André Nolet et Joanne Rompré ont chacun reçu une note de crédit de 13,17 $ par Air Canada après qu’ils aient dû faire Montréal-Québec en autobus.

Une note de crédit de 13,17$ pour un vol annulé par Air Canada!

TROIS-RIVIÈRES — Patrice Doyon et Joanne Rompré, accompagnés de leurs conjoint(e)s respectifs, ont vu leur vol Montréal-Québec être annulé en revenant de leur voyage en Thaïlande, le 15 février dernier. Alors qu’Air Canada leur a proposé de payer leur hébergement, repas et leurs déplacements en plus d’un autre vol deux jours plus tard, l’entreprise a refusé que les deux couples prennent tout simplement un taxi, aux frais de la compagnie aérienne, pour retourner chez eux.

À leur arrivée à Montréal, après plusieurs heures passées dans les avions, les deux couples de la région devaient prendre un dernier vol vers Québec, leur destination de départ, où ils avaient laissé leur voiture. Par contre, ils ont appris une fois à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau que leur vol était annulé en raison du mauvais temps. Leur compagnie aérienne, Air Canada, leur proposait de leur payer deux nuits dans un hôtel de Montréal, tous leurs repas, leurs déplacements, en plus de leurs billets pour un autre vol qui partirait presque 48 heures plus tard, le 17 février. «Ça aurait coûté au moins 800 $ par personne», affirme M. Doyon.

Ayant hâte d’être de retour dans leur chez-soi, les deux couples ont demandé à Air Canada s’il était possible de prendre un taxi jusqu’à Trois-Rivières, ce qui aurait engendré des coûts d’environ 250 $. La compagnie aérienne a refusé, en expliquant que ce service ne faisait pas partie des compensations offertes par l’entreprise dans de telles situations. Ils ont donc décidé de prendre un taxi jusqu’à la gare d’autobus de Montréal, puis de se rendre à Québec de cette façon. Ils sont finalement arrivés à Québec vers minuit, alors qu’ils devaient y atterrir à 18 h. «On avait au-dessus de 36 heures dans le corps», se rappelle Patrice Doyon.

Leurs dépenses supplémentaires pour ce déplacement se sont élevées à 172 $ pour Joanne Rompré et André Nolet, puis à 122 $ pour Patrice Doyon et Carole Bernier. Les deux couples ont réclamé ce montant à Air Canada dans l’espoir de se faire rembourser. Toutefois, on compte une différence importante entre les deux compensations reçues par les couples.

Une différence de près de 100 $

En mai dernier, M. Doyon et sa conjointe ont reçu un remboursement de 122 $ pour leurs dépenses reliées au déplacement de Montréal à Québec en autobus. Ce montant correspond à ce que leur a coûté ce trajet, en plus d’un souper à la gare. Un bon rabais de 20 % sur un billet d’Air Canada acheté lors de la prochaine année leur a également été remis pour les inconvénients.

Toutefois, Mme Rompré, elle, a appris il y a quelques semaines que son conjoint et elle allaient recevoir une note de crédit de... 13,17 $ chacun. Ce courriel a quelque peu surpris la résidente de Champlain.

Patrice Doyon et Carole Bernier déplorent la décision d’Air Canada.

«J’ai retourné le courriel en disant, ‘‘Est-ce que ce serait possible que le point ne soit pas à la bonne place?’’», raconte Mme Rompré. «Dans mon cas, ça peut être acceptable, mais dans le cas d’André et Joanne, c’est totalement ridicule», commente M. Doyon.

Cette note de crédit serait applicable sur un vol d’Air Canada acheté dans la même agence de voyages que celle consultée pour le voyage en Thaïlande. Mme Rompré a par ailleurs appris que l’utilisation d’une note de crédit peut engendrer des frais administratifs de 25 $ à 75 $. «Donc là, je suis dans le rouge», note-t-elle.

Une employée d’Air Canada a expliqué à Mme Rompré par le biais d’un courriel que le calcul utilisé pour déterminer le montant de sa compensation relevait de la portion du vol qui n’avait pu être effectué. Une simple règle de trois a été appliquée: le kilométrage total du vol s’élevait à plus de 13 350 km, alors que le trajet Montréal-Québec compte environ 240 km, ce qui représente 1,8 % de la distance totale du vol. C’est donc ce pourcentage du prix payé par Mme Rompré et son conjoint qui leur a été remboursé, méthode qui n’a aucun sens, selon M. Doyon. «En avion, plus la distance est courte, plus ça te coûte cher du kilomètre», mentionne celui qui se déplace en avion chaque année, notamment pour des voyages humanitaires.

Il faut savoir que les réclamations des deux couples étaient identiques, excepté le montant qui différait de 50 $.

Espérer un changement

C’est dans l’espoir de faire changer cette façon de faire qu’ils ont choisi de raconter leur expérience publiquement. «Je souhaite qu’Air Canada nous propose autre chose», indique Mme Rompré.

De son côté, M. Doyon sait bien qu’il devra probablement se contenter de ce qu’il a reçu comme remboursement, qu’il considère tout de même insuffisant. «Je n’ai eu aucune compensation pour mon vol déjà payé Montréal-Québec. Pour l’instant, ils ne m’ont pas donné un cent, ils m’ont redonné ce que j’ai payé de ma poche», commente-t-il.

Si la compagnie aérienne accepte d’offrir une compensation plus importante à Mme Rompré, les deux couples sont ouverts à racheter des billets avec Air Canada à l’avenir. «Je veux un règlement rapide et satisfaisant. Si ça se fait, je n’ai pas de problème, je peux pardonner», affirme Mme Rompré.

Cette dernière poursuit ses démarches auprès de l’entreprise afin d’obtenir des réponses sur son indemnisation.