La Cabane à sucre Familiale sur l’île d’Orléans produit du sirop d’érable en plus de recevoir habituellement des clients en salle à manger, explique Christine Létourneau qui travaille à l’érablière de son conjoint.
La Cabane à sucre Familiale sur l’île d’Orléans produit du sirop d’érable en plus de recevoir habituellement des clients en salle à manger, explique Christine Létourneau qui travaille à l’érablière de son conjoint.

Une bonne saison des sucres en perspective, malgré tout

Selon les indicateurs des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), 2020 sera une bonne année pour la récolte de la sève de l’érable, surtout depuis que le gouvernement a reconnu leur production comme un bien essentiel, au même titre que d’autres secteurs de l’agriculture. Il s’agit d’un bon présage pour les érablières misant sur la récolte et la production, tandis que celles se spécialisant dans les services de restauration et de tourisme se trouvent dans une situation plus délicate.

La Cabane à sucre Familiale sur l’île d’Orléans produit du sirop d’érable en plus de recevoir habituellement des clients en salle à manger, explique Christine Létourneau qui travaille à l’érablière de son conjoint. Elle estime que plus de 80 % de leur revenu provient des services de restauration offerts normalement sur place durant les deux mois d’opération de la cabane à sucre. Moins de 20 % de leur revenu proviendrait de la vente de leurs produits de l’érable.

Chanceuse de n’avoir pas tout misé sur la restauration, Mme Létourneau s’inquiète tout de même que les prestations d’urgence de 2 000 $ pendant quatre mois ne soient pas adaptées à la réalité des érablières saisonnières. «Notre revenu pour l’année entière, on le fait en deux mois habituellement», souligne Christine Létourneau. Selon elle, si les travailleurs d’autres secteurs peuvent éventuellement reprendre leurs activités économiques, les érablières saisonnières ne pourront recommencer leurs activités que dans un an.

Au Québec, les PPAQ comptent 7 400 érablières, dont 200 offrent des services de restauration sur place. Ces dernières sont plus touchées par la crise sanitaire en cours puisqu’elles ne peuvent pas recevoir de consommateurs.

Bien que minoritaires, ces cabanes à sucre occupent une place importante dans l’imaginaire des gens, soutient Hélène Normandin, directrice des communications pour les PPAQ. Pour les consommateurs et les touristes, ces érablières commerciales représentent l’industrie de l’érable. En partie pour ces raisons, les PPAQ ont mis sur pied un comité afin d’évaluer comment ils pourraient aider ces entreprises perturbées par la fermeture des salles à manger. Cette initiative est plutôt inattendue puisque les PPAQ n’interviennent habituellement pas dans la portion restauration des activités des érablières, précise Mme Normandin.

Des bonnes nouvelles

Après discussion avec la MAPAQ, les PPAQ ne craignent pas de contamination au niveau de la production. S’ils respectent les mesures de distanciation et d’hygiène prescrites, les producteurs et productrices acéricoles sont libres de récolter et de transformer la sève des érables qui coule très bien depuis le début de la saison des sucres. «Les producteurs qui terminent leur récolte disent que c’était une bonne saison et ceux qui sont en train de produire nous disent que ça coule et qu’ils sont bien occupés», rapporte la directrice des communications pour les PPAQ.

Après la récolte, le classement et l’inspection des productions de sirop d’érable pourraient être plus compliqués puisque ces opérations nécessitent des déplacements entre régions. Même chose pour la vente et la distribution des produits. Or, un des avantages du sirop d’érable est qu’il s’agit d’une denrée non périssable. «Bon an mal an, on ne manque jamais de sirop d’érable. On a une réserve stratégique et on peut l’entreposer», explique Hélène Normandin.

Autre bonne nouvelle, les États-Unis, principaux importateurs du sirop d’érable québécois, ont acheté beaucoup de sirop d’érable au début de la crise de la COVID-19. «Peut-être par appréhension, ils ont emmagasiné des stocks. Les ventes étaient très bonnes», commente la directrice des communications pour les PPAQ.

Annuellement, environ 60 % des exportations de sirop d’érable québécois sont envoyées vers les États-Unis. L’année dernière, nos voisins du sud ont acheté 111 millions de livres de sirop d’érable. Il faut préciser que 2019 a été une année record pour les érablières du Québec qui ont produit un total de 159 millions de livres de sirop d’érable.