La neuvième carcasse de béluga a été retrouvée à Grosses-Roches. Il s’agit d’une femelle gestante.

Un neuvième béluga retrouvé mort dans le fleuve Saint-Laurent

MATANE — Un neuvième béluga a été retrouvé mort au large de Grosses-Roches, à l’est de Matane. Ce sont des plaisanciers qui, mardi, ont remarqué la carcasse à la dérive et qui l’ont remorquée jusqu’au havre de Grosses-Roches. Elle a ensuite été récupérée mercredi pour être conduite jusqu’à Saint-Hyacinthe, où une nécropsie sera pratiquée par des pathologistes de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Il s’agissait d’une femelle. «Dans la fente génitale, il y avait présence d’un fœtus, indique la porte-parole du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, Marie-Ève Muller. C’est possible que le fœtus ait descendu. Est-ce qu’elle était en train de mettre bas? La nécropsie va permettre de le confirmer. Pour l’instant, on peut seulement confirmer qu’elle était gestante.»

Il s’agit de la deuxième femelle gestante à mourir dans l’estuaire du Saint-Laurent. Le 4 juillet, une huitième carcasse avait été repérée au large de Sainte-Flavie, près de Mont-Joli, puis s’était échouée plus tard sur la plage. La nécropsie a confirmé que la femelle, qui était connue des chercheurs depuis 1990 et dont l’âge était estimé à 34 ans, est morte lors de sa mise bas. «C’est un cas de dystocie, c’est-à-dire qu’elle n’a pas été capable d’expulser le nouveau-né et en est morte», a expliqué le Dr Stéphane Lair, qui supervise l’équipe chargée des nécropsies de mammifères marins de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Comme les femelles atteignent leur maturité sexuelle entre 9 et 12 ans, les vétérinaires croient qu’elle avait déjà mis bas. Selon le Réseau, elle était souvent aperçue avec un jeune âgé d’un an ou deux et qui semblait être son veau. Mais, il est difficile d’établir les liens filiaux avec certitude puisque les femelles bélugas peuvent parfois s’occuper d’un petit qui n’est pas le leur.

En étudiant le fœtus que cette femelle portait, les scientifiques ont constaté, toujours selon le Réseau québécois d’urgences, qu’il s’agissait du plus gros veau répertorié à ce jour dans la population de bélugas du Saint-Laurent. Ce facteur a pu jouer un rôle dans sa difficulté de mettre bas. Les analyses des tissus pourraient fournir de nouvelles informations.

Mme Muller indique que la septième dépouille de béluga a été retrouvée sur la grève de Saint-Ulric, à l’ouest de Matane, le 19 juin. Le mâle, d’une longueur de près de cinq mètres et d’un poids estimé à 1300 kg, serait le plus gros béluga à s’être échoué au cours des 30 dernières années. Il serait mort des suites d’une blessure à un œil qui, en apparence, aurait été crevé par un pieu de bois.