Quatre personnes, soit un détenu et trois employés, ont récemment contracté la COVID-19 au centre de détention de Trois-Rivières.
Quatre personnes, soit un détenu et trois employés, ont récemment contracté la COVID-19 au centre de détention de Trois-Rivières.

Un troisième employé de la prison de Trois-Rivières contracte la COVID-19

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Un troisième agent des services correctionnels de l'établissement de détention de Trois-Rivières a contracté la COVID-19, a appris samedi matin Le Nouvelliste.

Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ) rapportait vendredi que deux de ses membres à Trois-Rivières avaient reçu un résultat positif à leur test de dépistage. Or, samedi matin, le syndicat a confirmé que c'est désormais le cas d'un troisième employé. Un détenu a également contracté la COVID-19 récemment, selon le ministère de la Sécurité publique.

Au total, 14 employés ont été retirés préventivement de leur lieu de travail, indique le SAPSCQ.

Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec affirmait vendredi que ces cas ne pouvaient être considérés comme une éclosion, puisque la transmission ne s'était pas faite à l'intérieur des murs de la prison, selon les enquêtes épidémiologiques menées par la santé publique. Samedi, le CIUSSS tenait encore le même discours.

Or, selon le président du SAPSCQ, Mathieu Lavoie, si la transmission ne s'est pas faite entre les murs de la prison de Trois-Rivières, il croit probable qu'elle ait tout de même eu lieu dans un contexte de travail. Un agent des services correctionnels aurait accompagné un détenu à l'hôpital. Il s'est avéré par la suite que ce détenu était porteur de la COVID-19.

«On n'a pas encore tous les détails, mais on sait que la personne était négative en entrant à l'hôpital, mais positive en sortant. Un agent l'accompagnait, comme ça fait parfois partie de nos tâches, et lui aussi a été testé positif par la suite», explique-t-il.

Des règles difficiles à faire respecter

La situation à Trois-Rivières, mais aussi dans l'ensemble des établissements de détention de la province, est préoccupante aux yeux de M. Lavoie. Celui-ci trouve que la Santé publique sous-estime les risques de propagation de la COVID-19 dans les établissements de détention.

«Il y a des activités qui sont maintenues, mais avec de la distanciation. Mais pour faire respecter ça aux personnes incarcérées, on n'a pas beaucoup de leviers. Même si on leur demande de respecter le 2 m, qu'on leur dit de porter le couvre-visage, ils s'échangent malgré tout des cigarettes dans la cour. Ce sont des gens qui ne respectaient pas la loi à l'extérieur, alors plusieurs ne les respecteront pas en dedans», croit-il.

Selon lui, il serait plus judicieux d'interdire l'accès aux salles d'entraînement et aux lieux communs qui favorisent la promiscuité.

«On joue avec le feu. Il faut limiter les contacts entre les personnes incarcérées, mieux encadrer l'accès à la cour extérieure.Il faut limiter leurs déplacements pour prévenir la contamination entre les secteurs», plaide-t-il.

Le risque de transmission est également élevé entre les agents des services correctionnels, puisqu'ils doivent travailler dans des espaces restreints, qui ne favorisent pas la distanciation, prévient M. Lavoie.

Celui-ci déplore également le fait que la manière de gérer la crise sanitaire varie d'un CIUSSS ou CISSS à l'autre. Il affirme en outre que les appels de son syndicat à la direction nationale de la Santé publique à resserrer les mesures dans les établissements de détention restent lettre morte.