Axel Boucart et sa conjointe, Marie-Isabelle Cormier.

Une famille éprouvée

Trois-Rivières — La vie est parfois très dure envers certaines personnes. Un jeune père de quatre enfants du secteur Pointe-du-Lac, Axel Boucart, a vécu un choc terrible lorsque sa conjointe, Marie-Isabelle Cormier, est décédée subitement, dans la nuit du 1er au 2 octobre, d’une embolie pulmonaire.

M. Boucart confie qu’il est incapable d’expliquer le décès soudain de sa partenaire de vie. Jusqu’à lundi matin, elle était en pleine forme et rien ne laissait présager qu’elle serait terrassée de la sorte. Après s’être endormie normalement dimanche soir, après M. Boucart, la femme de 40 ans ne s’est pas réveillée le lendemain. Elle a par la suite subi plusieurs arrêts cardiaques avant de perdre la vie une fois rendue à l’hôpital.

«Elle n’avait rien du tout. La vie était normale. Tout le monde est sous le choc présentement. La veille et l’avant-veille, elle disait aux gens qu’elle allait les voir et qu’elle allait faire ceci ou cela», a-t-il raconté avec un aplomb surprenant sur les ondes du 106,9 FM.

Les enfants du couple, qui sont âgés de 15, 6, 5 et 3 ans, sont évidemment très affectés par ce drame. Également attristé par la mort de son âme sœur, M. Boucart essaie tant bien que mal de rester fort afin d’aider ses enfants à traverser cette terrible épreuve.

«Je m’efforce de rester fort pour les enfants et de maintenir leur routine à eux», a-t-il indiqué.

Une collecte de fonds Go Fund Me a d’ailleurs été lancée par une amie de la famille qui souhaite récolter 5000 $ pour soutenir M. Boucart et ses enfants. Il est possible de contribuer à cette campagne en tapant les mots «Go Fund Me Axel Boucart Bee Dzonier» sur Google. Au moment d’écrire ces lignes, quelque 83 personnes avaient déjà fourni 3295 $.

La cour d’appel lui donne raison pour son chat

Par un hasard pour le moins troublant, le jour du décès de sa conjointe, M. Boucart apprenait aussi l’aboutissement d’une poursuite devant les tribunaux contre la SPA de la Mauricie qui a fait adopter son chat, Sundae, qu’il cherchait activement depuis des semaines.

Alors que cette famille se prépare à vivre, contre toute attente, des funérailles très dures sur le plan émotif, elle apprend que la SPA de la Mauricie est en effet condamnée par le tribunal à lui donner le nom et les coordonnées de la famille qui a adopté son chat perdu et dont les enfants espèrent le retour.

Il semble toutefois qu’un malheur n’arrive jamais seul. Ces gens refusent en effet de remettre Sundae à ceux qui sont ses propriétaires depuis 9 ans.

Sundae avait l’habitude des longues escapades à l’extérieur. Parfois, ça durait des jours, mais il revenait tout le temps. Malheureusement, le printemps dernier, un voisin l’a expédié tout droit à la SPA de la Mauricie. Même si Sundae avait une famille qui l’attendait, il a été vendu en adoption.

C’est le 13 avril dernier que la boule de poil avait décidé d’aller dehors et pour une fois, Sundae ne portait pas sa médaille de la SPA, comme en témoigne sur sa page Facebook son propriétaire. La famille cherche dans les rues du quartier et place une annonce sur Facebook dans l’espoir de le retrouver, mais en vain. Le 23 avril, M. Boucart apprend que Sundae a été amené à la SPA, un endroit où il n’a malheureusement pas eu le réflexe d’aller chercher.

L’affaire se confirme le 26 mai. Pour M. Boucart et sa famille, c’est le choc. Sundae est en effet avec eux depuis 2009.

Le résident de Pointe-du-Lac n’entend pas laisser l’affaire là. Il prend la voie des tribunaux, en août et intente une action de 20 000 $ contre la SPA. Il veut forcer l’organisme à lui révéler le nom de la personne qui a adopté son chat.

Le juge ordonne finalement à la SPA de fournir à M. Boucart les coordonnées de la personne qui a adopté Sundae.

La SPA de la Mauricie a voulu aller en appel de cette décision. Le 2 octobre dernier, le juge a refusé à la SPA d’en appeler du jugement et lui a donné cinq jours pour fournir à M. Boucart le nom et les coordonnées de la famille qui a adopté Sundae, le 25 mai dernier.

Or, il appert que la famille en question ait été contactée par la SPA et ait refusé de rendre l’animal à sa famille d’origine.

Sur sa page Facebook, M. Boucart, à qui il n’a pas été possible de parler, jeudi, étant donné le décès récent de sa conjointe, écrivait ceci: «Je n’ai jamais nié ma part de responsabilité dans cette affaire. Ce que je déplore, c’est que mon chat était présent dans leurs locaux quand ils ont reçu ma fiche de chat perdu. La mission de la SPA, me semble-t-il, est de trouver une famille pour des animaux qui n’en ont pas, ce qui n’est pas le cas ici. Ce chat a déjà une famille, c’est mon chat depuis 9 ans, le chat de mes enfants depuis leur naissance», plaide-t-il.

La responsable des communications à la SPA Mauricie, Sarah-Lise Hamel, indique que la direction a décidé de ne pas émettre de commentaires sur cette histoire.

Avec Mathieu Lamothe