Avec un taux d’occupation variant entre 30 % et 40 % pour le mois de juillet, les hôtels de la région ressentent, eux aussi, les contrecoups du nouveau coronavirus.
Avec un taux d’occupation variant entre 30 % et 40 % pour le mois de juillet, les hôtels de la région ressentent, eux aussi, les contrecoups du nouveau coronavirus.

Vague de licenciement collectif dans l’hôtellerie: «C’est le temps d’aller étudier»

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Loin d’être découragé par les bas taux d’achalandage et les vagues de licenciement collectif, le monde de l’hôtellerie se relève les manches. Pour plusieurs, l’automne sera synonyme de rentrée scolaire afin de perfectionner leurs connaissances et d’être fin prêts pour le retour des touristes… d’ici quelques années.

À l’École hôtelière de la Capitale (EHC), c’est une rentrée réussie pour bon nombre de passionnés de cuisine, de sommellerie et de voyages. «Globalement, j’ai le même nombre d’inscriptions par rapport à l’année dernière. Mais les inscriptions sont rentrées beaucoup plus tard cette année, fait remarquer Micaël Papillon, conseiller en orientation à l’EHC. On voit que les gens ont pris le temps de penser à ce qu’ils allaient faire». 

Passionnés par leur métier, plusieurs travailleurs ont décidé de retourner sur les bancs d’école afin de se perfectionner. «Ce matin, c’est vraiment l’écho que j’ai. Dans notre programme de perfectionnement à 1$/h, j’ai dû monter une liste d’attente de cinquante personnes. Tant qu’à perdre son emploi ou à faire moins d’heures, les gens en profitent pour juste devenir meilleurs. Beaucoup de serveurs viennent faire leur cours de sommellerie, par exemple», précise M. Papillon. 

«Conseil et vente de voyages» est le seul programme à connaître une diminution d’achalandage avec un groupe de 23 étudiants en moins. Une situation prévisible, selon le conseiller en orientation, puisque «les gens voyagent beaucoup moins à cause de la pandémie». 

Avec un taux d’occupation variant entre 30 % et 40 % pour le mois de juillet, les hôtels de la région ressentent, eux aussi, les contrecoups du nouveau coronavirus. Malgré les récentes vagues de licenciement collectif, Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec – Chaudière-Appalaches (CSN), tente de «demeurer positive» et d’interpeller le gouvernement pour trouver des solutions concrètes à la situation. 


« On ne peut pas laisser aller les choses en se disant que ça va passer. Les gens ont besoin de travailler et de gagner leur vie. Il ne faudrait pas attendre de faire face à des fermetures. »
Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec – Chaudière-Appalaches (CSN)

Mme Gingras précise qu’un avis de licenciement collectif n’est pas un avis de congédiement et que «les liens d’emploi sont encore existants avec l’employeur concerné». 

Être prêt pour le retour des touristes

«C’est le temps d’aller étudier et de faire une formation de deux ou trois ans dans le domaine», lance d’entrée de jeu Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ), pour qui aucune crainte ne subsiste quant à l’avenir de ce domaine «passionnant». 

L’industrie touristique de Québec, qui était en plein essor avant la COVID-19, devrait se rétablir d’ici quatre ou cinq ans, estime l’AHRQ. « Il y a moins d’évènements maintenant, mais les mariages qui ont été annulés cette année vont revenir », affirme Mme de Sa. 

Selon la directrice générale, les gens chercheront de plus en plus «des endroits sécuritaires et sanitaires pour voyager». Apprendre de la pandémie et être à la fine pointe des protocoles sera donc un atout important pour les futurs travailleurs. «La pénurie de main-d’œuvre a fait en sorte que plusieurs gestionnaires ont accepté d’embaucher des gens manquant parfois de formation. En prenant le temps d’aller étudier maintenant, alors que c’est difficile dans le milieu, les gens vont pouvoir être compétitifs sur le marché du travail quand tout va reprendre», assure Mme de Sa. 

En plus des cours disponibles à l’EHC, l’École hôtelière Fierbourg offrira cet hiver, si la situation le permet, ses DEP en «service de la restauration» et «réception en hôtellerie». L’École offre, cet automne, des cours de cuisine et de pâtisserie qui connaissent d’ailleurs une hausse de popularité, selon Noémie Drouin, conseillère en communication.

Nombre d’employés touchés par les avis de licenciement collectif

  • Hôtel Clarion : 75
  • Hôtel Pur Québec : 101
  • Hôtel Clarendon : 14
  • Hôtel Classique : 54
  • Hôtel Delta Québec : 121

Source : Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec – Chaudière-Appalaches (CSN)