Le projet de porcherie de presque 4000 têtes dans le Canton de Valcourt a franchi une étape supplémentaire, mercredi, avec un vote unanime du conseil des maires de la MRC du Val-Saint-François.
Le projet de porcherie de presque 4000 têtes dans le Canton de Valcourt a franchi une étape supplémentaire, mercredi, avec un vote unanime du conseil des maires de la MRC du Val-Saint-François.

Une haie brise-odeurs pour le projet de porcherie à Valcourt

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
Le projet de porcherie de presque 4000 têtes dans le Canton de Valcourt a franchi une étape supplémentaire, mercredi, avec un vote unanime du conseil des maires de la MRC du Val-Saint-François.

À la lumière de la consultation publique menée ces dernières semaines, le conseil des maires recommande simplement d’imposer au promoteur l’implantation d’une haie brise-odeurs comme mesure d’atténuation pour favoriser la cohabitation du projet dans son milieu.

« Nous à la MRC nous avons uniquement un pouvoir de recommandation », rappelle le préfet et maire de Stoke, Luc Cayer, qui présidait le comité restreint chargé de mener la consultation à la MRC. « On peut agir sur cinq mesures d’atténuation et il y en a trois là-dedans qui étaient déjà prévues par l’exploitant. »

Ces trois mesures déjà incluses dans le projet du promoteur Stewart Friesen sont l’incorporation du lisier au sol en moins de 24 heures, la distance séparatrice par rapport au voisinage et un équipement économiseur d’eau.

La MRC lui demande maintenant de prévoir une haie brise-vent dans son projet, qui va entourer le bassin de stockage du lisier et freiner la propagation des odeurs. 

La cinquième mesure que la Municipalité du Canton de Valcourt pourrait imposer au promoteur au moment de délivrer le permis de construction consiste à recouvrir la fosse à lisier. Mais cette mesure n’a pas été retenue par le comité restreint de la MRC étant donné que les odeurs semblaient être un élément préoccupant dans le dossier. 

Luc Cayer, préfet de la MRC du Val-Saint-François et maire de Stoke

« On a fait le pour et le contre, explique Luc Cayer. Si on recouvre la fosse à lisier, ça sent plus fort quand vous faites de l’épandage. Si vous ne mettez pas de recouvrement, la pluie et la neige viennent diluer les déjections animales alors ça va sentir moins fort au moment de l’épandage. »

Cette étape franchie, la MRC va déposer son rapport de consultation et sa recommandation à la Municipalité du Canton de Valcourt, à qui revient la responsabilité de délivrer le permis de construction.

« Le certification d’autorisation ayant déjà été donné par le ministère de l’Environnement, le promoteur peut aller de l’avant. Il n’a pas besoin de la permission de la MRC. Ce qu’il restait à faire pour la MRC, ce sont des recommandations au Canton de Valcourt sur les mesures d’atténuation. C’était notre terrain de jeu », insiste Luc Cayer. 

Le préfet est bien conscient que cette recommandation de la MRC ne plaira pas au groupe d’opposants qui avaient réclamé la tenue d’une rencontre publique de consultation dans le dossier et qui avaient déposé dix propositions de nature à se rapprocher davantage d’une acceptabilité sociale et environnementale.

« On a regardé leurs suggestions, assure M. Cayer, mais ce ne sont pas des éléments sur lesquels la MRC a du pouvoir. Même si je disais qu’il faut que le projet soit accepté socialement, ce n’est pas dans la mission de la MRC de statuer là-dessus. »

Comme il l’a fait après la rencontre publique de consultation du 9 septembre dernier, M. Cayer a plutôt invité les opposants à faire valoir leurs préoccupations sur l’industrie porcine au palier de gouvernement supérieur.

Et il les invite également à faire valoir leur point de vue quand la MRC se lancera dans la révision de son schéma d’aménagement, sans doute en 2021. « La cour sera plus grande pour y jouer. »

Rappelons que le projet de Stewart Friesen prévoit la construction de deux bâtiments pouvant accueillir 3996 porcs d’engraissement sur la route 222 dans le Canton de Valcourt, aux limites de la municipalité de Maricourt.