Des pompiers de Lac-Beauport en action
Des pompiers de Lac-Beauport en action

Un tribunal annule le congédiement pour double emploi de deux pompiers de Lac-Beauport

Avoir aussi un emploi de pompier à la Ville de Québec n’est pas une raison justifiant un congédiement, tranche le Tribunal administratif du travail, annulant ainsi une décision de la municipalité de Lac-Beauport.

Francis Pelletier et Joey Trépanier ont intégré en juin 2016 la petite brigade de 24 pompiers à temps partiel de Lac-Beauport. Le service compte aussi un directeur, deux capitaines et quatre lieutenants pour protéger la ville de 8000 habitants. En plus de veiller à la sécurité incendie, les pompiers de Lac-Beauport doivent intervenir environ deux fois par année lors des inondations. Ils ne sont pas payés pour être de garde.

En mai 2018, les pompiers Pelletier et Trépanier ont commencé à occuper un second emploi, soit pompier pour la Ville de Québec.

En septembre 2018, la Ville de Lac-Beauport a décidé de les congédier, en invoquant un règlement interdisant aux pompiers d’occuper un poste similaire pour une autre municipalité.

Les deux pompiers ont contesté cette décision et viennent d’obtenir raison devant le Tribunal administratif du travail (TAT) parce que leur congédiement constituait une atteinte à leur droit à la vie privée.

Avec son règlement sur le double emploi, Lac-Beauport poursuivait un objectif louable et important, constate le TAT: s’assurer d’avoir un nombre suffisant de pompiers durant les mesures d’urgence.

Mais la municipalité n’a jamais réussi à démontrer comment l’emploi à la Ville de Québec posait problème dans la réalité, indique le Tribunal administratif du travail.

Le Tribunal note que les autorités de Lac-Beauport n’ont jamais reproché aux deux pompiers un manque de disponibilité. La municipalité a tout simplement appliqué son règlement, datant de 2015, sans chercher une mesure moins attentatoire aux droits des deux pompiers, conclut-on en déclarant le congédiement abusif.