Le commandant Pierre Fortin, de la protection de la Faune, a dressé le bilan de l’opération NORD-SUD visant des invidus s’adonnant à la surpêche sur le lac Memphrémagog.

Vaste opération contre la surpêche sur le Memphrémagog

Les agents de protection de la faune ont porté un dur coup à d’importantes activités de braconnage en Estrie.

L’opération NORD-SUD a mobilisé plus d’une centaine d’agents assistés de l’escouade canine de la Protection de la faune du Québec et de la Sûreté du Québec pour mettre fin à de la surpêche particulièrement dans le lac Memphrémagog.

Près de 90 personnes sont visées par cette opération et plus de 120 chefs d’accusation ont été comptabilisés. S’ils sont reconnus coupables, les individus impliqués sont passibles d’amendes pouvant atteindre plus de 270 000 $.

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Quatorze perquisitions ont été réalisées à Sherbrooke, Magog et Stanstead. Plusieurs kilos de perchaude en filet ont été saisis, quelques kilos de cerf de Virginie de même que des embarcations, des véhicules tout-terrain ainsi que des articles de pêche et des équipements servant à la vente de ces poissons, comme des balances.

C’est à la suite d’une longue enquête que les agents ont pu réunir suffisamment de preuves pour intervenir auprès de plusieurs individus qui s’adonnaient à la pêche hivernale et à la vente illégale de perchaude, a indiqué le commandant Pierre Fortin, de la protection de la Faune.

Les principales infractions reprochées sont vente illégale de poissons, achat illégal de poissons et possession de quantités de poissons supérieures au contingent.

« L’enquête est toujours en cours et d’autres arrestations pourraient avoir lieu avec les nouvelles informations que nous pourrions recueillir », avertit M. Fortin.

« Il s’agit de la quatrième opération du genre qui vise la surpêche sur le Memphrémagog. Ce type de pêche illégale a un impact important sur la ressource. Nous en profitons pour rappeler à la population qu’il est illégal d’acheter du poisson ne provenant pas de la pêche commerciale. »

Les agents de la Faune ont saisi du poisson et des équipements servant à la pêche et la vente des captures.

« Cellules indépendantes »

Les arrestations visaient plusieurs groupes d’individus et non une vaste organisation qui agissait de concert, précise-t-on. Ces activités de braconnage se déroulaient surtout l’hiver.

Les individus ciblés sont surtout des particuliers agissant en « cellules indépendantes », a mentionné le commandant Fortin, et non des commerces. « Dans la plupart des cas, les gens allaient pêcher et revenaient à la maison pour arranger le poisson. Ils allaient le vendre par la suite ou des acheteurs se présentaient chez eux pour en acheter. »

« Les prises étaient donc vendues au fur et à mesure. Ils ne gardaient pas de grandes quantités à la maison. L’enquête a débuté il y a deux ans, mais les premières informations nous sont parvenues il y a deux semaines. »
Les gens reconnus coupables aux chefs d’accusation à ces infractions pénales s’exposent à des amendes pouvant atteindre 2500 $.

La limite de pêche est de 50 prises par jour. Il faut en moyenne 20 perchaudes pour arriver à un poids d’une livre de poisson.

Selon le biologiste Sylvain Roy, de la direction de la Faune en Estrie, la surpêche a un impact important sur la population de perchaude dans le Memphrémagog. « Ce sont des gens qui abusent de la ressource, déplore-t-il. Ce n’est pas idéal. »
« Les quotas sont établis en fonction de la disponibilité de la ressource. »

Les citoyens sont invités à signaler toute information qui a trait à l’enquête découlant de l’opération NORD-SUD ou tout geste allant à l’encontre du patrimoine faunique ou de ses habitats, ajoute-t-on. On peut contacter S.O.S. Braconnage au 1 800 463-2191, par Internet au mffp.gouv.qc.ca/faune/sos-braconnage/index.jsp. L’information demeure confidentielle.