Selon un communiqué publié en soirée par Extinction Rébellion, un total de 26 militants ont été arrêtés. Un nombre qui n'a pas été confirmé par le SPVM.

Une vingtaine de manifestants écologistes arrêtés au centre-ville de Montréal

MONTRÉAL — Vingt-cinq manifestants associés au groupe Extinction Rébellion ont été arrêtés au terme d’un «sit-in» qui aura duré près de cinq heures, samedi, sur la rue Sherbrooke au centre-ville de Montréal. Les militants souhaitaient maintenir la pression sur les gouvernements dans la lutte contre les changements climatiques.

«La Planète ne prend pas de vacances», soulignait leur thème, et eux non plus, visiblement. Pour la toute première fois, le mouvement international Extinction Rébellion s’est joint à une manifestation commune des collectifs locaux La Planète s’invite au Parlement, La Planète s’invite à l’Université et Pour le futur.

Le départ de la manifestation avait été donné au parc du Mont-Royal vers 14h30. Une centaine de protestataires ont emprunté l’avenue du Parc, puis la rue Sherbrooke jusqu’à l’intersection de la rue McGill College, près des bureaux montréalais du premier ministre François Legault.

Là, ils se sont arrêtés pour s’asseoir dans la rue. Ils ont alors chanté, scandé des slogans et dessiné sur l’asphalte. Une vingtaine de «rebelles» autoproclamés, membres d’Extinction Rébellion ont alors voulu faire un coup d’éclat. L’organisation fondée au Royaume-Uni prône la désobéissance civile non violente pour forcer les gouvernements à accélérer leurs interventions dans la lutte aux changements climatiques.

Une vingtaine de ces «rebelles» du climat se sont enchaînés et ont choisi d’occuper la rue jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés par les policiers. Des dizaines d’autres manifestants sont demeurés assis autour d’eux par solidarité. Ils ont entonné des chants et écouté des discours.

Vers 16 h 15, la commandante Martine Dubuc du Service de police de la ville de Montréal a annoncé aux manifestants qu’ils devaient libérer la rue pour permettre l’ouverture à la circulation à 16h20. Un ordre de quitter la rue a effectivement été donné à 16h21 et une équipe de médiation a été déployée pour négocier avec les militants.

Le groupe d’intervention est entré en action à 16h50, puis vers 17h00 les policiers ont procédé aux arrestations. Délicatement, ils ont séparé les manifestants un a un avant de les soulever par les bras et des les emmener à bord des véhicules de patrouille.

L’opération s’est prolongée jusqu’à environ 21h00 puisque certains militants étaient attachés deux par deux, les bras coincés à l’intérieur de tuyaux que les policiers ont dû couper.

Selon un communiqué publié en soirée par Extinction Rébellion, un total de 26 militants ont été arrêtés. Toutefois, le SPVM a indiqué en fin de soirée qu’il y avait eu 25 arrestations, treize femmes et douze hommes. Les personnes arrêtées sont âgées de 18 à 57 ans selon la police.

Ces manifestants ont été libérés, mais ils font maintenant face à des accusations d’entrave au travail des policiers.

Le tout s’est déroulé sans aucune violence selon l’agente Caroline Chèvrefils qui a toutefois mentionné que deux policiers avaient été blessés lors de l’opération.

Pour la toute première fois, le mouvement international Extinction Rébellion s'est joint à une manifestation commune des collectifs locaux La Planète s'invite au Parlement, La Planète s'invite à l'Université et Pour le futur.

Un nombre modeste

Loin des grands rassemblements du printemps, la manifestation n’a rallié qu’un peu plus d’une centaine de personnes, mais les organisateurs disaient s’y attendre.

Pour François Geoffroy, porte-parole du mouvement La Planète s’invite au Parlement, l’objectif était surtout d’assurer une continuité durant l’été.

«On s’adresse à la fois au gouvernement Trudeau et au gouvernement Legault. Le message clair qu’on veut leur envoyer, c’est que les projets d’exploitation des énergies fossiles doivent cesser immédiatement», résume M. Geoffroy qui s’en prend particulièrement à Trans Mountain et à GNL Québec.

Du côté des jeunes, le co-porte-parole de Pour le futur Montréal, Albert Lalonde, insiste sur l’importance de marteler le message et il souligne que le nombre n’a finalement pas vraiment d’importance.

«Qu’on soit beaucoup ou non, il y a un consensus scientifique mondial. Il y a juste une seule bonne réponse à ce qu’on peut faire. Qu’on soit 200 000 ou 15 000, les faits demeurent et les gouvernements doivent agir», déclare celui qui vient de terminer ses études secondaires et qui s’apprête à passer le flambeau.

Le regroupement Pour le futur était derrière l’organisation des grèves du vendredi dans les écoles secondaires.

Le groupe d'intervention du SPVM a commencé à procéder aux arrestations vers 17h.

Automne mouvementé

Si les groupes écologistes souhaitent simplement maintenir la pression pendant la période des vacances estivales, on peut s’attendre à ce qu’ils redoublent d’efforts à la rentrée.

«Il y a beaucoup de choses de prévues cet automne, prévient François Geoffroy. Il y a déjà quatre syndicats qui feront des votes de grève cet automne. L’idée, c’est que les syndicats commencent tranquillement à rejoindre le mouvement de grève lancé par les étudiants», révèle-t-il.

Les collectifs engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique visent à poursuivre leur lutte avec une escalade des moyens de pression.

«On a essayé les manifestations, on a essayé les grèves. Jusqu’à maintenant les gouvernements nous trouvent «cutes» et réagissent assez peu, alors on va monter la pression jusqu’à ce que les changements se fassent», assure le porte-parole de La Planète s’invite au Parlement.

Les jeunes du secondaire aussi préparent leur rentrée militante. Si le mouvement de mobilisation a été créé dans la précipitation, Albert Lalonde promet qu’il sera plus structuré cet automne.

«En ce moment, on est moins visible, mais il y a énormément de travail qui se fait pour organiser et structurer le mouvement. Notre mouvement a été créé dans la précipitation et on veut se doter d’une structure fonctionnelle et démocratique», affirme celui qui annonce notamment une manifestation monstre pour le 27 septembre.

Malgré ce sentiment un peu angoissant que «parfois, le poids du monde repose sur le dos d’une poignée d’ados», le jeune militant estime qu’un réel rapport de force est en train de prendre forme. Il attend maintenant des actions sérieuses des gouvernements contre l’exploitation des combustibles fossiles.