Au cours des dernières semaines, l’Association des pharmaciens d’établissements de santé du Québec (APES) a sonné l’alarme après avoir dénombré pas moins de 272 postes non comblés au 1er avril 2018. Selon l’Association, la pénurie touche toutes les régions du Québec, à divers degrés.

Vers un plan national de main-d’œuvre en pharmacie d’établissement

Plusieurs hôpitaux et CHSLD peinent à recruter des pharmaciens afin de pourvoir leurs postes. Une situation qui «risque de compromettre l’accès, la continuité et la qualité des services à rendre à la population», selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), qui veut se doter d’un plan national de main-d’œuvre en pharmacie d’établissement.

Au cours des dernières semaines, l’Association des pharmaciens d’établissements de santé du Québec (APES) a sonné l’alarme après avoir dénombré pas moins de 272 postes non comblés au 1er avril 2018. Selon l’Association, la pénurie touche toutes les régions du Québec, à divers degrés. 

Le manque d’effectifs est particulièrement inquiétant dans les CHSLD publics, dont le tiers (120 sur 370) n’aurait aucun pharmacien sur place pour évaluer correctement la médication des résidents, déplorait l’APES dans La Presse, en février dernier. L’Association craint que le projet-pilote visant à réduire la consommation d’antipsychotiques que Québec veut étendre à 134 établissements ne puisse pas continuer de se développer si des mesures ne sont pas mises en place pour inciter plus de jeunes à choisir la pratique. 

Contrat de gré à gré

Le ministère de la Santé vient de publier un avis d’intention de confier de gré à gré à la pharmacienne clinicienne de Québec Dolores Lepage-Savary le mandat d’élaborer une proposition de plan de main-d’œuvre en pharmacie. 

Mme Lepage-Savary a occupé divers postes de gestion au CHU de Québec et a participé à la dernière ronde de négociations de l’entente collective de l’APES (2015-2020), en plus d’avoir participé activement aux travaux instigateurs du régime général d’assurance-médicaments. Une expérience «peu commune» qui justifie la conclusion d’un contrat de gré à gré, explique le ministère.

Dans son avis d’intention, le MSSS reconnaît que plusieurs établissements ont «une difficulté à recruter et à maintenir des effectifs suffisants afin de pourvoir leurs postes» en pharmacie. «Dans un objectif d’efficience et surtout afin de répondre aux besoins actuels et futurs de la population, il est nécessaire de documenter et d’analyser les modèles d’organisation du travail et la composition optimale des effectifs à mettre en place pour assurer à la population une pérennité des soins et des services pharmaceutiques que leur état de santé requiert», expose-t-il.

Le contrat de service envisagé avec Mme Lepage-Savary, qui inclut aussi la contribution aux travaux relatifs au renouvellement de l’entente entre la ministre de la Santé et l’APES, couvrira une période de 18 mois.