Lors d’une rencontre éditoriale avec Le Quotidien, tenue à Roberval plus tôt cette semaine, le député libéral Richard Hébert s’est dit prêt à défendre les intérêts régionaux, dont les trois piliers que sont la forêt, l’agriculture et la métallurgie.

Une «grande victoire» pour Richard Hébert

L’élection d’un député libéral dans Lac-Saint-Jean, après 37 ans de règne conservateur et bloquiste, a eu l’effet d’un « coup de tonnerre » à Ottawa. Richard Hébert a été accueilli en héros par ses collègues, quelques jours après le scrutin. We Are the Champions jouait pendant une de ses premières allocutions auprès d’employés d’un ministère.

« Je savais que c’était toute une percée, surtout après autant d’années. Mais je n’avais pas idée à quel point ça pouvait représenter une grande victoire, surtout dans un bastion supposément nationaliste. Les gens me disaient : “C’est toi le gars du Lac-Saint-Jean ? ” On me reconnaissait là-bas. Ils étaient vraiment heureux de ma victoire, de la leur aussi », constate Richard Hébert.

Homme d’affaires de carrière, le député a déjà quelques années derrière la cravate en tant que politicien. L’ancien maire de Dolbeau-Mistassini maîtrise également la langue de Shakespeare. Des atouts recherchés chez de potentiels ministres fédéraux. 

Justin Trudeau n’a cependant rien promis au député jeannois et ce dernier n’oserait jamais exiger un siège au conseil des ministres.

« On ne tire pas les cheveux pour les faire pousser », image le député.

« Mais si Justin Trudeau me demande de l’aider à un autre niveau, je vais me mettre au service des Canadiens. Je veux être le porte-parole des gens d’ici aussi. Pas le porte-parole d’Ottawa. »

Les maires et autres représentants de la région n’ont pas perdu de temps avant de contacter M. Hébert. Déjà, plusieurs le sollicitent pour faire avancer des projets. « J’ai deux ans avant les prochaines élections et mon but est de réaliser le plus de choses possible. Avec la forêt, qui a besoin d’un électrochoc, l’agriculture et la métallurgie, j’en ai beaucoup sur la planche. Oui, il y a d’autres secteurs, mais ce sont tout de même nos trois piliers. »

La pression est forte, mais M. Hébert semble prêt à relever le défi, une bouchée à la fois. 

« En Indonésie, pour monter le mont Batur, on devait partir de nuit. J’ai compris plus tard pourquoi. Si j’avais vu le sommet à la lumière du jour, peut-être que je me serais découragé », raconte avec humour le député.


Je savais que c’était toute une percée, surtout après autant d’années. Mais je n’avais pas idée à quel point ça pouvait représenter une grande victoire, surtout dans un bastion supposément nationaliste.
Richard Hébert

Le député avait prédit la démission de Lebel

Richard Hébert sera assermenté vendredi à la Chambre des communes. Une entrée qu’il avait prédit un an à l’avance. 

Si plusieurs pensaient que son saut en politique fédérale était un coup de tête, le Dolmissois le voyait depuis 2016. Non pas qu’il souhaitait affronter Denis Lebel, mais il avait le sentiment que le représentant conservateur n’allait pas terminer son mandat.

« En 2016, j’ai rencontré une personne du Parti libéral et je lui avais dit que M. Lebel n’allait pas finir son mandat et que j’allais être leur homme. J’avais ce sentiment. Et plusieurs mois plus tard, il a en effet annoncé son départ. Et la personne à qui j’avais exprimé ça m’a recontacté pour me demander si j’étais encore leur homme », confie M. Hébert, au cours d’une rencontre éditoriale accordée au Quotidien un peu plus tôt cette semaine à Roberval. 

Ce ne sont pas ses talents de prophète qui lui ont permis de rejoindre le gouvernement. L’ancien maire de Dolbeau-Mistassini a frappé, à lui seul, sur 1500 portes pendant la campagne électorale. 

Parce que même si l’équipe Trudeau mise sur les médias sociaux, l’élection se gagne encore maison par maison au Lac-Saint-Jean, estime le nouveau député. 

«  Pendant que les autres candidats ont fait des sorties publiques, des conférences de presse et dénoncé des choses, nous, on était sur le terrain. Notre équipe a fait 104 000 coups de téléphone. C’est énorme. Nos bénévoles ont fait des milliers de portes. J’ai été 36 jours sur le bitume à rencontrer la population. Mais les gens du Lac-Saint-Jean ont un bon flair politique », laisse tomber le député.