté d’elle par plusieurs individus, elle tentait tant bien que mal de résister aux gestes posés sur elle.

Aucune plainte n’a été portée par l’autre adolescente impliquée dans cette affaire.

L’accusé a reconnu que la victime était mal à l’aise et que certains individus étaient plus violents avec elle.