Le président de l'UMQ, Alexandre Cusson

Vente de Capitales Médias: l’UMQ souhaite une «diversification des sources» d’information

Le monde municipal ne cache pas son inquiétude face à la crise qui secoue les journaux du Groupe Capitales Médias (GCM). Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, estime que l’époque des «solutions temporaires» doit prendre fin maintenant pour que de véritables mesures à long terme soient mises en place pour assurer l’avenir de la presse régionale.

«Là, il faut regarder à long terme ce qu’on veut, et comment on veut soutenir nos médias, a-t-il lancé, de passage à Gatineau, jeudi matin. C’est extrêmement important. On ne peut pas se retrouver au Québec avec un ou deux grands médias à Montréal et Québec et rien d’autre. Ça n’a pas de bon sens.» L’avenir de la presse régionale et la situation des journaux de GCM seront d’ailleurs à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration de l’UMQ, le 20 septembre prochain.

Le rôle que peut jouer le monde municipal, selon M. Cusson, en est un de facilitateur. «Il y a des choix à faire et ils doivent se faire à visière levée, indique-t-il. Si une ville décide de soutenir ou participer à un groupe pour relancer un journal, elle peut le faire, mais il faut toujours avoir en tête la liberté de la presse.»

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Québecor

La possibilité de voir un seul grand groupe de presse comme Québecor devenir propriétaire de l’ensemble des six quotidiens régionaux de GCM est aussi une formule à éviter, selon M. Cusson. «Je ne pense pas que c’est souhaitable. En fait, pas du tout, dit-il. Il faut une diversification des sources d’information. Évidemment, les choses changent, les modèles de publication et financiers doivent être adaptés, mais on ne peut pas partir d’un vieux modèle pour faire face à la situation d’aujourd’hui.»

M. Cusson a fait écho aux propos émis par le premier ministre François Legault, la veille, qui invitait les Québécois à s’abonner à leur journal régional. «La première chose à faire [pour aider les journaux] c’est de s’abonner, dit-il. Les gens doivent acheter ces journaux. Souvent, dans nos municipalités, les gens s’inquiètent de la disparition des petits commerces de proximité, mais ils nous disent ça en sortant du Walmart. Je dis aux gens que c’est eux, finalement, qui prennent la décision de maintenir ou de ferme un commerce, ce sont les consommateurs. Si vous n’y allez pas, le commerce va fermer. C’est la même chose pour les journaux.»