Kayla Dumont et sa mère, Carole Dumont, sont encore sous le choc de la violente attaque perpétrée par un pitbull samedi dernier dans cette ruelle du quartier Saint-Marc et qui a été fatale pour la petite chienne Nala.
Kayla Dumont et sa mère, Carole Dumont, sont encore sous le choc de la violente attaque perpétrée par un pitbull samedi dernier dans cette ruelle du quartier Saint-Marc et qui a été fatale pour la petite chienne Nala.

Un pitbull attaque mortellement un chien et blesse une jeune femme

SHAWINIGAN — Depuis le début de la pandémie, plusieurs cas de morsures d’animaux ont été recensés en Mauricie dont une attaque perpétrée par un pitbull qui s’est avérée fatale pour un yorkshire miniature, samedi, à Shawinigan, et qui a blessé une jeune femme.

«Mon petit chien ne faisait rien de mal et il n’a rien demandé. Nous prenions notre marche comme tous les jours et il a été tué. Il ne méritait pas ça. Personne ne va me le ramener mais je veux que les gens comprennent que s’ils ont un chien méchant, il faut prendre les précautions pour que ça n’arrive pas. Il faut l’attacher, lui mettre une muselière, le mettre dans un enclos. Moi, je suis détruite par ce qui est arrivé. Je revois sans cesse dans ma tête les images de l’attaque», a raconté en larmes, Kayla Dumont, 23 ans de Shawinigan.

L’événement est survenu le 25 avril vers 19 h 30. Fidèle à son habitude, Kayla est allée marcher avec son chien, Nala, une femelle de quatre livres. Elle était alors accompagnée de sa mère Carole Dumont qui, la veille, avait justement été mordue au coude par ce pitbull alors qu’elle discutait avec une voisine.

Elles ont emprunté une ruelle dans le quartier Saint-Marc. En les apercevant, le pitbull a brisé la corde en nylon qui le retenait et a attaqué brutalement Nala. Selon ce que les femmes ont raconté, il a carrément sauté sur le petit yorkshire, lui a agrippé la tête en le mordant et l’a secoué avec force. Elles ont réussi à sortir le chien en ouvrant la mâchoire du pitbull, mais ce faisant, Kayla a été blessée au pouce, à l’avant-bras et aux genoux. Sa mère lui a remis son petit chien dans les bras en lui criant de quitter les lieux en courant.

Kayla a alors croisé la propriétaire du pitbull. «Je lui ai dit que son chien venait de tuer mon chien et que j’allais porter plainte mais elle m’a répondu sur un ton agressif que je n’avais pas d’affaire à porter plainte, car je n’avais pas d’affaire là. Mais la ruelle ne lui appartient pas», a indiqué la jeune femme.

Sur place, des témoins de la scène lui auraient d’ailleurs suggéré de porter plainte. «Ils me disaient que le chien était méchant. J’ai appris qu’un homme avait aussi été attaqué par ce même chien la semaine passée. Ça n’a pas de bon sens. Quand on a un chien agressif comme ça, il faut l’attacher plus solidement il me semble.»

Sa petite Nala, qui aurait eu quatre ans le lendemain, a péri dans l’attaque. Une fois rendue à la maison, Kayla a rencontré les policiers de la Sûreté du Québec. Un rapport d’événement a été fait et un constat d’infraction au propriétaire pourrait être émis en vertu des règlements municipaux.

Au cours de la semaine qui a suivi, plus précisément jeudi dernier, elle a contacté la SPA de la Mauricie à Shawinigan pour savoir où en était rendu le dossier. On lui a fait savoir qu’un inspecteur allait la rencontrer très prochainement pour prendre sa plainte, probablement ce samedi.

Tel que l’a expliqué Marco Champagne, directeur général de la SPA Mauricie, l’animal fautif devrait ensuite être placé en quarantaine et il devra faire l’objet d’une évaluation sur son degré de dangerosité par un vétérinaire de la SPA. Les résultats et les recommandations seront ensuite acheminés à la Ville de Shawinigan qui devra décider si l’animal doit être euthanasié ou si des conditions de garde très strictes doivent être imposées pour protéger la population tel que le port d’une muselière en tout temps. Le ou les propriétaires de ces animaux doivent collaborer sous peine de recevoir des amendes salées.

Carole Dumont souhaite pour sa part que justice soit rendue. «Un chien, ça peut être dangereux. Et pour moi, un chien qui mord et qui goûte le sang est un chien qui est mort. Nous sommes marquées à vie par ce qui est arrivé. Nous sommes toutes les deux sur le choc et nous avons de la difficulté à dormir. Nous avons tellement peur que nous limitons nos déplacements dans le secteur en évitant de sortir en arrière de chez nous. En plus, ma fille a dû débourser 400 $ pour faire incinérer son chien. Elle n’a pas à payer pour ça. Et je ne parle pas de tous les dommages psychologiques», a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué émis vendredi, la SPA Mauricie souhaite d’ailleurs rappeler à la population d’être vigilante avec leur animal de compagnie et de respecter la réglementation municipale. «Plusieurs signalements sont reçus pour des chiens en liberté qui s’enfuient de leur terrain et qui se promènent librement. Une des conséquences est qu’il y a déjà plus d’une dizaine de cas de morsures qui ont été recensés en Mauricie depuis le 3 mars, date d’entrée en vigueur du Règlement d’application de la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens (chapitre P-38.002)», peut-on y lire.

Lors des sorties extérieures, la SPA rappelle qu’il est important de garder son chien en contrôle en tout temps, soit bien attaché dans sa cour non clôturée ou en laisse lors des promenades. La laisse doit être d’une longueur maximale de 1,85 m. Entre autres, dans les lieux publics, le port du harnais ou du licou est obligatoire pour tous les chiens de 20 kg et plus.

La SPA Mauricie précise aussi qu’en vertu de l’article 1466 du Code civil du Québec, le propriétaire d’un animal est tenu de réparer le préjudice que l’animal a causé, soit qu’il fût sous sa garde ou sous celle d’un tiers, soit qu’il fût égaré ou échappé. La personne qui se sert de l’animal en est aussi, pendant ce temps, responsable avec le propriétaire. «Ce samedi, nous ferons de la sensibilisation sur le port du harnais ou du licou, dans plusieurs parcs municipaux de Trois-Rivières et de Shawinigan. Étant donné que les parcs canins sont fermés, les gens se déplacent avec leur chien vers les parcs municipaux, où jeunes et moins jeunes se promènent également. De la sensibilisation sera aussi réalisée par notre équipe de patrouilleurs dans les endroits publics des territoires desservis au cours des prochaines semaines», a conclu Marco Champagne.