Le Réseau de transport de la capitale a présenté ses premiers midibus, des véhicules hybrides, mardi.

Un rapport recommande plus d’investissements dans les autobus électriques

TORONTO — Un nouveau rapport d’un groupe de réflexion sur les énergies vertes réclame une augmentation des investissements dans les autobus électriques, ce qui permettrait à la fois de réduire les émissions de gaz polluants et de stimuler le secteur canadien de construction de ces véhicules, qui connaît une croissance.

Selon le document de Clean Energy Canada, même si le Canada est l'un des principaux constructeurs d'autobus électriques, les autorités de transport en commun du pays accusent un retard à ce chapitre par rapport à leurs pairs internationaux.

«Le Canada est prudent à propos de certaines de ces choses», a observé Merran Smith, directrice générale du groupe de réflexion établi à l'Université Simon Fraser.

«Les véhicules électriques commencent vraiment à décoller, mais les gens ne parlent pas tellement des autobus électriques et leur potentiel est énorme.»

La Chine est de loin le leader dans ce secteur, avec environ 99 pour cent des autobus électriques du monde. Le parc de Shenzhen à lui seul compte plus de 16 000 de ces véhicules. D'autres villes se sont également engagées dans cette direction, notamment Amsterdam, qui souhaite passer aux autobus zéro émission d'ici 2025, et Los Angeles, d'ici 2030.

Plusieurs villes canadiennes ont également fixé des cibles de parcs entièrement alimentés à l'énergie renouvelable, mais dans des délais moins serrés. Ainsi, Montréal vise 2040, alors que Toronto et Vancouver ciblent 2042 et 2050 respectivement.

Une étude de Bloomberg New Energy Finance révélait plus tôt cette semaine que la flotte mondiale d'autobus électriques réduirait la consommation d'environ 270 000 barils de diesel par jour d'ici la fin de l'année, puisque ces véhicules sont très utilisés et ont un impact démesuré sur la demande de carburant.

Le rapport de Clean Energy Canada estime également que d'ici 2030, les autobus électriques auront à peu près le même coût initial que ceux qui fonctionnent au diesel. Actuellement, les autobus électriques sont environ deux à quatre fois plus dispendieux.

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Mais les coûts des véhicules électriques sont bien moindres si l'on tient compte de toute la durée de vie des autobus. L'agence de transport en commun du Grand Vancouver Translink estime que les coûts de la durée de vie utile, qui tiennent compte du carburant et de la maintenance, seront à peu près les mêmes d'ici 2023. En considérant les dépenses de santé du diesel, le prix est déjà presque égal, a précisé Mme Smith.

Edmonton, qui a lancé un projet pilote pour les véhicules électriques, mais n'a pas d'échéancier précis pour la mise en place d'un parc complètement renouvelable, a constaté que les coûts de maintenance étaient inférieurs de 40 pour cent à ceux des autobus diesel.

Le rapport de Clean Energy note que le Canada compte plusieurs constructeurs d'autobus électriques de premier plan, notamment New Flyer, de Winnipeg, GreenPower, de Vancouver, et les québécoises Lion Electric et Nova Bus. Ces entreprises pourraient être stimulées par une hausse de la demande nationale.

«Nous avons quatre grandes entreprises canadiennes qui construisent des autobus électriques, comme vous le savez au Manitoba, au Québec et en Colombie-Britannique. C'est vraiment l'occasion de soutenir ces produits fabriqués au Canada.»