Le tunnel projeté d’environ 6,5 km, 10 km incluant les approches en surface, reliera les deux rives à partir de l’autoroute 20 à la hauteur de la route Lallemand, au boulevard Sainte-Anne à la jonction de l’autoroute Félix-Leclerc.

Un tunnel sous l'île d'Orléans comme troisième lien [VIDÉO]

Le troisième lien Québec-Lévis prendra la forme d’un tunnel de 6,5 de kilomètres qui passera sous la pointe ouest de l’île d’Orléans. À quel coût? Et pour quand? Trop tôt pour le dire.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a finalement fait connaître jeudi le tracé privilégié par le gouvernement de la CAQ pour la construction d’un troisième lien.

Le tunnel projeté d’environ 6,5 km, 10 km incluant les approches en surface, reliera les deux rives à partir de l’autoroute 20 à la hauteur de la route Lallemand, au boulevard Sainte-Anne à la jonction de l’autoroute Félix-Leclerc.

Le Bureau de projet du troisième lien a retenu ce tracé parmi une dizaine à l’étude. «Vous le savez, les gens ont spéculé sur un pont-tunnel, un tunnel et un pont, à savoir comment on pouvait entrer sur l’île. Préserver l’île était immensément important. Aujourd’hui, on peut affirmer: l’île un pont et troisième lien, un tunnel», a affirmé le ministre.

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En effet, les insulaires auront leur nouveau pont, indépendant du futur tunnel. Le ministre vise le début d’une construction en même temps que celle du tunnel dont la première pelletée de terre est prévue en 2022. La construction du pont devrait être complétée au plus tard en 2027, souligne M. Bonnardel.

Dès jeudi, le gouvernement s’est mis en branle en lançant un appel d’offres public pour embaucher un mandataire pour réaliser l’étude d’impact sur l’environnement de la construction d’un tunnel. 

Pour une énième fois, le ministre des Transports a lié la nécessité d’un troisième lien avec celle de favoriser le transport collectif, d’enlever de la pression sur les deux autres liens existants, d’optimiser le transport des marchandises pour tout l’est du Québec et de sécuriser le lien routier interrives. À ce sujet, il a rappelé que les deux ponts ont été fermés à quatre reprises l’hiver dernier.

La CAQ a déjà budgété 325 millions $ pour les études et la réalisation des plans et devis. Même s’il semble avoir une idée, le ministre refuse de chiffrer ce projet d’envergure ni de se commettre sur un échéancier. «C’est prématuré», a-t-il répété plusieurs fois. 

Il est quand même possible d’avoir une idée approximative des coûts avec l’Étude de faisabilité technique et des coûts sur le cycle de vie d'un tunnel entre les villes de Lévis et de Québec réalisée par l’école polytechnique de Montréal et rendu public en 2016 par le ministère des Transports.  

Le coût du tunnel d’environ 7,8 km envisagé dans cette étude [l’étude Massicotte] s’élève à 300 millions $ du km. Le projet total était estimé à 4 milliards $ en argent 2016. L’actuel tracé proposé par la CAQ est quasiment identique à celui de cette étude.

Des critiques

Depuis l’annonce de ce projet, la CAQ doit faire face à des critiques sur le manque de justifications pour la construction d’un troisième lien à l’est. Plusieurs reprochent au gouvernement de définir le projet avant même d’avoir fait les études, tout en évoquant des risques d’étalement urbain et d’augmentation des gaz à effet de serre.

M. Bonnardel a répondu de manière parfois alambiquée à ces attaques. Tellement, qu’il est même difficile de le citer avec exactitude. 

En substance, il soutient pouvoir «démontrer qu’il y a une pression forte sur la congestion sur les deux principaux liens et qu’il y a une problématique de transport collectif. Pour changer les comportements et réduire la congestion, ça prend un troisième lien et le transport collectif [qui passera dans le tunnel]. Je suis persuadé, avec ces deux options additionnelles, qu’on va répondre aux besoins», a-t-il expliqué.

Il allègue aussi que de 50% à 75% des automobiles qui circuleront dans le tunnel dans dix ans seront des véhicules électriques. 

Enfin, il considère qu’il est prématuré de savoir «comment on va protéger l’environnement et les terres agricoles» de la rive sud, autour de l’entrée du tunnel. «Je comprends les inquiétudes de certains opposants. C’est un projet majeur. C’est à moi de répondre à ces inquiétudes.» D’ailleurs, l’École nationale d’administration publique est mandatée «pour étudier l’aspect agricole et environnemental» du projet pour protéger le territoire et avoir une vision globale des enjeux, a ajouté le ministre.

Labeaume sceptique

Parmi les sceptiques, M. Bonnardel devra convaincre le maire de Québec, Régis Labeaume. Celui-ci est de ceux qui favorisent la construction d’un troisième lien à l’ouest. Aussi, il craint les impacts négatifs d’un troisième lien sur le réseau municipal dans l’est de la ville. Jeudi, l’administration Labeaume n’a pas voulu commenter l’annonce. Son homologue de la rive sud, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, commentera à son retour de vacances.

Plan du tunnel Québec-Lévis